Art de vivre

Rentrée : mode d'emploi

Il y a 2,2 millions de mamans au Québec. Qui rament sur une mer agitée, de la préparation des lunchs aux devoirs... Au moment de reprendre le collier, l’une d’elles nous dit comment elle arrive à maintenir son bateau à flot.

Florence a 45 ans et est d’origine française. Elle occupe le poste de vice-présidente à la planification stratégique d’une importante agence de publicité. Depuis 10 ans, elle habite le Plateau-Mont-Royal, à Montréal, avec son mari, Alexandre, qui est designer graphique, Juliette, leur fille de 11 ans, et François, son garçon de 17 ans, dont le papa vit en Europe.

Mon objectif premier : rendre mes enfants autonomes. Bien sûr, il y a le désir évident qu’ils soient bien dans leur peau et heureux. Mais je veux qu’ils sachent s’organiser et se passer de moi. Alors, je les laisse se débrouiller le plus possible.

Quand l’école va, tout va. L’ambiance familiale est bien plus agréable quand on n’a pas chaque jour à pousser ses enfants à faire leurs devoirs et à aller en classe. Depuis qu’ils sont tout petits, j’inculque aux miens que l’école est une chose très importante. Je fais beaucoup de renforcement positif pour les en convaincre. Je leur répète que leur établissement est super (je le pense), que les profs sont bien. Les activitésparascolaires ont aussi lieu à l’école. Alors, ça devient vraiment un milieu de vie pour eux.

Les enfants ne doivent pas que participer aux corvées. Oui, ils vont faire des courses au coin de la rue. Juliette cuisine et François garde sa sœur, la ramène de l’école en métro, etc. Mais nous les intéressons aussi à des travaux d’amélioration de notre espace commun. Ils ont par exemple contribué à la décoration de leur chambre et à la réalisation de projets artistiques qui décorent notre maison.

C’est un défi de faire sortir un ado de sa chambre. Alors, on essaie de créer un environnement cool pour que François se sente bien, qu’il trouve sa place. En famille, on écoute ses choix musicaux, comme The Strokes, Julian Casablancas, The Libertines. On regarde des émissions de télé ou des films avec lui. On adore découvrir des choses tous les quatre.

La routine du matin est un sport extrême. Je mets le réveil à 6 h 30. J’ai la priorité à la salle de bains mais, comme je dois pousser François hors de sa chambre et tirer Juliette de son lit, je finis par être la dernière prête. Juliette prépare son lunch. Chacun mange de son côté. C’est généralement à ce moment que François me donne des papiers à signer pour l’école! Les minutes filent et le stress monte. Nous devons être à 7 h 51 au plus tard dans la voiture.

En chemin, je joue la cheerleader. Je fais mon coaching! Je m’assure que tout le monde est prêt pour les examens ou l’exposé oral.

Je ne vérifie pas les devoirs. Juliette et François ont la responsabilité de réviser leurs leçons sans supervision (l’indépendance, ça paie!). Et c’est Alex qui jette un œil à leurs travaux une fois par semaine.

Le souper, c’est sacré. On se retrouve les quatre ensemble. Chacun raconte sa journée. S’il y a un truc qui ne va pas, on le sent. On pourra alors en parler seul à seul plus tard. C’est aussi le moment où on s’organise. On discute par exemple d’un choix de sujet pour un exposé, Juliette va demander si elle peut dormir chez sa copine Marie samedi…

Je suis bien en dessous de la moyenne en tant que police de l’assiette. J’essaie de m’assurer que tout le monde s’alimente bien mais, franchement, je choisis mes combats.

Il faut se garder du temps et un budget pour sa vie de femme. Le samedi matin, je fais du yoga, je magasine seule à l’heure du lunch une fois par semaine et je prends de longs bains chauds le dimanche soir. Ces instants sont précieux. Je ne crois pas aux pauses seulement une fois par an…

Les conseils de Florence

Il ne faut pas avoir peur de se fâcher et de dire non. Même si c’est difficile, c’est payant à long terme, puisqu’on a de moins en moins besoin de négocier avec les enfants.

Profitons du temps passé sans nos enfants. C’est important de garder le contact avec sa vie d’adulte.