Mode

Trois tendances signées Jean Paul Gaultier

Comme le démontre l’exposition « De la rue aux étoiles », présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, Jean Paul Gaultier a laissé sa marque indélébile, dans le milieu de la mode. Voici trois tendances toujours actuelles initiées par l’enfant terrible de la mode!

Jusqu’au 2 octobre 2011, le Musée des beaux-arts de Montréal présente la toute première exposition internationale jamais montée sur la carrière de Jean Paul Gaultier. L’exposition « De la rue aux étoiles » trace les influences artistiques du créateur de mode autodidacte, du cinéma à l’art, en passant par la photographie et la musique. Elle rend hommage à un véritable artiste, qui a profondément marqué l’histoire de la mode et travaillé avec les plus grands cinéastes, chorégraphes et musiciens. Pour célébrer l’occasion, voici trois tendances actuelles inspirées des créations de l’enfant terrible de la mode.

La marinière

Depuis les années 70, on reconnaît Gaultier par sa chevelure rebelle et son t-shirt rayé, qui sont devenus sa marque de commerce.


 

Une robe marinière, tirée de la collection printemps-été 2000, de Jean Paul Gaultier.

Les influences
Depuis toujours, l’univers des marins et des pêcheurs bretons fascine Gaultier, dont la mère l’habillait de ce classique français. Le film Querelle, de Rainer Fassbinder, où l’acteur principal joue un marin ultra-viril et sensuel, a aussi beaucoup marqué le créateur. Bien entendu, Coco Chanel, qui affectionnait particulièrement la marinière, est également une influence importante.

L’historique de la tendance
Jean Paul Gaultier crée sa première robe rayée, en 1970. En 1995, il lance le parfum Le Mâle, dans un flacon en forme de torse masculin habillé de rayures. Dans la campagne publicitaire du parfum, des hommes-objets (dont le Montréalais Francisco Randez) aux muscles gonflés, couverts de tatouages, jouent les marins sexy. Tout au long de sa carrière, le créateur décline la rayure dans des couleurs, des matières et des imprimés novateurs, et la juxtapose à de la dentelle ou des plumes, par exemple. L’an dernier, Gaultier a même conçu une collection de meubles rayés pour la marque Roche Bobois.

L’héritage
Cet été, la rayure dans tous ses états revient en force et passe de la marinière à la robe, au sac et aux chaussures! On a notamment aperçu des rayures colorées à gogo chez Prada, Max Mara, Jil Sander, BCBG et Moschino. 

La lingerie

Il n’y a pas si longtemps, une femme n’aurait jamais osé porter une nuisette ou un corset, au-delà des murs de son boudoir… c’était avant que Gaultier bascule ces règles!


 

Dita Von Teese vêtue d’une robe corset signée Jean Paul Gaultier.

Les influences
Ayant grandi dans les jupons de sa grand-mère très coquette, Gaultier raconte qu’il est tombé sur un de ses corsets en jouant à cache-cache, dans son grenier. À l’école, il s’amusait à dessiner les tenues à froufrous des Folies Bergère. C’est en voyant le film Falbalas, de Jacques Becker, montrant le milieu de la haute couture parisienne des années 40, qu’il décide de devenir couturier.

L’historique de la tendance
Jean Paul Gaultier a été le premier à détourner les classiques de la lingerie féminine en leur ajoutant une dose de perversion. Inspiré du punk et des tenues sadomasochistes, il crée, dès les années 60, des bustiers, des tops-lingerie, des robes cages et des jupons, qui deviennent rapidement des signes de pouvoir féminin. En 1983, sa collection Dada présente des robes corsets, puis en 1990, il dessine pour Madonna un corset à cônes télescopiques pour sa tournée Blond Ambition. Un classique est né ; depuis, bustiers révélateurs, nuisettes en satin et dentelle et soutiens-gorge délicats se portent, jour comme soir. Dita Von Teese, reine du burlesque moderne, est une des fans de ce style : l’année dernière, elle a surpris les invités du défilé de Gaultier avec un strip-tease coquin révélant un magnifique corset noir et, comme il se doit, de fins porte-jarretelles.

L’héritage
Cette saison, Dolce et Gabbana, amoureux du style boudoir, a créé des robes de dentelle et des bustiers à faire chavirer les cœurs les plus endurcis. La collection que Gaultier a dessinée pour la marque de lingerie La Perla est également un must absolu!

Le punk ethnique

Jean Paul Gaultier mêle brillamment les styles punk et ethnique, créant des vêtements dont les imprimés ressemblent à des tatouages ou couvrant ses modèles de bijoux exotiques.


 

La collection Piercings et tatouages, de Jean Paul Gaultier, présentée en 1993.

Les influences
La mode de la rue a toujours été une source d’inspiration pour Gaultier, particulièrement la sous-culture punk londonienne. De plus, de la même manière que le Maroc a fortement influencé les créations d’Yves Saint Laurent, Jean Paul Gaultier compte les voyages parmi ses principales sources d’inspiration.

L’historique de la tendance
Présentée en 1993, la collection phare Piercings et tatouages de Gaultier mettait en scène des mannequins aux piercings et tatouages élaborés, portant de riches tenues à motifs tribaux, inspirées de costumes touaregs et marocains, le tout juxtaposé à des vestes de style XVIIIe siècle et à des crinolines! La campagne publicitaire colorée, qui l’a accompagnée, a lancé la mode des tatouages et des piercings, une pratique auparavant réservée aux tribus africaines et aborigènes et, après les années 80, aux groupes gais underground. Depuis, les tatouages et les piercings sont communs, et le style ethno-chic est devenu indémodable, surtout pimenté d’une touche de punk!

L’héritage
Cette saison, les couleurs fortes et les touches exotiques ont été au rendez-vous sur les passerelles. Chez Louis Vuitton, par exemple, Marc Jacobs s’est inspiré du Shanghai des années 20 pour une collection aux tons de pierres précieuses et aux matières luxueuses.

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