Générale

Bleus de Nowel

Noël est difficile pour bien des gens. Même les enfants, faut pas s’en faire croire. Trop de sucre, trop d’attentes, trop de contacts sociaux, trop de trop. Et trop de cadeaux.

Bon. Et les mères. Ah les mères. Elles sont débordées, se sentent inadéquates, ont l’impression de ne pas avoir assez de bras et de coeur pour gâter tout le monde, y compris les autres. Et les tapes dans le dos sont rares, c’est normal, ça fait partie de la job.

Une chance que mon fiancé me félicite et m’encourage à en faire moins parce que le principal intéressé, lui, ne connaît pas son bonheur. Même qu’il le massacre à coup de tiges de billard. Where did I go wrong? Peut-être que le bagel saumon fumé à l’heure du lunch et les muffins au cacao-cardamome, c’est trop? Peut-on donner trop d’amour?

En tout cas, on peut arrêter d’aimer ses enfants. J’ai une amie qui me l’a avoué récemment. Le petit dernier est trop difficile, elle a l’impression de ne plus l’aimer. Je lui ai répondu que toutes les femmes battues n’en redemandent pas. C’est un péché qu’on n’avoue pas facilement mais il existe. Et ça passe. Et ça revient l’amour. Mais c’est comme un jour aussi. Quand on a le coeur sec, on a l’impression que ça ne repassera plus. Non, l’amour n’est pas inconditionnel, c’est un leurre de plus pour culpabiliser les parents.

Ce matin, un mot de madame Languirand m’a fait du bien: « On peut si peu ». Ce sera mon mantra du temps des Fêtes. Je suis même allée écouter son mari ici. Rien comme un vieil ami pour vous remettre les pieds dans le lâcher-prise.

J’ai vidé le réservoir d’eau chaude sous la douche (je sais, c’est pas beau mais je lâche prise) et j’ai repensé au conteux de St-Élie qui nous rappelle que ça prend un village pour élever un enfant. Pas une ville, les gens sont trop occupés avec eux-mêmes, non, un village.

Le temps des vacances approche et j’hésite entre aller me réfugier à St-Benoît du lac ou chez les soeurs moniales de Chertsey.

Et vous?