On s’est encore fait avoir

Qu’on parle de libération sexuelle ou de cancer du sein, la récupération économique nous a fait perdre nos moyens. C’est le cas de le dire!

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Hier soir, à l’émission Ici et là, animée par Sophie Durocher, il était question de la sexualité spectacle et du livre au titre éponyme du sociologue de la sexualité, Michel Dorais.

L’essai de Dorais jette la lumière sur notre univers hypersexualisé, des plus jeunes aux plus vieux d’entre nous (Viagra jusqu’à la tombe!). J’ai dû me défendre de faire partie de ce spectacle même s’il m’arrive de parler de sexe dans mes écrits. J’en parle comme du reste, de la famille, de la cuisine, des faits de société, même des mammouths laineux, mais, curieusement, on ne retient souvent que la variable sexe. Comme je le dis souvent, ça en dit plus long sur ceux qui me lisent que sur moi.

Peu m’importe, je m’en suis expliqué hier; pour moi, parler de sexe, que ce soit de mon vibrateur suédois (offert par mon mari, d’ailleurs!) ou que je signe un article pour expliquer le sexe à « ma fille« , j’y ai toujours vu un acte de libération, une façon de s’affranchir du discours mâle dominant ambiant (et latent).

Combien étions-nous à nous imaginer qu’en pavanant nos seins et en brandissants nos vibros en forme de rouge à lèvres, nous nous émancipions? Nombreuses. Et comme l’a si bien dit Sophie Durocher hier: « On s’est encore fait avoir! ».

Oui, nous avons été récupérées par plus fort que nous, une grosse machine économique où le dominant est le 1%, un jeu de S& M où le maso est consentant. Nous nous sommes fait avoir en jouant le jeu du « sex sells » même si nous ne le faisions pas pour cette raison. Montrez vos strings les filles, ça fait vendre des jeans!

Après le débat sur cette question très zeitgeist, j’ai croisé la cinéaste Léa Pool, venue faire la promo de son documentaire dont j’ai déjà parlé ici. J’ai vu le film (qui sort en salle aujourd’hui), depuis. « L’industrie du ruban rose » est une grande leçon de capitalisme appliquée à une maladie qui ne touche que les femmes.

L’équivalent d’un « Inside Job » en rose et en beaucoup plus noir puisqu’il est question de vie et de mort. Une grande récupération mercantile avec des seins comme outils de marketing. Que rêver de mieux? Et les actrices posent gratuitement mais en plus, elles font des levées de fonds.

Ce que madame Pool démontre avec énormément d’intelligence? On s’est encore fait avoir.

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