Société

Ces fonceuses qui imposent le respect : Sophie Brochu

Sophie Brochu est la première femme nommée PDG d’Hydro-Québec.

Cela devait être une année sabbatique. Après 23 ans chez Énergir, dont 12 comme présidente et cheffe de la direction, Sophie Brochu avait quitté l’entreprise avec le sentiment du devoir accompli. Elle s’apprêtait à aller étudier la sociologie en France.

Au bout de trois mois, ses vacances ont pris fin abruptement : le gouvernement lui offrait, sur un plateau d’argent, de devenir PDG d’Hydro-Québec. « La pandémie nous a fait entrer dans une période assez sombre, et je me demandais justement comment mettre la main à la pâte. Je ne pouvais pas rester à cultiver des choux dans mon potager ! » lâche-t-elle.

La quinquagénaire à l’air juvénile avec sa coupe au carré est ainsi devenue la première femme à diriger la société d’État, fondée en 1944.

Un poste taillé sur mesure pour Sophie Brochu. Cette économiste a consacré toute sa carrière au domaine de l’énergie, d’abord à la Société québécoise d’initiatives pétrolières (SOQUIP), puis chez Gaz Métro – devenu Énergir sous sa gouverne –, où elle a gravi les échelons et accéléré le virage vers les énergies renouvelables. Elle entend d’ailleurs continuer à agir pour le bien commun à la société d’État. « Hydro-Québec est au cœur de ce qu’on doit faire en ce moment : développer nos sociétés de façon intelligente sur les plans environnemental, social et économique », dit-elle.

Sophie Brochu se fait un plaisir de parler de son parcours aux femmes qui participent au Défi 100 jours de L’effet A, un programme dont l’objectif est de les aider à propulser leur carrière.

Un message qu’elle leur passe ? Un bon leader fait preuve d’humilité. « On peut avoir confiance en soi tout en étant humble. Avoir confiance en soi, c’est se connaître, savoir quelles sont ses lumières et ses zones d’ombre. Et l’humilité, c’est avoir confiance en ses capacités et, surtout, reconnaître qu’on ne les a pas toutes. Ma force, c’est de bâtir des équipes. Je vais chercher des gens de talent pour m’entourer. »

Son autre grande force, c’est la communication. Elle a d’ailleurs failli être actrice ! Avant de bifurquer vers l’économie, elle a étudié au Conservatoire d’art dramatique de Québec. « Au bout d’un an, j’ai réalisé que je n’étais pas une artiste, mais que j’aimais les comédiens, la créativité et ce milieu. » Voilà sans doute ce qui explique que les comédiens continuent d’être plus nombreux que les gens d’affaires à sa table les fins de semaine…