Combien devrait-on vraiment payer un jean?

Quel est le juste prix à débourser pour acquérir le jean parfait? Combien de modèles devrait-on posséder? Pas tant un questionnement existentiel qu’une affaire de gros bon sens.

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Photo: Instagram @helenabordon

Nous avons toutes un jean préféré — doux, moelleux à point, juste assez extensible pour souligner les courbes sans nous transformer en emballage sous vide. Avec des propositions sur le marché variant de 20 $ à 500 $, quelle somme devrions-nous dépenser en toute rationalité?

La styliste et rédactrice Ingrie Williams est une fan absolue de jeans: elle en enfile un presque tous les jours. La plupart du temps, elle les paie entre 80 $ et 120 $. Dans la talle des marques qui offrent un bon rapport qualité-prix, elle affectionne surtout Levi’s, Gap et Topshop. Parmi ses modèles préférés: le Wedgie de Levi’s, à taille haute, braguette boutonnée et jambes fuselées (108 $), et un jean blanc à jambes larges de H&M (40 $). La tendance des jeans exorbitants s’est-elle essoufflée avec les années? «Si une personne déniche la pièce de ses rêves à 300 $… eh bien, pourquoi pas si elle a les moyens? À la longue, ce sera un investissement rentable, puisqu’elle aimera la porter souvent, déclare Ingrie. Mais reste qu’il y a tellement de choix à moins de 100 $!» Pour Valérie Blackburn, coordonnatrice communication mode chez Simons, un jean est un vêtement trop important pour ne considérer que le prix. Il doit faire parfaitement et être ultraconfortable. «Certaines clientes sont très satisfaites avec nos modèles de la marque Twik à 49 $. D’autres personnes vont préférer un Levi’s à 100 $».

L’écolo a un prix

Aujourd’hui, les critères d’achat d’un jean ne se limitent plus au prix et à la coupe. Les consommatrices averties savent que l’industrie du denim est réputée pour être une des plus polluantes au monde. Selon une étude réalisée en 2015 par l’empire Levi’s, 2 912 litres d’eau sont utilisés pour la production d’un seul jean… et plusieurs usines ont été dénoncées pour avoir déversé des teintures et des produits toxiques dans les sources locales d’eau potable. De plus en plus de marques — notamment Everlane (Californie), Outland Denim (Australie) et, sur la scène locale, Second Yoga Jeans et Frank and Oak — ont adopté une politique de développement durable pour certains (ou la totalité) de leurs produits. La Maison Simons fait affaire avec quelques usines qui effectuent des lavages au laser qui ne requièrent pas d’eau, selon Justine Gosselin, acheteuse pour Twik. L’entreprise québécoise offre aussi deux modèles de la marque danoise Noisy May qui incorporent le marc de café recyclé dans la fibre de polyester, «ce qui absorbe les odeurs et accélère le séchage», indique Valérie Blackburn.

Selon la styliste torontoise Jo Jin, les gens sont prêts à dépenser un peu plus pour appuyer ces initiatives responsables. «C’est formidable de constater que certaines marques réussissent à créer du denim autrement et que le public puisse les appuyer», dit-elle. Concrètement, combien de dollars doit-on allonger pour avoir la conscience (plus) tranquillle? Un boyfriend Second Yoga Jeans, fabriqué au Québec: 168 $. Un boyfriend de la collection Hydro-Less signé Frank and Oak: 89,50 $. Un jean noir à taille haute Everlane: 100 $. Un skinny délavé Outland Denim: 235 $. Un skinny indigo Noisy May: 85 $.

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La trame de fond essentielle

La clé d’un ajustement parfait réside dans le tissage. Malgré un retour des jeans vintage 100 % coton (la toile rigide et épaisse est, disons-le, moins agréable à porter), la styliste Ingrie Williams recommande un denim qui contient au moins 2 % d’élasthanne, question d’optimiser le confort. Dieu sait comme la quête de la coupe sublime peut être fastidieuse, mais il faut se donner du temps pour explorer! On doit aussi faire fi des clichés persistants («J’ai des cuisses fortes, je ne peux pas porter de skinny…») et tester des styles auxquels on n’aurait peut-être pas pensé a priori. Par exemple, un jean à jambes larges est beaucoup plus flatteur qu’on ne le croit et mérite qu’on s’y attarde, peu importe notre silhouette.

Combien de jeans?

Des coupes, des couleurs, des usures subtiles, des déchirures, des effilochages, des détails décoratifs… Les déclinaisons sont telles qu’on pourrait se brancher sur la toile bleue pour le reste de ses jours. Nos expertes de la Maison Simons livrent leurs suggestions pour bâtir une garde-robe denim:

  • Pour le bureau, Valérie Blackburn y va d’un jean à jambes larges d’un bel indigo sombre, qu’on pourra coordonner à un chemisier, une veste et des talons hauts.
  • Le week-end, Valérie et Justine s’entendent pour un boyfriend relax ou encore un Mom’s jean (taille haute et plus d’ampleur sur le ventre et les cuisses).
  • Des couleurs à surveiller? Valérie est formelle: les tons de bruns comme le rouille et le pacane sont très branchés.
  • Un jean blanc après l’été: oui ou non? «Pas blanc pur, mais plutôt ivoire, avec des piqûres contrastantes pour lui donner du caractère», conclut Valérie.
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