Paris
Beauté insouciante
Un peu comme un grand chef qui donne tous les ingrédients d’une recette sauf LE truc magique qui change tout, la Parisienne garde un peu de mystère autour de sa beauté. Est-ce cette frange trop longue, qui retombe sans cesse sur ses yeux ? La coiffure vaguement ébouriffée ? Le trait de crayon flouté sous les cils? Avec un minimum d’efforts, la Française connaît l’art de sublimer de façon instinctive ses atouts. Elle ajoute une lichette de mascara, un rouge à lèvres écarlate, un pschitt de parfum… et hop, c’est bouclé !
Si elle semble libre et insouciante, elle est très pointilleuse sur les soins de sa peau. Crèmes de jour et de nuit, sérums, masques hydratants et brumes d’eau thermale occupent une place importante dans sa routine.
Un autre indispensable pour la Parisienne : l’eau micellaire qui démaquille, nettoie et tonifie. Une invention de dermatologues pour venir au secours des épidermes sensibles, incapables de supporter l’eau trop calcaire des robinets de la Ville Lumière.
Les cheveux ressentent aussi les conséquences de l’eau dure : ils deviennent ternes et rêches. Mais pas de souci : la Française a l’embarras du choix d’excellentes gammes de soins capillaires, créées par des coiffeurs réputés de l’Hexagone.
Tokyo
Maîtrise du teint
Tout semble opposer la Tokyoïte discrète à la chevelure de jais et la Harajuku girl aux tifs magenta, qui semble sortie d’un manga. Pourtant, elles partagent une obsession : la carnation de lys.
Elles observent une discipline stricte pour éviter le bronzage et les taches pigmentaires, une véritable hantise. Leur arsenal : lotions solaires appliquées au quotidien – beau temps, mauvais temps –, sérums et gommages enrichis d’actifs fermentés pour chasser les imperfections, bases de teint avec protection anti-UV…
La Japonaise aspire à une mochi skin, un épiderme aussi doux, pulpeux et mat que le petit dessert nippon. Elle y arrive à coups de masques hydratants – tellement populaires qu’ils sont vendus dans les dépanneurs – et d’huile démaquillante, un geste beauté étonnant qui a conquis les Occidentales. La poudre de riz camoufle tout reflet disgracieux.
Adepte du rituel ancestral du saho (le nettoyage de peau en 10 étapes, inspiré du cérémonial du thé), elle s’est mise à la tendance minimaliste depuis la pandémie. Cela réduit temps, argent, surconsommation et pollution.
Côté maquillage, la Tokyoïte travaille beaucoup sur ses cils, qu’elle recourbe ou étoffe de faux cils. Elle aime rosir son visage tout juste sous les yeux, avec un blush étalé depuis les cils jusqu’au haut des pommettes.
Dakar
Trésors de la nature
Au Sénégal, la beauté se nourrit de traditions et de savoirs ancestraux. Meilleure démonstration : le patrimoine capillaire. La Dakaroise affiche avec fierté ses tresses aux entrelacs complexes, qu’elle ornemente de perlages. Elle arbore d’autres coiffures identitaires comme les vanilles (longues torsades à deux brins) ou un magnifique moussor – foulard fait d’un wax, tissu africain aux couleurs vives – en guise de turban. En deux mots, elle est spectaculaire !
Sa précieuse crinière requiert une attention particulière : les vrilles ultraserrées ont tendance à être déshydratées. La Sénégalaise se tourne vers des extraits végétaux utilisés dans la pharmacopée africaine traditionnelle : les huiles de marula, de baobab ou de mongongo (également appelé manketti) font le plus grand bien aux fibres capillaires. Les ingrédients naturels sont intégrés depuis des lustres dans les rituels beauté de l’Afrique de l’Ouest.
Mais la star des stars dans la trousse beauté est le fameux karité, surnommé l’or des femmes, dont les amandes de ses noix se retrouvent dans la composition des beurres, huiles, masques capillaires et cutanés. On ne compte plus ses propriétés: émollient, antioxydant, cicatrisant…
Les peaux foncées sont sujettes à l’hyperpigmentation. La Dakaroise traite les taches avec une exfoliation à base de cacao, d’argile et d’huile de touloucouna, un arbre fruitier. Des soins enrichis de vitamines C et E aident aussi à faire disparaître les marques. Pour uniformiser la carnation, il y a bien sûr le fond de teint. Aujourd’hui, les nuances répondent à toutes les couleurs d’épiderme.
Milan
Bella ciao ciao ciao !
Il y a tant de clichés pour décrire la belle Italienne : voluptueuse, racée, sensuelle… Mettons les choses au clair. La Milanaise nordique n’est pas la brune « incendiaire » qu’est sa compatriote méridionale.
La signora joue plutôt le registre du raffinement mesuré. Dans ce coin de pays où Giorgio Armani a imposé son style chic et sobre, décliné dans toutes les nuances de beige et de gris imaginables, notre beautista préconise le minimalisme, y compris dans sa trousse de maquillage.
Elle arbore un hâle parfait, souvenir d’un week-end récent sous le soleil de Portofino ou de Capri. Sinon, elle usera de correcteurs et de poudre bronzante pour se fabriquer un teint uni et éclatant.
Le trait d’eye-liner est devenu mythique en Italie dans les années 1950 grâce aux divines Sophia Loren, Gina Lollobrigida et, plus tard, Monica Bellucci. La Milanaise affectionne aussi ce trait rétro, terminé par l’indispensable virgule, et allonge ses cils fournis de plusieurs couches de mascara. Pas question de sortir de chez elle sans ces gestes beauté. Le jour, la bouche reste plutôt discrète, habillée de nude un brin nacré. Le soir, place à un beau rouge pour mettre en valeur le sourire généreux.
Et ses cheveux, qui nous font tant envie? Ce n’est pas un mythe : la bella donna arbore de magnifiques cascades de boucles, rehaussées de chauds reflets. Encore la faute au soleil du Sud…
Londres
Entres sagesse et excentricité
Faire le portrait beauté d’une Londonienne est aussi complexe qu’assembler un casse-tête de 1000 morceaux. Dans l’effervescente capitale britannique, l’audace et la provocation ont autant leur place que la retenue et la discrétion.
Le rouge à lèvres noir, les tifs arc-en-ciel et les faux cils des travestis ont quitté depuis longtemps la scène nocturne des clubs pour s’intégrer au quotidien. La pochette de maquillage en voit de toutes les couleurs !
À l’opposé, il y a l’attendrissante English Rose, cette beauté sans artifices, au teint pâle et aux joues rougissantes, coiffée à la perfection. Il n’y a pas meilleure ambassadrice que la duchesse de Cambridge pour la représenter. Les fards aux nuances douces et du blush bonne mine s’alignent sagement sur le comptoir de sa salle de bains. Sans oublier des produits antifrisottis, car il pleut à longueur d’année.
Peu importe son look, la Londonienne a à cœur la sauvegarde de la planète. Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’elle inclut des marques écoresponsables dans sa routine de soins. Les ingrédients puisés dans la nature, l’approvisionnement éthique et la réduction du gaspillage font partie de ses valeurs. Sans surprise, on verra que les cosmétiques hybrides (par exemple, un fard à joues qui fait office d’ombre à paupières) et les shampooings solides figurent parmi les produits préférés de la jolie Anglaise.
Mumbai
Principes sacrés
Elle ourle ses yeux de kajal, colore sa bouche d’un rouge fruité et s’enveloppe d’un nuage parfumé de patchouli et de rose. Voilà ce qu’on remarque à prime abord. Mais l’Indienne accorde avant tout une importance capitale à sa beauté intérieure. L’harmonie corps-esprit, prônée par la médecine ayurvédique, guide son rituel de soins.
Une fois son profil de doshas dominants (énergies vitales) identifié, la beautista suit les étapes de nettoyage avec des masques, des baumes, des huiles et des poudres de plantes ciblées, parmi lesquelles on retrouve le margousier, la Centella asiatica et l’Ashwagandha (ginseng indien).
L’armoire beauté indien emprunte beaucoup au garde-manger: elle est garnie d’ingrédients de base de la cuisine. Le lait de coco est l’arme secrète derrière les longues crinières soyeuses. Utilisé comme masque pré-shampooing, il apporte brillance et souplesse. Ses vertus ne s’arrêtent pas là : il sert de démaquillant, nourrit la peau et retarde l’apparition des rides.
Un autre produit culinaire multi-usages : le curcuma, connu aussi sous le nom de safran indien. L’épice orangée est un super-héros de la cosmétique. Antioxydant, il préviendrait le vieillissement cutané. Complice des petits matins difficiles, il réduit les poches sous les yeux et donne de l’éclat au teint. Il est utilisé pour soigner l’acné et l’eczéma. Et il débarrasse le cuir chevelu de ses pellicules.
L’eau de rose est délicieuse dans les petits gâteaux barfi, mais elle est fort pratique pour hydrater la peau, réguler la sécrétion de sébum et prévenir les rougeurs.