Ralentir comme l’Homo erectus

Si Lucy vivait en 2015, elle prendrait plus son temps que ses contemporains et fermerait son iPhone plus souvent qu’autrement.

 

Jusque-là, nous étions à quatre pattes. Puis une bonne femme, appelons-la Lucy, a relevé la tête et porté son regard vers le ciel. Ce bleu immense, elle a voulu le toucher. Poussée par une force indicible, elle s’est mise debout. Et là, sur ses deux jambes, tout lui est apparu possible. Même rêver, entre autres à du steak tous les midis.

Sa gang de poilus hirsutes l’a suivie. Ensemble, ils sont partis à la découverte du monde. Parce que nos ancêtres avaient des aspirations, des ambitions, des idéaux, pas seulement des besoins physiologiques.

Photo: Daniel Koebe/Corbis
Photo: Daniel Koebe/Corbis

Les sociétés primitives n’ont rien à voir avec les clichés que nous entretenons sur une préhistoire boueuse et misérable. Nos aïeuls, on les imagine barbares sur les bords, passant leur temps à courir après leur pitance. Ou encore enfermés dans des grottes sombres et humides, à avaler des baies acides, des racines terreuses et de la chair crue – l’usage du feu et du micro-ondes ne viendra que plus tard.

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De récentes découvertes apportent un nouvel éclairage sur l’Homo erectus comme sur l’Homo sapiens. « Dans un grand nombre de cultures de chasseurs-cueilleurs encore existantes aujourd’hui, trouver de quoi manger et s’abriter ne demande que quelques heures par jour. Il est très probable que nos ancêtres éloignés aient vécu de la même manière et qu’ils aient passé le reste du temps à se détendre, à fréquenter leurs amis et à observer les étoiles », écrit le neuro­psychologue américain Rick Hanson dans Le pouvoir des petits riens. Bref, ce n’était pas le Club Med, mais pas le goulag non plus.

Ce qu’on doit retenir de tout ça ? « Le corps et l’esprit de l’homme ont été configurés pour se reposer ou se détendre – en d’autres termes, pour être en pause – la plupart du temps », précise-t-il.

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Si Lucy était l’une de nos contemporaines, elle se coucherait dans la neige pour regarder les flocons tomber. Et elle fermerait son iPhone. Pour mettre son cerveau à off.

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