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Noël sans chicane!

Dans plusieurs familles, les retrouvailles du temps des fêtes sont synonymes de stress, car les réunions de Noël ou du jour de l’An tournent systématiquement au conflit. Comment savoir si on ne devrait pas simplement passer son tour pour les célébrations en famille?

Noël

« Dès le début décembre, la même boule d’angoisse s’installe en moi en pensant à Noël, qui approche. On dit que Noël, cela « se passe en famille ». Chez nous, sous le sapin, c’est la tension et le conflit… à tout coup », dit Sophie, 34 ans, agente d’immeubles, à Montréal.

Aux réunions de Noël, Sophie, seule célibataire sans enfant de sa parenté, est immanquablement la victime écorchée du même sempiternel scénario. Aussitôt la soirée bien réchauffée, l’alcool aidant, Sophie se retrouve dans le collimateur de la famille. Qu’attends-tu pour avoir des enfants? Que tu es égoïste! Tu vas finir par vieillir toute seule! Es-tu lesbienne? Si tu pensais à autre chose qu’à ta carrière aussi! « C’est comme si tout le monde s’était passé le mot pour m’assaillir, jusqu’à ce que j’explose. Et, aussitôt que je finis par montrer mon exaspération, les flèches se mettent à voler en tous sens, et la soirée se dégrade pathétiquement », poursuit-elle. Résultat : Sophie sort de ces soirées bouleversée, et sa santé mentale s’en trouve brimée jusqu’à la fin janvier.

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Conseils anti-conflits aux réunions de Noël

Selon Louis Mignault, psychologue et médiateur en gestion de conflits au Groupe InstitutPsy.com, la règle numéro un pour un Noël sans chicane est d’éviter de consommer trop d’alcool. « L’alcool est un dépresseur du système nerveux, qui fait baisser les mécanismes de contrôle, ce qui pousse certaines personnes à dire des choses ou à revenir sur [d’anciennes] histoires. Si on arrive à Noël fatiguée, l’alcool nous rendra [aussi] plus vulnérable aux critiques et risque de nous faire surréagir à des situations », explique le psychologue.

« Si le comportement ou les paroles d’une cousine ou d’un oncle un peu éméché nous sont désagréables, l’idéal est de se retirer de la conversation », conseille le psychologue. Car, une fois l’égarement en marche, il s’avère inutile d’essayer de raisonner un proche en état d’ébriété.

L’un des meilleurs moyens d’éviter les conflits familiaux, à Noël, est de ne pas s’engager dans les discussions « à risque ». « On connaît les sujets de discussions qui mèneront à un conflit parce que, souvent, ce sont des thèmes récurrents. Donc, lorsque le sujet est abordé, il est important de ne pas s’impliquer dans cette discussion », note M. Mignault. Pour ce faire, on peut aller jouer avec les enfants ou aider à la cuisine. On n’est pas obligée de rester cantonnée à la table!

Autre stratégie d’évitement de conflits : s’asseoir du même côté de la table de la personne qui nous met systématiquement hors de nous. « Être face à face peut prédisposer les individus à la confrontation, quand il y a de la tension. En étant assise à deux places de la personne à problème, une petite zone de protection se crée, car les regards ne se croisent pas », soutient le psychologue.

Quand ne plus se présenter aux réunions de Noël

Sophie angoisse toujours pendant la période des Fêtes puisqu’elle anticipe les conflits avec des membres de sa famille. Malgré tout, elle finit par réprimer ses émotions et participer aux réunions, car, pour elle, le temps des Fêtes, c’est familial. En fait, la perspective d’affronter l’incompréhension et les représailles de ses proches lui semble plus pénible que de passer Noël en famille, à reculons.

Cependant, quand les réunions familiales du temps des Fêtes sont synonymes de stress et de période lourde et malheureuse, ne devrait-on pas simplement cesser d’y participer? « C’est une obligation qu’on se crée. Les gens se mettent beaucoup trop de pression et embarquent dans le train parce que ce sont des rituels, qui se sont instaurés. Mais il est sain de s’arrêter et de se demander comment « moi » je veux vivre cette période de Noël », conseille le psychologue.

Pour s’aider à prendre une décision, on devrait se rapporter aux expériences passées, particulièrement s’il est question de conflits non réglés. Ensuite, il est important d’écouter ses sentiments et, surtout, son intuition, le meilleur guide. Si on évalue qu’il est moins difficile de participer aux Fêtes, cette année, que de ne pas y aller, et ce, même si on n’en a pas le goût, cela signifie qu’on n’est pas prête à apporter un changement, selon le psychologue. « Bouleverser toutes ses habitudes à court terme peut amener la personne à vivre trop de culpabilité », précise-t-il.

Deux motifs importants sont à distinguer dans la décision de tourner le dos à sa famille pour les Fêtes, au dire de Louis Mignault : « Est-ce que j’écoute mes besoins ou est-ce que je veux punir l’autre? » « Le but n’est pas de punir les autres membres de la famille, mais bien de prendre soin de soi. Il est important d’être en paix avec sa décision. Si ce n’est pas le cas, il vaut mieux la reporter et continuer d’y réfléchir », suggère-t-il.

Car, en effet, les membres de la famille peuvent prendre une telle annonce comme une punition. Elle ne nous aime pas? Elle nous juge? Elle a mieux à faire ailleurs? « Mais penser à soi, ce n’est pas ne pas aimer les autres. Même que, parfois, c’est un geste d’amour et il faut aider les membres de la famille à comprendre cela », souligne le psychologue.

Dès janvier ou février, on peut commencer à préparer le terrain et ainsi annoncer à nos proches qu’on ne sera pas de la partie, l’an prochain. « Apprendre à ne pas se créer d’obligation pour le temps des Fêtes ne signifie pas ne plus visiter ses proches ou fuir la famille. C’est juste décider de vivre Noël autrement. Mais on leur explique qu’on peut trouver d’autres moments pour se voir : l’amour, c’est au quotidien », conclut-il.

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