Société

Élections municipales : 10 conseils aux futures mairesses

Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie les appuie.

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Esther Lapointe, directrice générale
du Groupe Femmes, Politique et Démocratie

Depuis 15 ans, le Groupe Femmes, Politique et Démocratie, un organisme d’éducation populaire sans allégeance politique, accompagne les femmes qui veulent se tailler une place dans les lieux de pouvoir. Sur la scène municipale, par exemple, les mairesses représentaient seulement 16 % des élus en 2009, mais c’était néanmoins 35 de plus qu’en 2005. De Montréal à Chibougamau en passant par la Gaspésie et le Saguenay, le Groupe offre des formations intensives. Les sessions de l’École Femmes et Démocratie et le projet SimulACTIONS (simulation de conseil municipal à l’hôtel de ville) ont ainsi joint une centaine d’aspirantes conseillères et mairesses. À la veille du scrutin du 3 novembre, la directrice générale Esther Lapointe nous dit quels défis attendent nos leaders de demain et surtout comment les relever !

1  Se faire confiance

Avoir de l’assurance, voilà ce qui manque aux femmes. Malgré les compétences qu’on nous reconnaît, une petite voix se fait entendre : « En suis-je capable ? »

2  Assumer une charge de travail considérable

Une mairesse doit posséder tous ses dossiers – culture, sport, loisirs, environnement, sécurité publique, développement industriel, et j’en passe – pour être en mesure de se prononcer, de défendre les intérêts de la municipalité, devant la MRC notamment. Et concilier ses nombreuses responsabilités avec sa vie privée.

3  Conserver son équilibre pour préserver sa santé

Toutes les femmes heureuses en politique le disent : il faut faire de l’exercice et se ménager du temps à soi. Sollicitez vos proches et votre équipe – besoin d’une journée de repos ? Les dossiers peuvent attendre 24 heures.

4  Protéger sa vie privée sans être distante envers les citoyens

Quand Francine Ruest Jutras, mairesse de Drummondville depuis 25 ans, fait l’épicerie, elle y met trois heures. On l’aborde au détour de chaque allée ! Il faut savoir dire : « Excusez-moi, on m’attend à la maison ». Dans les petites communautés, les clans sont ce qu’il y a de pire. Vos décisions ne feront pas l’affaire de tout le monde, certains vous en voudront. Apprenez à naviguer avec la contestation.

5  Apprivoiser la solitude

Le pouvoir isole, surtout si on est en minorité. Quand vous devez régler des problèmes épineux, n’hésitez pas à consulter des personnes de confiance et d’expérience et à demander l’aide d’un mentor.

6  Se faire des alliés

Entourez-vous de gens de confiance : les fonctionnaires sont là pour contribuer à la saine gestion de la ville. Usez de stratégie, surtout si vous êtes en minorité dans un comité. Une mairesse extraordinaire a raconté comment elle avait réussi à faire accepter ses idées. À ses débuts, à titre de conseillère, personne ne l’écoutait. Jusqu’à ce qu’elle confie ses vues à son confrère, qui les relayait. On a fini par la reconnaître et par lui demander son avis sur tout.

7  Se constituer un réseau… mixte

Selon une étude du Conseil du statut de la femme, le milieu municipal est dominé par des hommes mûrs, traditionnels. De sorte que les jeunes ont beaucoup de difficulté à se faire élire, car on ne les prend pas au sérieux. Dans le cas d’une jeune femme, on l’appellera « ma p’tite fille » sur un ton paternaliste. Bien souvent, les décisions sont prises en dehors du bureau, autour d’une bière, lorsque les dames sont rentrées à la maison. Elles se trouvent écartées du vrai pouvoir. D’où l’importance de jouer dans une équipe mixte. La notion de parité implique celle de complémentarité.

8  Apprendre à gouverner à  sa manière

Mettez votre couleur, agissez selon vos valeurs. Acceptez la critique. Nous, les femmes, voudrions faire l’unanimité tout le temps, ce qui est impossible en politique. Il faut se faire une raison. Un changement d’approche est perceptible lorsqu’on dépasse le seuil de 35 % de femmes au pouvoir. Quand la proportion est inférieure à ce chiffre, on imite ses collègues.

9  Faire passer son message

Plus nous serons nombreuses en politique, moins les journalistes s’attarderont à la couleur de notre robe. Quand vous vous adressez aux médias, un conseil : soyez bien préparée, allez à l’essentiel, synthétisez votre pensée, trouvez la formule qui frappe l’imagination.

10  Faire preuve d’intégrité

Les femmes se lancent souvent en politique non pour leur avancement personnel, mais pour améliorer le sort de leurs concitoyens. Ce qui ne les met pas à l’abri de la corruption ni de la collusion. Les codes d’éthique, ça s’apprend. Les affaires publiques ne se gèrent pas comme une petite entreprise, il y a effectivement des règles de gouvernance à suivre. Alors, mesdames, nous avons intérêt à nous outiller !

Prochaine formation : L’École Femmes et Démocratie propose une session intensive aux futures députées. Du 7 au 11 novembre, à Lévis.