Sport extrême au féminin: la chasseuse des mers

« Me dépasser, c’est une drogue qui me permet de vivre des choses qui sortent de l’ordinaire. » Valentine Thomas, 29 ans, satisfait ce désir grâce à la chasse sous-marine. 

 

 

Photo: Dimitris Kollias

La vie de Valentine Thomas, qui a grandi sur le Plateau-Mont-Royal, a pris tout un tournant il y a cinq ans. Elle accompagne alors des amis à l’île de l’Ascension, entre les côtes africaines et sud-américaines, l’un des plus beaux endroits au monde pour faire de la plongée en apnée… et chasser. Armée d’un fusil-harpon, elle aperçoit un poisson, tire à bout portant et fait sa première capture : rien de moins qu’un spécimen de 12 kg ! « J’étais tellement fière. Je suis tombée amoureuse de ce sport », s’exclame-t-elle. Quelques jours plus tard, elle bat un record mondial en attrapant la plus énorme carangue à gros yeux (un poisson combatif à la robe argentée) jamais pêchée dans ce coin-là.

À LIRE: Sport extrême au féminin: la reine des vents

Analyste financière à Londres, Valentine planifie par la suite tous ses congés en fonction de son nouveau loisir. Afrique du Sud, Zanzibar, Mozambique, Tanzanie, Corse, Grèce, Bahamas, Thaïlande – elle parcourt la planète pour traquer ses proies. « J’adore attraper ma propre nourriture et sentir cette formidable poussée d’adrénaline », dit-elle.

La pêche en apnée lui permet de renouer avec la nature. Ce sport est semé d’imprévus : on peut explorer les fonds marins, observer des tortues, croiser des poissons multicolores… mais aussi des requins ! « Quand je me trouve à 10 km des côtes ou dans des eaux dangereuses, je me sens toute petite et vulnérable, confie la chasseuse, qui est aussi à même de constater la fragilité des écosystèmes marins. Un mélange de peur, de fascination, de respect m’habite toujours. Car ce n’est pas parce qu’on tue un animal qu’on n’a pas de respect pour le poisson et pour l’océan. »

À LIRE: Sport extrême au féminin: l’amoureuse des grands espaces

GALERIE_VALENTINE

Valentine s’est démarquée sur la scène internationale, décrochant des commandites de marques comme Oakley. Après cinq années passées à pratiquer son activité préférée à temps partiel, elle a déménagé à Miami en 2015 pour s’y consacrer pleinement. Elle aimerait créer une émission de télé sur la chasse sous-marine. « Je serais la fille la plus heureuse du monde si je pouvais être payée pour voyager, nager avec les poissons et faire des films », dit-elle. Déjà, elle a participé à un documentaire pour Canal + avant d’en réaliser un autre à son compte au Cap-Vert. Elle planche aussi sur la rédaction d’un livre sur les recettes primitives – des plats préparés sur le feu avec des ingrédients sauvages. Comme quoi il faut savoir vivre sa passion jusqu’au bout !

À LIRE: Sport extrême au féminin: la passionnée des flots

Impossible d'ajouter des commentaires.