Ma parole!

Souffrez-vous du SPM extrême?

Votre humeur change-t-elle ? Êtes-vous incapable de prendre des décisions durant la semaine précédant vos menstruations ? Peut-être avez-vous le SPM extrême. Mais il y a des moyens d’en venir à bout, selon notre chroniqueuse Geneviève Pettersen.

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Il faut bien que je me rende à l’évidence: mon syndrôme prémenstruel est extrême. J’ai longtemps voulu le nier et ai envoyé chier bon nombre de mes anciens chums lorsqu’en pleine altercation pour une peccadille, ils osaient me demander si j’allais être menstruée dans les prochains jours. Je ne dis pas que toutes mes frustrations et sautes d’humeur sont le fruit de mes fluctuations hormonales, mais force est d’admettre que, dans mon cas, cela a un effet bœuf sur mon tempérament et ma façon de me percevoir.

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Photo: iStock

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Le pire, c’est que ça ne fait vraiment pas longtemps que je me suis rendu compte des effets de la chute d’œstrogène et de progestérone. Hier, en lisant le texte « Depuis que j’ai une application pour gérer mes menstruations » de Rose-Aimé Automne T. Morin, j’ai réalisé que moi aussi, c’est depuis que j’ai téléchargé une application pour gérer mes règles que j’ai fait le lien entre ce mal de vivre qui me pogne périodiquement, et mes menstruations.

Dans mon cas, le SPM ne se manifeste pas que physiquement. Outre la prise de poids et la rétention d’eau qui me font sentir comme un béluga échoué sur une plage du Bas-Saint-Laurent, j’ai la nette impression d’être une bonne à rien, une sans talent. Quand je vais être menstruée, je me sens comme la dernière des dernières et je remets en question tous mes choix de vie. «Il me semble que je serais plus heureuse en campagne», «Je ne suis pas faite pour être mère», «La faillite me guette», ou «J’ai envie de divorcer» ne sont qu’un bref échantillonnage des pensées complètement délirantes et des bad trip sans aucun fondement que je me tape chaque mois.

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SPMPar contre, depuis que je comprends mieux mon cycle et vois la semaine rouge se pointer sur mon écran de téléphone, je respire mieux et je suis capable de relativiser la façon dont je me sens. C’est pas mêlant, c’est rendu que je ne prends aucune décision importante la semaine précédant mes règles. Je me dis que je vais attendre un peu pour m’assurer que mes choix restent les mêmes quand le flot aura cessé. J’exagère, mais pas tant que ça. L’autre fois, j’avais vraiment envie d’abandonner un  projet qui me tient pourtant à cœur et dont je suis vraiment fière. J’étais épuisée, découragée et j’étais convaincue que je ne réussirais pas à le mener à terme. Eh bien, tout est redevenu à la normale après mes menstruations. C’est vous dire comment mon SPM joue avec ma tête.

Si je vous parle de tout ça, c’est que ça m’a pris beaucoup de temps avant de me rendre compte de tous les effets négatifs du syndrôme prémenstruel sur moi. Pendant des années, je me suis demandé si j’étais normale, je me suis traitée de folle et je ne comprenais pas ce qui m’arrivait quand, du jour au lendemain, je passais de contente à méga déprimée/frustrée. J’ai même consulté des médecins et des psychologues pour m’aider à venir à bout de tout ça. On m’a prescrit la pilule et même des antidépresseurs (que je n’ai jamais pris), une fois. Mais rien n’aura été aussi efficace que cette petite application qui me permet de noter les symptômes que j’expérimente et comment je sens. Grâce à ce suivi hormonal, j’ai pu réaliser que je n’étais pas folle, encore moins hystérique. J’ai compris que, pour moi, c’était comme ça que ça se passait. Depuis ce temps, j’arrive à calmer la tempête et j’ai moins envie d’arracher des faces à l’approche du jour J. Donc c’est pour ça que je vous en parle. Tout d’un coup vous seriez de même aussi.

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Pour écrire à Geneviève Pettersen: genevieve.pettersen@rci.rogers.com
Pour réagir sur Twitter: @genpettersen
Geneviève Pettersen est l’auteure de La déesse des mouches à feu (Le Quartanier)