Le boule-o-thon : quelques nuances…

Zoé mérite-t-elle qu’on s’attaque à son projet?

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Lea-et-Louise-hires

La colère est un sentiment qui se contrôle parfois difficilement. Et une réaction colérique en appelle souvent une autre. C’est un billet empreint de colère que j’ai écrit hier au sujet du boule-o-thon de l’actrice porno Zoé Zebra.

Je constate que certains ont considéré mon texte comme étant condescendant et moralisateur. Mea culpa. Mon ton agressif dépassait ma pensée et l’émotion teintait mon billet. C’est qu’il y a quelque chose de choquant dans ce boule-o-thon : faire une fellation à 25 gars devant une foule n’a rien de banal. L’événement polarise. J’aimerais franchement discuter avec Zoé Zebra pour comprendre. Raté pour cette fois!

On devrait sans doute s’attarder aux phénomènes de marchandisation du corps et d’hypersexualisation que le boule-o-thon de Gatineau met en vedette, plutôt que d’émettre une diatribe à l’endroit de Zoé. Oui.

Ne devrait-on pas accepter qu’une femme vive pleinement sa sexualité sans la condamner? Cette question est soulevée par plusieurs lectrices. Il est facile de tomber dans le slut shaming : C’est vrai qu’il y une tendance dans notre société à considérer les femmes qui vivent pleinement leur sexualité comme des salopes. Certains avancent qu’on devrait s’attaquer à la société patriarcale, qui émet une pression sur ces femmes. Certaines d’entre elles, dont le comportement sexuel serait jugé hors-norme, sont jugées. Ce sont des questions importantes, mais il est difficile de trouver un équilibre dans l’expression de notre compréhension.

Or, considérant cette tendance, il aurait fallu que je modère mes propos pour comprendre même si je réclame mon droit à l’indignation.

Un ensemble de facteurs amènent Zoé Zebra à participer à un boule-o-thon. Je ne suis pas en mesure d’évaluer son passé, ses antécédents et son bagage. Et donc, d’adresser un jugement moral à son endroit peut être, certes, questionné.

L’accusation d’une femme adressée à une autre femme soulève un certain malaise. C’est dommage, mais parfois la solidarité féminine a ses limites. Mon indignation devant le boule-o-thon, que plusieurs partagent, est signe d’un enjeu qui va, à mes yeux, plus loin. En somme, comment trouver l’équilibre et les bons mots pour exprimer notre incompréhension devant un tel geste sans tomber, malgré nous, dans le slut shaming? Je me pose la question. Peut-être que vous avez des pistes?

Istockphoto
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