Entrevues

Rencontre avec Sophie Côté

Directrice gestion, planification et programmation des contenus, ICI Tou.tv à Radio-Canada, 43 ans, Sophie Côté nous parle de la vie, du boulot et de gens qui l’inspirent.

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Photo: Louise Savoie

Ce que je fais dans la vie

Je gère l’équipe de création et de programmation des contenus d’ICI Tou.tv, la webtélé de Radio-Canada, tout en faisant le pont avec les équipes technique et promotionnelle. Aussi, j’anime un blogue avec une collègue, bienfait.co. On y partage nos coups de cœur en matière de mode, sorties, déco, voyages, et on y parle des gens qui nous inspirent. (NDLR: Contrairement à ce qui a été publié dans la version papier de ce texte, Sophie Côté n’est pas la responsable des équipes technique et promotionnelle. Toutes nos excuses.)

J’aspire à devenir…

Une p’tite vieille rigolote, agréable à côtoyer. Que les années s’accumulent sans regrets ni aigreur… Et que je sois dans la lumière, la sérénité.

Un mot pour me définir

Bâtisseuse. Je me spécialise dans les projets un peu fous ! Je suis aussi très décidée. Quand j’ai voulu travailler à Tou.tv, j’ai écrit au patron, sans même le connaître : « Votre produit me parle, je me vois évoluer dans cet univers, je serais prête à bouger si vous avez un poste. » Deux semaines plus tard, on m’appelait.

J’ai fait le deuil…

De la maternité. Ç’a été dur, parce que ça allait de soi pour moi d’avoir des enfants. Mais j’ai abandonné après des essais infructueux en clinique de fertilité – les traitements étaient trop pénibles. J’ai rebondi en me concentrant sur les avantages que me procure le fait de ne pas être mère, une très grande liberté d’action, notamment.

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Je décompresse…

Quand je pêche la truite ! À la mouche ou à la cuillère, selon les envies du poisson… J’adore être sur l’eau. Mon chum et moi avons acheté un vieux chalet en bois rond dans Lanaudière, au bord d’un lac, et nous nous y rendons toutes les fins de semaine. C’est un cocon douillet où nous prenons soin de nous.

Une leçon que j’ai apprise

Avant, je me sentais ridiculisée quand on me taquinait ou qu’on s’amusait de mes gaffes… Mais j’ai compris que rire de soi avec les autres est la meilleure façon de désamorcer une situation embarrassante, en plus de se rendre plus sympathique. Aujourd’hui, j’aime bien divertir la galerie avec mes pitreries. L’autodérision, c’est irrésistible.

Je suis une fan finie…

Des vêtements Aritzia. J’accepterais d’être l’ambassadrice de la marque sans être payée ! Ce label canadien, qui ne fait ni gamine ni matante, s’est implanté alors que je cherchais à redéfinir mon style, à l’aube de la quarantaine. J’aime aussi les designers Mélissa Nepton et Eve Gravel.

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Photo: Louise Savoie

Mon conseil aux filles

Apprenez à déléguer ! Il fut un temps où je travaillais 60 heures par semaine parce que je n’osais rien demander à personne. Je me sentais responsable de tout, y compris de changer les ampoules entre un budget et un plan de développement. Je me suis mise à faire confiance aux autres et à responsabiliser mes équipes. Je sers de guide, de facilitatrice, d’accompagnatrice, mais je ne prends plus tout le poids sur mes épaules.

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Ma routine beauté

J’ai deux drogues : la crème à mains et le baume à lèvres. Les produits Ahava, fabriqués en Israël, me conviennent bien. Ce qui m’accapare le plus le matin : mes cheveux. J’ai plein de frisettes et, si je ne les étire pas, c’est horrible. Alors je m’astreins à une longue séance de séchoir et de fer plat.

Un livre qui m’a marquée

Le Zèbre, d’Alexandre Jardin. La première fois que je l’ai lu, j’avais l’impression de déguster un bon cupcake. J’aurais aimé avoir à la fois l’idée de cette histoire extrêmement romantique et la plume de l’auteur, dont j’ai lu tous les livres par la suite.

Je me fais un point d’honneur…

D’acheter des aliments, des vêtements, des meubles faits par des artisans québécois. Leurs produits sont souvent meilleurs, plus beaux et mieux conçus que ceux des grandes chaînes. Et ils expriment l’âme de notre peuple, pour citer Manon Martin et Louis Durocher, fondateurs de la boutique en ligne Chic & Basta.

J’ai de la difficulté…

À lâcher prise au travail. J’ai l’impression que tout est à ma portée si je prends les moyens. Sauf que ce n’est pas toujours le cas, que ce soit à cause de mes propres limites ou pour des raisons hors de mon contrôle. C’est frustrant, mais je me rends compte qu’on perd de l’énergie à se battre comme Don Quichotte.

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Les gens qui m’inspirent

Les jeunes entrepreneures. Je suis épatée par leur audace et leur énergie. Je pense à Geneviève Lorange, qui a fondé l’entreprise de literie fine Bigarade, et à Julia de Vette, propriétaire du Saint-Laurent café boutique, à Boucherville. Elles n’ont pas 30 ans, ou à peine, et déjà, elles ont des projets à long terme, une vision. Ça me fait triper !

Un truc qui m’agace

Quand on me dit : « Toi, tu ne peux pas comprendre », parce que je n’ai pas d’enfant. J’en ai soupé du stéréotype de l’égoïste obsédée par sa carrière… Ça me choque aussi quand les gens attribuent mes réalisations au fait que je ne sois pas mère. Si j’accomplis des choses, c’est surtout parce que j’y mets de l’énergie !