Montréal danse le Continental

Du 15 au 17 septembre, 375 danseurs s’aligneront sur la Place des Festivals, au cœur du Quartier des spectacles. Ces amateurs doués pour le mouvement rassembleur se prêteront au jeu du Super Méga Continental, une création du chorégraphe Sylvain Émard.

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Photo: 375mtl.com

Photo: 375mtl.com

J’ai le dos endolori, à force de sauter, tourner, squatter. Mon énergie est à plat, mon t-shirt est trempé. J’ai faim, j’ai les cheveux tout croches, et le plancher glissant de sueur me fait presque trébucher sur mon voisin. Il reste 45 minutes à cette répétition où nous enchaînons des mouvements aux noms codés que nous seuls comprenons: la «petite flamme», les «marionnettes», «la petite Japonaise»…

Mais voilà que nos efforts de l’été 2017 seront enfin dévoilés: du 15 au 17 septembre, 375 danseurs s’aligneront sur la Place des Festivals, au cœur du Quartier des spectacles. Ces amateurs doués pour le mouvement rassembleur se prêteront au jeu du Super Méga Continental, une création du chorégraphe Sylvain Émard.

Je n’avais pas dansé depuis l’adolescence – à cette époque où on se prenait pour Jennifer Grey ou Patrick Swayze dans Dirty Dancing. Au moment de l’audition dans un centre communautaire du quartier Saint-Michel, un soir de tempête de neige, j’ai pourtant réussi à me tirer d’affaire, de sorte que j’ai été recrutée parmi les 375 élus du Super Méga Continental.

Fin mai, je me retrouve au sous-sol de l’Église du Saint-Rosaire, dans le quartier Villeray, pour commencer l’apprentissage de la chorégraphie. Très vite, je comprends que je n’aurai plus besoin d’abonnement au gym: des répétitions hebdomadaires de deux heures, jusqu’à la mi-septembre sont prévues, avec une pause en juillet. Je remarque une majorité de femmes. Tous les âges y sont, mais la moyenne est plutôt élevée, ce qui est assez réjouissant. Des visages connus se distinguent, les comédiennes Johanne Fontaine, Anne-Marie Cadieux, Julie McClemens. J’apprends que la formidable Danielle Proulx est là avec ses cinq sœurs, son beau-frère et sa nièce, Catherine-Proulx Lemay.

«Nous sommes très proches dans ma famille. Il y a quelque temps, nous avons perdu une sœur, Nicole, qui aurait trippé à faire ça. On pense à elle en dansant, on l’amène avec nous», dit Danielle Proulx, qui malgré son horaire très chargé, se prête avec grand bonheur aux répétitions du Continental. «Nous vivons une époque de morosité tellement drabe. Une expérience comme celle-là nous permet de nous consacrer aux bons moments, à la joie. Ça nous rappelle que la vie est bonne et qu’il faut profiter de notre chance.»

Photo: Yves Médam

Photo: Yves Médam

Le chorégraphe Sylvain Émard s’est initié à la danse en ligne dans les années 1960: «À l’âge de 10 ans, j’ai appris que des gens pratiquaient le Continental dans une église près de chez moi, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Ma petite cousine et moi avons décidé d’y aller. Pour la première fois, j’apprenais à danser et je me sentais libre. Ce fut une sorte de révélation. C’est pourquoi j’ai toujours conservé une sorte de sentimentalité envers la danse en ligne.»

Il a renoué avec ce sentiment de liberté lors de sa découverte des discothèques dans les années 1970. «Aller danser dans les clubs a occupé une grande place dans ma vie. J’aime aller dans les bars, je danse un peu et ensuite je m’installe en retrait de la piste pour observer les gens. Pour moi, c’est ça, la vraie danse, ce n’est pas répété.»

C’est un peu dans cet esprit que Sylvain Émard a créé le Grand Continental en 2009, qui a été repris 13 fois depuis, à Montréal, Mexico, New York, Philadelphie, Portland, Ottawa, Boston, Vancouver, Ansan (en Corée du Sud) et Wellington (en Nouvelle-Zélande).

Le 15 septembre à 20 h, le 16 septembre à 16 h et à 20 h, et le 17 septembre à 16 h, Montréal est Continental.

 

 

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