La nage en eau libre, c'est mon sport

Dans l’eau des lacs et du fleuve Saint-Laurent, Laurie Dupont-Leduc, 28 ans, est dans son élément. La jeune étudiante au doctorat en biologie s’adonne à la natation compétitive depuis l’âge de quatre ans. Elle limitait la pratique de son sport aux piscines chlorées jusqu’à ce qu’elle se découvre une passion pour la nage en eau libre.

 

Comment as-tu eu la piqûre?

Ma mère dit souvent que j’ai nagé avant de marcher. La natation a presque toujours fait partie de ma vie, mais j’avais une peur bleue de me baigner dans des lacs. C’était un vieux traumatisme… Quand j’étais enfant, un poisson s’était accroché à mon pied pour me sucer l’orteil pendant une baignade au chalet de mon grand-père. Cette mésaventure m’a fait éviter la nage en eau libre pendant de nombreuses années. J’ai réessayé pour la première fois il y a trois ans… et je n’ai jamais arrêté depuis.

Qu’est-ce que ce sport a de particulier?

La nage en eau libre est imprévisible. On peut faire le même parcours des dizaines de fois, les performances ne seront jamais comparables. Le vent, la température de l’eau, les vagues, un léger déplacement des bouées, tout peut influer sur le résultat. L’objectif ne peut donc pas être de faire un meilleur temps que la veille, puisque chaque jour sera différent. Il n’y a que le moment présent qui compte. Ça enlève beaucoup de pression.

Nager dans un lac, ça t’apporte quoi?

Mon esprit se vide complètement, je décroche. Le temps passe tellement vite ! J’ai déjà nagé pendant deux heures sans même m’en rendre compte. J’ignore si c’est le fait d’être dehors, mais je me sens un peu comme en vacances. C’est vraiment très relaxant.

À quoi ressemble ta routine d’entraînement?

Je fais de la natation en moyenne cinq fois par semaine toute l’année. J’ai la chance d’avoir accès à une piscine à l’Université du Québec à Rimouski, où j’étudie, alors j’y vais tous les midis. Quand la belle saison arrive, je commence à nager à l’extérieur, dans les piscines de la ville et les lacs des alentours. Quant au fleuve, il est un peu trop froid à cette hauteur.

Ton souvenir le plus marquant?

Ma première course, il y a trois ans. C’était dans le fleuve, à Berthier-sur-Mer, près de Québec. Les conditions étaient parfaites, la journée, magnifique, et je filais à un bon rythme. C’est aussi là que j’ai rencontré Pierre Larochelle et Robert Gendreau, deux kayakistes qui m’accompagnent maintenant chaque fois que je participe à des compétitions où les nageurs doivent être suivis par une embarcation pour des questions de sécurité. On fait une excellente équipe!

Ta plus grande fierté?

Terminer des parcours difficiles. Je me souviens d’un 7 km au lac Trois Saumons, près de Saint-Jean-Port-Joli, dans une eau glaciale et vaseuse, et d’un 8 km dans la baie des Chaleurs, pendant lequel je me faisais piquer par des méduses. Ce genre d’épreuve pourrait être décourageant, mais pour moi, c’est très motivant.

Ton prochain objectif?

J’aimerais vraiment réussir un 10 km. C’est la distance des parcours professionnels. Celui de la Traversée du lac Saint-Jean, par exemple, pourrait être un bon départ. Et, qui sait, je pourrai peut-être un jour participer à la traversée complète de 32 km? Mais j’en suis encore loin. Pour le moment, je me concentre sur les défis auxquels je ferai face cet été, à Berthier-sur-Mer, à Lévis et au lac Témiscouata. 

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