Beauté: Guide d’achat éthique

On dit qu’acheter c’est voter. Cela vaut aussi pour notre rituel beauté. Petit guide de l’acheteuse responsable et éthique, pour changer le monde un petit pot à la fois…

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Au Québec, nous utilisons en moyenne 12 produits de soins personnels chaque jour et dépensons pour ce faire 1 000 $ et plus par année (par ménage). Si notre trousse est bien garnie, la plupart du temps on ne sait pas trop ce qui s’y cache. De quoi sont faits nos crèmes, savons, rouges à lèvres ? D’où proviennent-ils, comment sont-ils fabriqués ?

Heureusement, les consommatrices québécoises sont de plus en plus curieuses. Et les produits naturels, biologiques et éthiques occupent une part croissante de marché, selon un rapport du ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations sur l’industrie des cosmétiques publié en juin 2014.

Mélissa Harvey, fondatrice de Zorah – une ligne montréalaise de maquillage et de soins à base d’huile d’argan certifiée bio et équitable –, peut témoigner d’un réel ­engouement. « Et de façon exponentielle. Le fait que l’émission La facture, par exemple, se soit penchée sur le cas du méthylisothiazolinone [agent de conservation souvent utilisé en remplacement des parabènes] a enfin poussé les gens à s’informer et à lire la liste des ingrédients. Les Québécoises ont envie de prendre le virage vert. »

Femme devant un boisé

Photo: iStock

Le premier pas

Alors, comment se faire belle tout en ayant bonne conscience ? « Avant d’acheter, il faut se demander si on a vraiment besoin du produit, indique Colleen Thorpe, directrice de l’éducation du public et des services chez Équiterre. Si oui, on s’interroge et on fait des recherches. » On regarde sa provenance, la façon dont il a été fabriqué et sa composition. Sans oublier l’emballage. Que va-t-il se passer une fois le flacon vide ? Pourra-t-on le recycler ? Quant aux ingrédients, on cherche ceux qui ne sont pas nocifs. « Acheter de façon responsable, c’est donc faire un choix qui minimisera les impacts environnementaux tout en augmentant les retombées positives sur la société. »

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Pour partir du bon pied, on scrute la liste des ingrédients. « Il ne faut pas se laisser intimider par elle, affirme Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki. On entend parfois dire que plus le nom d’un élément est difficile à prononcer, plus il est dangereux. C’est faux. Ça n’a rien à voir. » Exemple ? Du ­butyrospermum parkii butter, c’est tout simplement du beurre de karité. Pas de quoi s’alarmer.

La Fondation David Suzuki a établi une liste des 12 ingrédients à éviter dans les cosmétiques et produits d’hygiène. On note les phtalates, le BHA et le BHT (communs dans les formules hydratantes), le triclosan (répandu dans les produits antibactériens) et le fameux « parfum » – « un mot fourre-tout qui peut désigner jusqu’à 10 ingrédients… », fait observer Jean-Patrick Toussaint.

 

Des logos importants

Ensuite, on traque les certifications en cherchant les bons logos : le petit lapin pour les produits non testés sur les animaux, la silhouette noir et blanc pour les achats équitables, le tournesol pour les formu­les véganes… Côté bio, plusieurs acteurs sont présents. C’est que, contrairement au secteur de l’alimentation, il n’y a pas de réglementation législative pour les cosmétiques bios au Canada. On doit s’en remettre à des certificateurs privés.

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L’un des plus connus est sans doute Ecocert, un organisme indépendant international fondé en France. Au Québec, Druide et Zorah possèdent cette certification. Mais on trouve aussi sur nos tablettes des produits étiquetés Cosmebio, de France ; BDIH, d’Allemagne ; Soil Association, de Grande-Bretagne… Des attestations avec chacune leurs normes. La bonne nouvelle ? Dans un souci d’harmonisation, ces quatre entités (ainsi que l’ICEA, d’Italie) ont décidé de s’unir pour créer Cosmos. À ce jour, le sceau Cosmos cohabite avec les certifications existantes, mais, à partir du 1er janvier 2017, tout nouveau produit certifié par l’un de ses membres le sera selon les normes Cosmos.

Certains pots de crème et fards arborent le logo américain USDA Organic ou celui de Québec Vrai. Ces vignettes ne signifient pas que le produit fini est bio, mais peuvent attester que certains de ses ingrédients le sont. Les choses avancent sur ce terrain aussi : Québec Vrai devrait présenter cette année son propre référentiel pour certifier les produits finis.

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