Égoportraits de famille

Et si les selfies avaient des vertus bénéfiques pour les mères?

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Prenez-vous des photos de votre famille? Bon, c’est une question purement rhétorique. Une grande partie du disque dur de votre ordinateur ou de votre téléphone portable est sans doute occupée par des clichés mettant en vedette vos enfants. Il n’a jamais été aussi facile de croquer sur le vif les petits et les grands moments  de la vie (et d’être découragée à l’idée de trier tout ça à l’intention des grands-parents).

Mais vous êtes-vous déjà interrogée à savoir si vous faisiez partie de vos photos de famille? En d’autres mots : vous voit-on en compagnie de votre progéniture?

Je me suis prêtée à l’exercice et j’arrive à la même conclusion que cette blogueuse américaine: Dieu merci pour les selfies. Sans ces portraits captés à bout de bras avec mon cellulaire, j’aurais très peu de souvenirs de mes filles et de moi ENSEMBLE. Si je les enlève, je suis quasi absente de l’album qui documente cette période très animée de nos vies.

La deuxième caméra sur les appareils technologiques que nous utilisons au quotidien aura au moins eu cet effet positif: donner la possibilité aux mères d’être plus visibles, de laisser davantage de traces dans l’héritage visuel de leurs enfants. En permettant simultanément de cadrer et de capter, les selfies donnent l’occasion d’avoir un point de vue supplémentaire. Nous ne sommes plus cantonnées derrière l’objectif à simplement saisir ce qui se déroule devant nos yeux. Mais un nouveau choix éditorial, voire émotif, s’offre à nous: s’inclure ou pas dans les photos?

Photo: iStock

Photo: iStock

Se voir en photo, c’est parfois difficile. Certaines mères, cernées jusqu’au nombril, mal à l’aise dans leur corps post-accouchement ou en manque cruel de temps pour s’épiler la moustache, se sentent mieux dans le rôle caché de la photographe. C’est mon cas en ce moment. J’ai le même poids qu’à la fin de ma première grossesse, sans la bedaine épanouie et le bébé qui va avec. Ça me donne un choc à chaque fois que je regarde le résultat sur mon écran. On dirait que je ne me reconnais pas. De ces temps-ci, j’ai l’égoportrait familial tranquille.

Pourtant, je n’ai pas besoin de montrer mes photos à qui que ce soit. Personne ne m’oblige à les partager sur les réseaux sociaux si je n’en ai pas envie. Si on se dit que le but n’est pas d’afficher sa famille aux autres, mais de l’immortaliser pour soi, pourquoi se mettre de côté? Les mères tiennent souvent des rôles principaux dans la vie de leurs enfants, pourquoi ne pas le montrer? «The mom stays in the picture!», comme l’écrivait une autre maman blogueuse.

Une fois devenues grandes, mes filles ne remarqueront probablement pas mon surpoids sur nos photos de l’hiver 2015, tout comme elles ne le voient pas aujourd’hui. Elles me retrouveront telle que j’étais alors qu’elles avaient 5 et 2 ans, tout simplement. Peut-être qu’elles diront : «Ayoye! (si ça se dit encore dans 20 ans) J’avais oublié que t’avais encore des cheveux foncés dans ce temps-là!» Et elles riront sans doute, comme lorsqu’elles étaient petites.

Pour écrire à Marianne Prairie: chatelaine@marianneprairie.com

Pour réagir sur Twitter: @marianneprairie

Marianne Prarie est l’auteure de La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents (Caractère)

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