Mode

Une lingerie qui nous célèbre

Renflouer le tiroir lingerie, ça fait un bien fou. Surtout avec les dessous qui font l’éloge de la diversité et de la beauté des femmes.

Photo: Liana Carbone

La diversité célébrée

Diversité, inclusion, body-positivisme… des mots qui font du chemin dans l’industrie de la lingerie et dans l’esprit des consommatrices. Les codes standardisés de beauté ont éclaté pour faire place à l’ouverture et à la bienveillance. Aujourd’hui, les femmes de toutes morphologies et de tous âges revendiquent le droit d’être simplement sublimes.

«Nous avons augmenté notre fourchette de grandeurs. Nos campagnes de pub et notre site présentent de la diversité dans les silhouettes photographiées. En vitrine, nous exposons le même vêtement en différentes tailles.»
— Bianca Izzo, chef designer à La Vie en Rose

Sokoloff, 72 $ • Dorina, 34,95 $

Initiatives brillantes

Des campagnes avec de vraies femmes
Certaines entreprises accueillent toutes les silhouettes dans leurs images de pub et leurs réseaux sociaux. S’aimer telle que l’on est en petite tenue, avec les bourrelets, la cellulite, les vergetures, les seins affaissés, les rides et les cicatrices de césarienne: voilà le message fort qui est véhiculé. Des marques photographient des femmes en groupe dans une ambiance complice, pour souligner la solidarité féminine et cet élan de body-posi.

Les tailles remplacées par des adjectifs flatteurs
Le label britannique Neon Moon a lancé l’idée il y a trois ans: les clientes magasinaient non plus des grandeurs en chiffres et en lettres, mais en «Fabulous», «Lovely» ou «Gorgeous». La marque québécoise J3L complimente notre tour de buste ou de taille d’un «You Glow» ou d’un «Nice & Curvy».

Zéro retouche
L’engagement passe aussi par des décisions majeures des entreprises, comme le refus de «photoshopper» les mannequins. Aerie et J3L ont choisi de bannir les corrections visuelles.

Sur tous les tons

Il y a les piliers inébranlables de la palette lingerie: noir, blanc et nude. Mais le nuancier s’est enrichi d’un arc-en-ciel splendide et d’une gamme de tonalités en accord avec les carnations.

«Cette année, on verra du vert menthe, du jaune pâle, du rose saumon et du blush, qui demeure très populaire
— Sofia Sokoloff, designer et propriétaire de Sokoloff Lingerie

Blush Lingerie, 15$ • Passionata, 75$

Rayon bonbons

L’acidulé et le sucré font bon ménage. L’orange mandarine ajoute son zeste aux pastels surannés comme le lavande, le bleu poudre et le vert mentholé. Des contrastes de textures (satin et dentelle, par exemple) sont amplifiés par des mariages audacieux de couleurs.

«On remarque beaucoup de teintes cosmétiques, d’ivoire, de rose chair, et une couleur nommée “patine” (une sorte de taupe intemporel). Il y a également une vague de blanc pur et du marine, le nouveau noir de 2020.»
— Emma Dunn, propriétaire de Lingerie Emma

Babaton, 48$ • Chantelle, 85$ • Aerie, 49,95$

50 nuances de nude

En proposant des palettes de maquillage adaptées à toutes les carnations, le marché des cosmétiques a inspiré celui de la lingerie. Des marques beauté offrent jusqu’à 50 nuances de fond de teint… pourquoi ne pas faire de même avec les dessous ? Désormais, le beige monocorde est décliné en une multitude de variantes, de miel à cacao en passant par amande, malt et toffee.

Lingerie réalité

Le mouvement #MoiAussi a résonné jusque dans l’armoire de lingerie. Les sous-vêtements, c’est autre chose que de la dentelle sur des top-modèles idéalisées pour émoustiller la libido des mecs. Les femmes ont plus que jamais envie de dire «stop» aux clichés usés à la trame. Mais pas question de brûler les soutiens-gorges sur la place publique: nous gardons nos dessous, mais à NOS conditions, inspirées par la recherche du bien-être. #MoiDabord

«Le marché nord-américain des soutiens-gorges converge vers les modèles sans armature. Les consommatrices adorent les bralettes
— Karine Allard, directrice principale du design chez HBI-Canadelle

Fortnight Lingerie, 110$ • Free People, 52$  • Cosabella, 89$

Style libre: la bralette

Sortie du vestiaire sportif, la bralette (de son vrai nom brassière) est devenue la vedette du camp confort. Ses qualités : elle respecte le galbe naturel des seins et reste bien en place avec sa bande de maintien sous la poitrine.

«La culotte à taille haute est très tendance : le modèle rétro bien couvrant, mais aussi le tanga et le style brésilien, échancrés sur les fesses.»
— Tiffany Ajmo, Vice-présidente marketing de Blush Lingerie

Denver Hayes, 19,99$ • Addition Elle, 10$ • Miiyu, 9,50$

Valeur montante

La culotte couvrante qui monte jusqu’au nombril s’est ajustée à la coupe des pantalons et des jeans à taille haute qui dominent le marché en ce moment. Elle est flatteuse et ne saucissonne pas le popotin.

À fleur de peau

Parti pris pour la légèreté: on se laisse tenter par des dessous qui effleurent la poitrine, allégés de leurs bonnets, et par des motifs floraux finement brodés dans des dentelles.

«Place aux fleurs! La lingerie puise son inspiration dans les jardins.»
— Emma Dunn, propriétaire de Lingerie Emma

Blush lingerie, 25$ • La Perla, 200$

Ultralégers

Congé de bonnets et de coques qui compriment les seins! Le soutien-gorge non rembourré, souvent à dos nageur, ne se contente plus d’habiller les poitrines A et B. Les bustes plus généreux y trouvent aussi leur compte et leur confort.

«La femme a le droit d’exposer son corps ou non et peut se permettre d’être plus sexy, sans devoir pour autant essuyer des commentaires disgracieux ou importuns.»
— Sofia Sokoloff, designer et propriétaire de Sokoloff Lingerie

La Vie en Rose, 49,95$ (soutien-gorge) et 24,95$ (culotte) • Triumph, 80$ • Wonderbra, 52$

Bouquets frais

Les imprimés passent, mais les fleurs demeurent. Les petits boutons champêtres et les corolles façon chintz gardent notre vestiaire lingerie au beau fixe.

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