Société

On casse la baraque

Avec les concepteurs du Bixi, l'équipe de l'émission Enquête, les citoyens qui se battent contre les gaz de schiste...

Drôles de dames


 
Drôles de dames

Drôles de dames

Nabila Ben Youssef et Dorothy Rhau ajoutent de la couleur et du piquant dans la sauce de l’humour québécois. « Le rêve de ma mère, c’est que je me trouve un mari halal, converti, circoncis, marie-moi-si-tu-veux-aller-au-lit! Mais comment le dénicher si les Québécois ne savent même pas draguer? » lance la Tunisienne Nabila Ben Youssef dans son spectacle. Avec sa vibe ensoleillée, Dorothy Rhau, elle, célèbre les attributs de la femme noire. Cette Québécoise d’origine haïtienne parle affectueusement du pigeon qui, un beau jour d’été, s’était perché sur son derrière… Toutes les deux varlopent les clichés. « Les Québécoises sont fortes, dit Nabila, au pays depuis 15 ans. Mais elles ont perdu leur côté sexy. En essayant de ressembler aux hommes, elles leur font peur! » En même temps, à ses yeux, nous serions trop accommodantes. « Dans un pays libre, c’est absurde que des femmes choisissent de porter le voile. Vous feriez mieux de défendre vos droits au lieu de lutter pour accommoder les minorités! » Surtout pas « soumise et arriérée », elle était « arabe et cochonne bio » dans son précédent spectacle et est devenue « drôlement libre » dans celui qu’elle présente en tournée. Dorothy, elle, s’amuse du fantasme de l’homme noir : « Il a un gros manioc, pis après? Rien! Nada! Niet! Anyen! Ce n’est qu’un défaut de fabrication qui ne bouge pas comme tu l’pensais! » Décidément… [ Mylène Tremblay ]

Maître(in)contestée

Maître (in)contestée

Anne-France Goldwater force toute notre société, qui a balancé l’institution du mariage par-dessus bord, à réfléchir une fois pour toutes aux conséquences de ses choix. Après une rupture, les conjoints de fait – comme les gens mariés – ont envers leur ex une responsabilité financière qui devrait être reconnue par la loi. C’est le principe que soutient la bouillante avocate dans la célèbre cause « Lola contre Éric ». On l’a qualifiée de pit-bull en toge. On a dit qu’elle essayait de marier plus d’un million de Québécois qui n’avaient rien demandé. Qu’en défendant une enfant gâtée millionnaire, elle faisait tort (et honte) à toutes les femmes qui refusent d’être perçues comme dépendantes. Reste que Maître Goldwater soulève (à bras le corps!) un débat crucial. Histoire à suivre devant la Cour suprême.
[ Louise Gendron ]

Citoyens debout!


 
Citoyens debout!

Citoyens debout!

Les résidants de Saint-Marc-sur-Richelieu ont alerté tout le Québec sur les risques associés au gaz de schiste. Ils ont été parmi les premiers Québécois à voir des prospecteurs venir forer des puits d’exploration de gaz de schiste dans leurs jardins. Manque de pot pour les entreprises gazières, les Saint-Marcois s’y connaissent en résistance citoyenne – de 2007 à 2009, ils ont lutté contre les porcheries industrielles. Ils sont donc de nouveau montés aux barricades. En quelques mois, plus de 40 groupes de citoyens ont ainsi vu le jour! En première ligne, une troupe de choc : Lucie Sauvé, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement, Johanne Béliveau, membre cofondatrice du Regroupement citoyen mobilisation gaz de schiste de Saint-Marc-sur-Richelieu, Kim Cornelissen, vice-présidente de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, et Pierre Batellier, coordonnateur, développement durable aux HEC. « Notre résistance est positive, dit Lucie Sauvé. Ce que les Québécois demandent, c’est un processus démocratique de réflexion. Parce que de nombreuses études démontrent qu’il existe des solutions de rechange. » Le gouvernement les a entendus. Il lancera sous peu une évaluation écologique stratégique de cette source d’énergie. À suivre. [ Luc Bouchard ]

Bixi boys


 
Bixi boys

Bixi boys

Le vélo libre-service se fait voir dans sept villes, sur trois continents, grâce notamment aux créateurs Alain Ayotte et Michel Dallaire. L’idée a fait du chemin en trois ans. Le Bixi, contraction de bicyclette et taxi, est (presque) partout… Derrière ce succès se trouvent Alain Ayotte – président de la Société de vélo en libre-service de Montréal et instigateur du projet – et le designer Michel Dallaire, qui en signe la conception. « Il ne règle peut-être pas tous les problèmes de transport urbain, mais il en est devenu l’un des maillons importants », dit ce dernier. Ce que confirment les 3,3 millions de déplacements effectués à Montréal en 2010. Dès son arrivée, en 2008, le Bixi a été classé au 19e rang des inventions de l’année par Time Magazine. En 2009, il a raflé l’or dans la catégorie Meilleure nouveauté en matière d’énergie et développement durable aux Edison Awards. Et l’an dernier Michel Dallaire remportait un Good Design Award, l’une des plus prestigieuses récompenses du milieu. [ Luc Bouchard ]

Une locomotive pour haïti


 
Une locomotive pour haïti

Une locomotive pour haïti

Dominique Anglade veut, avec son amie d’enfance Régine Chassagne, aider Haïti à se remettre sur les rails en donnant de l’appui aux familles. « À quoi bon soigner des gens qui n’ont rien à manger? Pourquoi encourager les enfants à étudier s’il n’y a pas de travail? » demandent-elles. L’une est consultante dans une grande boîte montréalaise, l’autre est membre d’Arcade Fire. Ces deux Haïtiennes d’origine ont lancé KANPE (debout, en créole). Leur objectif : favoriser l’autonomie financière des familles. KANPE compte en encadrer jusqu’à 500. Chaque famille se verra assigner une personne-ressource qui l’outillera de façon qu’elle puisse faire face aux aléas de la vie. Nutrition, santé, agriculture, gestion budgétaire… « Le but, c’est de les rendre autonomes en 18 mois », dit Dominique Anglade. KANPE se concentrera, au début du moins, dans un seul village, Thomonde. « Un choix stratégique, dit Régine Chassagne. Ne serait-ce que pour désengorger Port-au-Prince, qui croule encore sous les décombres. » Pour réussir, KANPE a d’abord besoin de nous, et de sous. « Nous avons déjà amassé plus de 400 000 $, se réjouit Dominique, mais nous avons besoin de deux millions. » Un objectif somme toute assez réaliste, lorsqu’on sait qu’Arcade Fire s’est engagé à verser l’équivalent de la somme recueillie, jusqu’à un maximum d’un million de dollars!
[ Luc Bouchard ]

Ils mènent L’Enquête


 
Ils mènent L’Enquête

Ils mènent l’enquête

Découvrir la vérité même si cela indispose. Voilà le credo de la gang de l’émission Enquête de Radio-Canada depuis sa première diffusion, le 12 septembre 2007. Des vérités qui choquent et dérangent, souvent dans les plus hautes sphères. On se souviendra de la fameuse série de reportages sur la collusion entre des entreprises de construction de la grande région de Montréal, une véritable mine d’or dans laquelle forait allégrement la mafia. Derrière cette bombe médiatique, une équipe du tonnerre : des reporters, des journalistes à la recherche, des réalisateurs, une chef recherchiste, un rédacteur en chef. « On parle continuellement du cynisme de la population, mais moi, je sens une soif de savoir ; les Québécois veulent changer les choses. Enquête a une résonance », fait remarquer la journaliste Marie-Maude Denis, l’une des têtes d’affiche de l’émission. [ Jean-Yves Girard ]

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