Pratique

Rénover sans disjoncter

Vous manquez d’espace ? La toiture est endommagée ? Vous rêvez d’une nouvelle salle de bain ? Voici les étapes à suivre pour rénover sans perdre la tête... ni sa chemise !



 

Déterminer ses priorités

Entre les travaux essentiels et ceux qui embelliront notre demeure, il est parfois difficile de choisir. On commence par les rénovations les plus urgentes. Sinon, les travaux d’entretien ressurgiront tôt ou tard, avec une facture à la clé.

Rien n’est vraiment urgent ? On opte pour des travaux qui augmenteront la valeur de sa propriété. Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, la peinture ainsi que la rénovation de la cuisine et de la salle de bain sont les plus rentables.



 

Préciser nos besoins et faire un budget

Une bonne planification est souvent un gage de réussite. Une fois que l’on a décidé des travaux à effectuer, on précise par écrit nos besoins. Cette démarche nous sera très utile au moment de demander des soumissions. Ensuite, on prend soin d’établir un calendrier idéal des travaux (date vers laquelle on aimerait commencer le projet, délais d’exécution souhaités, etc.). Enfin, on détermine combien on est prête à dépenser.



 

Au besoin, faire un emprunt sensé

En matière de rénovation comme ailleurs, la solution idéale est toujours de payer comptant. On n’en a pas les moyens ? Les institutions financières offrent différents types de prêts spécialement conçus pour financer les rénovations – marge de crédit rénovation, prêt sur la valeur domiciliaire, refinancement hypothécaire, etc. Avant d’opter pour l’une d’entre elles, on porte attention au taux d’intérêt et aux nombres de versements à effectuer afin de trouver la solution la plus économique.



 

Garder l’œil ouvert afin de profiter des subventions

On vérifie si l’on peut recevoir des subventions. Par exemple, au moment d’écrire ces lignes, les propriétaires d’une maison unifamiliale ainsi que de certains immeubles à logements qui effectuaient, sous certaines conditions, des rénovations susceptibles d’améliorer l’efficacité énergétique de leur propriété pouvaient bénéficier d’une subvention Rénoclimat, offerte par l’Agence de l’efficacité énergétique du Québec, ainsi que d’une subvention écoÉNERGIE Rénovation, offerte par Ressources naturelles Canada. On trouvera également de l’information sur d’autres subventions offertes de manière récurrente sur le site Internet de la Société d’habitation Québec.



 

Vérifier si l’on a besoin de documents spécifiques

On veut construire une terrasse ? Changer le revêtement extérieur de sa propriété ? Enlever un mur de soutien ? Un permis est peut-être nécessaire. On appelle sa municipalité afin de vérifier. On veut plutôt faire installer une piscine ou une clôture ? Peut-être a-t-on besoin d’un certificat de localisation fait par un arpenteur-géomètre. Si c’est le cas, on inclut ces dépenses dans son budget.  



 

Choisir son entrepreneur

On se méfie des entrepreneurs qui font du porte-à-porte (pour réparer les toitures, par exemple). Pour trouver la perle rare, on s’informe auprès des personnes de son entourage qui ont fait faire des rénovations et sont satisfaites des travaux. On peut également effectuer une recherche sur le site d’une corporation professionnelle ainsi que sur celui de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ). Cette dernière démarche permet de trouver un entrepreneur de sa région ayant la licence appropriée (celle-ci est obligatoire et indique qu’il a versé un cautionnement pouvant être utilisé pour nous dédommager).  



 

S’assurer de profiter d’un plan de garantie

Au Québec, il existe deux plans de garantie rénovation ; l’un est offert par l’Association provinciale des constructeurs d’habitations du Québec (APCHQ), l’autre par l’Association de la construction du Québec (ACQ). On s’assure de profiter de l’un ou de l’autre en faisant affaire avec un entrepreneur accrédité par l’une de ces deux associations et en payant les frais demandés (à partir de 75 $ pour le plan de rénovation de l’APCHQ, de 75 $ à 300 $ pour celui de l’ACQ ; dans les deux cas, le coût dépend de la somme dépensée pour les rénos).

À noter : si les travaux portent sur l’extérieur de la maison – réparation du toit, installation de portes ou fenêtres, revêtement extérieur, etc. – et que le contrat est signé à notre domicile, l’entrepreneur est réputé être un commerçant itinérant (et cela, qu’il nous ait sollicitée ou non). On s’assure qu’il détient le permis approprié de l’Office de la protection du consommateur (OPC). À noter : le commerçant itinérant doit placer l’argent qu’il reçoit dans un compte en fidéicommis et, en faisant affaire avec lui, on a 10 jours pour annuler son contrat (un an s’il n’a pas respecté certaines dispositions de la Loi sur la protection du consommateur).



 

Demander des évaluations

On fait venir trois entrepreneurs et on leur demande des devis. On prend soin d’expliquer exactement ce que l’on veut et on écoute leurs suggestions. Un entrepreneur affirme qu’une réparation est urgente ? On demande l’avis des deux autres. En analysant les devis, on tient compte de la proposition, du prix demandé (si l’entrepreneur indique un tarif horaire, il doit mentionner combien d’heures il compte travailler) et des matériaux choisis. En agissant de la sorte, on s’assure de comparer des pommes avec des pommes. 



 

Faire quelques vérifications de plus

Notre choix s’est porté sur un entrepreneur donné ? On lui demande s’il a une assurance responsabilité – sinon, on pourrait être tenue responsable des dommages en cas d’accident. Puis, on s’assure que le contrat qu’il nous présente est bien détaillé et correspond à ce qui est prévu dans la loi. Enfin, on réfléchit avant de le signer ; si l’entrepreneur n’est pas un commerçant itinérant, on ne bénéficie d’aucun délai pour l’annuler.



 

Avoir un contrat clair, puis payer par petits versements et surveiller les travaux

On s’assure que le contrat est le plus précis possible et on fait ajouter une clause qui stipule que, pour tout ajout, on devra obtenir notre consentement. On donne un petit acompte, puis on paie graduellement en demandant chaque fois un reçu. On garde un versement pour la fin (en cas d’insatisfaction, on pourra le retenir). On surveille les travaux (avec l’aide d’un professionnel, au besoin) et on intervient dès que quelque chose ne va pas. Dans ce cas, si l’on est couverte par un plan de garantie, on en avertit l’administrateur du plan.



 

Faire des choix écoénergétiques

On choisit des matériaux durables qui ne dégagent pas de substances toxiques, on opte pour des fenêtres performantes et on se procure un système de chauffage peu énergivore. En d’autres mots, quels que soient les travaux à effectuer, on fait des choix écoénergétiques. On a ainsi une maison plus saine, on fait sa part pour la planète et on économise à long terme en bénéficiant d’installations plus efficaces.



 

Connaître ses recours et les utiliser

En cas de problème, on essaie de s’entendre avec l’entrepreneur. Au besoin, on communique avec sa corporation professionnelle, la RBQ ou l’OPC (pour les commerçants itinérants). Cela ne donne rien ? On se tourne vers la Cour des petites créances (où l’on peut réclamer 7 000 $ ou moins). Si l’on croit avoir été victime de fraude, on prévient la police.

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