Santé

Allergies saisonnières : prêtes pour la bataille !

Nez qui coule, yeux qui piquent... une personne sur cinq vit avec ces désagréables symptômes. Heureusement, les traitements s'améliorent.

allergies-400

Cultura / Getty Images

L’immunothérapie

C’est le seul moyen de venir à bout des allergies. L’immunothérapie – ou désensibilisation, comme on l’appelle communément – consiste à injecter au patient de petites quantités de l’allergène, en augmentant peu à peu la dose, pour habituer l’organisme à le tolérer. Elle s’adresse à ceux dont les symptômes sont prononcés, mal contrôlés par les médicaments… ou qui en ont marre de se moucher tout l’été.

Par injections  De 9 à 13 semaines avant la saison des pollens, on commence les injections au rythme d’une par semaine, et on répète le manège sur une période de trois à cinq ans. L’efficacité ? Les symptômes diminuent de 80 % à 85 %.

Traitement et vaccins sont couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) et son régime d’assurance médicaments. Comme il faut se rendre chaque fois chez le médecin, cela demande beaucoup de temps. Mais, bonne nouvelle, des chercheurs travaillent à diminuer le nombre d’injections. « On teste même un traitement en une seule injection ! » précise le Dr Guy Delespesse, chef du Service d’allergie et d’immunologie du CHUM.

Par voie sublinguale  C’est la grande nouveauté : un tout petit comprimé placé sous la langue et hop ! En Europe, la désensibilisation sublinguale a cours depuis une vingtaine d’années. « Au contraire des injections, qui doivent obligatoirement être données au cabinet du médecin, elle ne requiert qu’une seule visite, au moment de la prise du premier comprimé », note le Dr Rémi Gagnon, président de l’Association des allergologues et immunologues du Québec et chef du Service d’allergie et d’immunologie du CHUL. Le reste des doses se prend à la maison, tous les jours, à la même heure. Le processus commence quatre mois avant l’apparition du pollen et se poursuit jusqu’à la fin de la période des allergies – et c’est ainsi de trois à cinq années consécutives.

Le traitement est pris en charge par la RAMQ. Pour ce qui est des médicaments, le régime public d’assurance du Québec rembourse à ce jour le comprimé sublingual Oralair, mais pas le Grastek. Pour l’instant, seule l’allergie aux graminées peut se soigner de cette façon. « Mais à partir de cet été, l’immunothérapie sublinguale contre l’herbe à poux sera également offerte », ajoute le Dr Gagnon. Et on parle d’un comprimé contre l’allergie aux acariens pour bientôt…

Dans le cas de l’immunothérapie orale sous forme liquide, certains allergologues utilisent des extraits normalement destinés aux injections. Bien qu’elle soit implantée en Europe depuis 30 ans, cette pratique est dénoncée par l’Association des allergologues et immunologues du Québec, qui la considère comme scientifiquement non valide. Le hic, c’est que, en matière de traitement des allergies, l’Amérique du Nord est souvent en retard sur le Vieux Continent. « C’est vrai, mais même là-bas, l’immunothérapie sous forme de gouttes est controversée, dit le Dr Rémi Gagnon. Les études menées sur cette méthode sont limitées ou mal conçues, et on n’est pas certain des doses thérapeutiques. »

Les antihistaminiques

Ils agissent en bloquant l’histamine, l’une des substances libérées par le système immunitaire et responsables de l’écoulement nasal, des éternuements, de la congestion et du larmoiement. « Comme ceux de la dernière génération (Aerius, Reactine) ne causent pas de somnolence, on peut les utiliser quand on conduit un véhicule. Ils sont même autorisés pour les pilotes d’avion », dit le Dr Guy Delespesse.

Pour les enfants de moins de 12 ans, l’industrie pharmaceutique a mis au point des antihistaminiques en sirop (Claritin, Benadryl) et en comprimés (Vit-Fondus de Benadryl).

Les corticoïdes

Sous forme de vaporisateur nasal, ils réduisent l’inflammation des muqueuses du nez. Du même coup, ils protègent des complications souvent associées à la rhinite allergique comme la sinusite, l’otite, l’asthme. « Les plus récents sur le marché (Avamys, Nasonex, Omnaris) sont moins desséchants pour le nez, car ils ne contiennent pas d’alcool », conclut l’allergologue Rémi Gagnon.

De bonnes habitudes pour se protéger des pollens

  • On adopte une bonne hygiène nasale : vaporiser de l’eau saline dans chaque narine et attendre quelques instants avant de se moucher. À pratiquer une fois par jour, pour mieux respirer et nettoyer le nez, qui agit comme un filtre retenant les poussières et les allergènes. Quel produit choisir ? Le Dr Rémi Gagnon préfère les solutions à l’eau de mer, plus riches en oligo-éléments. Par contre, il ne recommande pas les solutions maison. « On risque de se tromper dans les proportions de sel et d’eau et d’ainsi irriter les fosses nasales », dit-il.
  • On évite de mettre le nez dehors au cours de journées sèches et venteuses ou quand le voisin tond sa pelouse.
  • On ferme les fenêtres et on utilise un climatiseur quand il y a beaucoup de pollens dans l’air. Consulter : meteomedia.com/plein-air/pollen
  • On se lave les cheveux tous les jours pour les débarrasser du pollen.
  • On préfère la sécheuse à la corde à linge.