Chelsea Clinton: «Les femmes n’ont toujours pas atteint l’égalité des sexes»

Depuis que sa fille est née, Chelsea Clinton, fille d’Hillary et Bill, se soucie plus que jamais du sort des femmes dans le monde. Lors de sa causerie à C2MTL, la vice-présidente de la Fondation Clinton, active en éducation et en santé, a rappelé le chemin qu’il reste à parcourir en matière d’égalité des sexes.

 
Photo: Chelsea Clinton, conférencière invitée à C2-MTL
Photo: Chelsea Clinton, conférencière invitée à C2-MTL

Chelsea Clinton, 35 ans, ne cite pas des chiffres en l’air. Diplômée des universités de Stanford, Columbia et Oxford, elle s’est appuyée sur l’imposant rapport « No Ceilings : The Full Participation Report » qu’elle a piloté pour dresser le bilan de l’évolution des droits des femmes dans les 20 ans dernières années. 

« Progrès » ne veut pas dire « succès »

Oui, on en a fait des progrès – la mortalité maternelle a diminué, il y a plus de femmes élues, les filles accèdent plus facilement à l’éducation. Mais ça stagne à bien d’autres niveaux – le sida touche davantage les jeunes femmes, le viol conjugal n’est pas sanctionné dans beaucoup d’endroits, les États-Unis figurent parmi les neuf pays qui n’offrent pas de congés de maternité payés. Et surtout, surtout, le marché du travail demeure dominé par les hommes : « En 1995, 55% des femmes travaillaient. C’est pareil en 2015. Il y a trop de barrières que nous devons faire tomber. »

Faisons preuve d’humilité

Au Canada comme aux États-Unis, il n’y a pas lieu de se péter les bretelles. « Le nombre de diplômées en math, informatique et sciences de l’information a diminué. Il faut revoir l’enseignement et inciter les femmes à participer à la révolution technologique. » Chez nos voisins du Sud, les femmes sont moins nombreuses à accéder aux études supérieures et à occuper des postes importants.

Permettre aux filles de se projeter

Il y a un fossé – « Imagination Gap », pour reprendre l’expression de Chelsea – entre ce que les filles veulent faire et les modèles qu’on leur présente : « Petites, les filles ont autant d’ambitions que les garçons. Comme eux, elles rêvent d’être astronautes, pilotes de course, chefs d’État. Mais leurs aspirations changent dès l’âge de 9 ans, lorsqu’elles se rendent compte que très peu de femmes autour d’elles font ce genre d’emploi. Beaucoup cessent de se projeter dans ces habits-là. »

Sortir des stéréotypes du cinéma

Dans les films, les personnages féminins s’identifient la plupart du temps par rapport à leur relation amoureuse, remarque Chelsea. « Ça envoie le message qu’elles n’ont pas autant de valeur que les hommes. Les femmes doivent sortir des stéréotypes, s’imposer, prendre la parole, lever la main, s’imaginer comme elles veulent être. C’est ce que je souhaite pour ma fille. »

Chelsea Clinton poursuit sa réflexion sur les enjeux de société qui attendent les jeunes dans It’s Your World, un livre à paraître à l’automne 2016.

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