La twittérature… ou le 10e art

140 caractères pile-poil. C’est tout ce qu’il faut aux « twittérateurs » pour créer des œuvres littéraires. Un nouveau genre est né… sur Twitter!

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Zone d'écriture écrire un tweet

Ça gazouille dans le milieu littéraire. Poésie, thriller, récit, conte, essai, roman… tous ces genres se retrouvent maintenant sur Twitter dans une nano version de 140 caractères. Voyez un peu ce que ça donne:

 

Il avait choisi sa dinde de Noël, dodue et élevée en plein air. Il fut pourtant déçu. Sabine refusa catégoriquement de se laisser enfourner. (@Centquarante)

 

Ou encore :

 

Il ne faut pas mettre sur un même plan les vrais culs et les faux cons. Quand un ministre niaise à la tv est-ce un faux cul ou un vrai con? (@pierrepaulpleau)

Ludique et stylistique, cette twittérature acquiert ses lettres de noblesse. On la convoque dans les événements littéraires (Salon du livre de Montréal, Métropolis bleu, Québec en toutes lettres…) et on la lance en défi dans des sites Internet.

Ce 10e art a même son Institut de twittérature comparée (ITC) qui rassemble des twittérateurs du monde entier. Ses fondateurs, Jean-Yves Fréchette, prof de poésie à la retraite et père de Biz des Loco Locass, et le journaliste français Jean-Michel Le Blanc s’amusent (le plus sérieusement du monde!) à théoriser cette littérature du miniature.


Comme le soulignent ces drôles d’oiseaux, dont les recueils de gazouillis viennent de paraître en « dur » sous les titres de Tweet rebelle et Le compte des mille et un tweets, la twittérature s’inscrit dans la pure tradition des proverbes, aphorismes, haïkus japonais (d’où son succès fou au Japon) et autres expériences de l’OuLiPo. « Ce qui est nouveau, écrivent-ils, c’est la publication simultanée rendue possible grâce à cette plate-forme techno. »

Situés de part et d’autre de l’Atlantique (Jean-Yves à Québec et Jean-Michel à Bordeaux), ils recrutent leurs membres depuis août 2010 « à grands coups de tordage de bras et autres moyens usuels appartenant à la rhétorique de la persuasion parmi le grand réseau des utilisateurs de Twitter ».

Si vous êtes une twittératrice (i.e dotée d’une belle plume (d’oiseau) et avez une bonne pratique « twittérienne »), n’attendez pas qu’ils viennent vous chercher! Inscrivez-vous en ligne, moyennant un nanotexte bien ficelé et les cent quarante cennes noires requises. L’association compte déjà plusieurs membres à son actif, dont Mélusine, auteure d’un roman découpé en tweets, pondu directement sur Twitter.

Enfin, sachez que la twittérature trouve échos jusqu’au ministère de l’Éducation, qui vient de commander à l’ITC un outil pédagogique inspiré de Twitter. Le principe: faire écrire aux élèves des microtextes à saveur littéraire. Plusieurs expériences menées en classe ont connu un véritable succès… viral.

 

Comme quoi l’univers 2.0 peut faire basculer dans l’imaginaire!

 

À surveiller : le Festival de twittérature à Québec en 2012, dans le cadre de Québec en toutes lettres. On y remettra le premier prix Nobel de twittérature d’une valeur de… 140 dollars!

 

À lire : l’excellent article du journaliste et écrivain français Stéphane Bataillon, Twittérature, la littérature sur Twitter : un état des lieux

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