Culture

David Altmejd au MACM: l’expo de l’été?

C’est l’un des artistes québécois les plus cotés au monde. Loups-garous, hommes-oiseaux, corps troués, animaux empaillés: avec ces éléments disparates, David Altmejd, aujourd’hui établi à New York, créé des oeuvres étranges et fascinantes. Nous l’avons rencontré.

Beauté et laideur
« C’est à travers les contrastes qu’on peut comprendre les choses. On ne peut lire un texte en noir que s’il est imprimé sur du blanc. Oui, dans mon travail, il y a des éléments grotesques, repoussants, mais ce n’est pas pour rebuter, je veux attirer les gens. Une broche en émeraude ressortira bien plus si elle est portée par un monstre. »

La création
« Je ne sais jamais au départ où je m’en vais. Je suis un sculpteur, j’aime la matière, transformer les choses. Je travaille de façon organique, c’est-à-dire détail par détail. Et après, il m’arrive moi-même d’en découvrir que je n’avais jamais vus, par exemple une fleur recoupant un écureuil empaillé. Non, je ne connais pas de taxidermiste, j’achète mes animaux sur eBay ! » [Rires]

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Photo: Lance Brewer

Hermétique,l’art contemporain ?
« Devrait-on placer un carton explicatif à côté d’une œuvre d’art contemporain ? Parfois, ça peut aider à la rendre plus riche, plus compréhensible. Mais je préfère le mystère. Ma sculpture essaie de fasciner les gens, de toucher leur curiosité. Je comparerais cela à se promener dans la nature. On n’a pas besoin d’explications ; une salamandre, une roche qui brille, ça contient assez de magie pour captiver. Souvent, le public des musées est sur ses gardes, il veut comprendre. Pour moi, l’art fait penser, voyager, rêver. »

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Photo: James Ewing

L’œuvre d’ouverture de l’expo : sa sœur au visage troué
« Premièrement, j’adore ma sœur Sarah ! Mais j’ai un sens de l’humour pervers, j’aime choquer. Je l’avais avertie avant de dévoiler la pièce, et les personnes que je pensais être le plus ébranlées – mes parents – ont été super touchées. Elles ont même dit que ça lui ressemblait. [Rires] Elle représente une fraction de seconde avant le big bang. »

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Photo: Lance Brewer

La rétrospective
« C’est un immense honneur et l’occasion de voir mes productions des 15 dernières années réunies. C’est intéressant de faire surgir de nouveaux sens, de nouvelles énergies, en combinant des choses qui ne se sont jamais côtoyées auparavant. Et de présenter cela à Montréal, où je suis né et ai décidé de devenir sculpteur, c’est comme boucler la boucle. » Flux, au Musée d’art contemporain de Montréal, du 20 juin au 13 septembre.

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Photo: Farzad Owrang