Françoise David, Jacques Parizeau et les femmes

Selon la députée de Gouin et porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, les Québécoises peuvent remercier Jacques Parizeau. Quatre fois plutôt qu’une.

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Jacques Parizeau au lancement de son livre, "La souveraineté du Québec: Hier, aujourd'hui et demain", en novembre 2009 (Photo: La Presse canadienne)

Jacques Parizeau au lancement de son livre, “La souveraineté du Québec: Hier, aujourd’hui et demain”, en novembre 2009 (Photo: La Presse canadienne)

Il était premier ministre du Québec. Elle était présidente de la Fédération des femmes du Québec et grande organisatrice de la Marche du pain et des roses, qui avait amené 850 femmes à marcher pendant 10 jours jusqu’aux portes du parlement pour sensibiliser le gouvernement à leur condition. C’était en 1995.

«Il y avait de la bonne volonté et de l’écoute de la part du gouvernement, se souvient aujourd’hui Françoise David. Et à la fin de la marche, il y a exactement 20 ans, nous avons remporté quatre victoires importantes :

La loi sur l’équité salariale. À la fin de la marche, le premier ministre Parizeau a promis que cette loi serait votée. Elle ne l’a été qu’en 1996, par son successeur Lucien Bouchard, mais c’est quand même monsieur Parizeau qui a initié le mouvement.

La perception automatique des pensions alimentaires qui a été instaurée avant même que les 850 femmes se mettent en marche. Grâce entre autres à Céline Signori, une nouvelle députée du PQ qui, avant d’être élue, avait dirigé la Fédération des associations de familles monoparentales du Québec, et milité pendant des années pour cette loi, susceptible d’améliorer beaucoup la situation financière des familles monoparentales.

La plus importante augmentation du salaire minimum jamais gagnée. Nous demandions une hausse de 0,80 $ l’heure. Nous avons obtenu 0,45 $. Nous, à la Fédération, avions décidé que le verre était à moitié plein. C’était quand même la hausse la plus importante jamais octroyée.

L’émancipation plus rapide des femmes immigrantes. À cette époque, les femmes qui immigraient au Québec étaient parrainées par leur mari, et donc entièrement dépendantes de lui, pendant 10 ans. Quelque temps avant la marche, cette période de parrainage avait été réduite à 3 ans mais pour les nouvelles arrivantes seulement. Le gouvernement de Jacques Parizeau a fait quelque chose d’impossible aux dires des fonctionnaires : il a rendu cette disposition rétroactive, changeant ainsi la vie de milliers de femmes. »

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