Ma parole!

Je ne sais plus quoi manger!

«J'en ai assez de me faire dire que les produits laitiers sont pires que du poison et que le gluten est l’ennemi à abattre!», écrit Geneviève Pettersen.

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Cette semaine a surgi sur ma page Facebook un texte paru dans The Atlantic un peu plus tôt ce mois-ci. La journaliste Gwynn Guilford nous y apprend (ou pas) que les éleveurs de saumons leur font ingérer une pilule pour rendre leur chair plus rose. Les saumons en liberté, eux, tirent leur couleur rosée des crevettes et du krill dont ils se nourrissent. Au contraire de leurs compagnons sauvages, les salmonidés élevés en captivité sont nourris avec de la moulée, ce qui leur confère une teinte grisâtre peu prisée des consommateurs lorsque vient le temps de choisir un filet dans le comptoir du poissonnier.

«Bon, encore une autre affaire», ai-je écrit sur ma page Facebook juste avant de partager l’article en question. «Moi qui croyais faire un choix écolo et sain pour ma famille en optant pour le saumon d’élevage», ai-je ajouté. Là, plusieurs de mes amis-es sont venu(e)s me dire que le saumon d’élevage était la pire chose pour la planète et que les additifs étaient, je m’y attendais, loin d’être bons pour la santé. Je vais être honnête avec vous : j’en ai un peu marre de tous les discours contradictoires sur l’alimentation. J’en ai assez de me faire dire que les produits laitiers sont pires que du poison, que le gluten est un ennemi à abattre, que les produits bios laissent une empreinte écologique considérable et que la viande, c’est mal. Ras-le-bol de me faire dire quoi mettre ou pas dans mon assiette et de me faire faire la morale alimentaire.

Photo: iStock

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Non, je ne sais plus où donner de la tête. Une semaine, on doit absolument offrir des baies d’açaï à notre progéniture pour leur éviter cancers et maladie d’Alzheimer. La suivante, on nous dit que les fruits contiennent du sucre et qu’on doit les consommer modérément. Et c’est sans compter les OGM, pesticides et compagnie. Finalement, je me dis qu’on devrait être transformés en saumons d’élevage : on n’aurait qu’à manger de la moulée et prendre une petite pilule pour garder nos joues roses.

 

Pour écrire à Geneviève Pettersen: genevieve.pettersen@rci.rogers.com

Pour réagir sur Twitter: @genpettersen

Geneviève Pettersen est l’auteure de La déesse des mouches à feu (Le Quartanier)