Elle élève son enfant seule: Chérine Hamam

Chérine Hamam est la maman de Cédric, 12 ans. Elle est célibataire, a 50 ans, est ostéopathe et vit à Montréal.

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Photo: Kelly Jacob

Chérine Hamam
Maman de Cédric, 12 ans, célibataire, 50 ans, ostéopathe, vit à Montréal.

La petite histoire : Des enfants, Chérine en voulait quatre ! Sauf que ses amours ne s’y prêtaient pas. « Je m’étais dit que, si à l’âge de 35 ans je n’en avais pas, je ferais appel à un ami », relate-t-elle. Mais le moment venu, aucun ne se manifeste. Qu’à cela ne tienne ! « J’ai googlé “insémination artificielle”. Tout ce qui est apparu concernait les vaches, plaisante-t-elle. À l’époque, le recours à la technique n’était pas fréquent, encore moins pour les célibataires. » L’adoption ? C’était soit trop cher, soit trop compliqué.

Une amie lui parle d’un médecin spécialisé en procréation assistée. Elle le contacte. « On a discuté longuement. Il voulait s’assurer que je faisais les démarches pour les bonnes raisons et que je savais dans quoi je m’embarquais. » La banque de donneurs de sperme qu’elle consulte détaille le « pedigree » de chacun – taille, poids, couleur des yeux, motivation, maladies héréditaires… mais rien permettant de les identifier. Au cinquième essai, le test de grossesse est positif. Juste à temps pour Noël.

Les anges gardiens : Les premiers temps, sa mère s’installe chez elle. « La nuit, elle se levait pour changer Cédric et préparer son biberon. » Son père, sa tante et ses amies se portent volontaires pour le garder. « J’avais tout pour réussir – la maturité, la stabilité émotionnelle, une bonne situation professionnelle et des gens proches de moi », juge-t-elle. Pour relever le pari de l’éducation, elle s’entoure de figures masculines importantes – son frère, un mentor de l’organisme Grands Frères Grandes Sœurs, des profs extraordinaires…

Les défis : Comme Cédric souffre d’allergies sévères, Chérine doit repenser toute son alimentation. « J’ai dû revoir mes recettes. Heureusement, j’aime cuisiner ! » Il y a deux ans, plusieurs allergies ont disparu. Mais un autre diagnostic est tombé : TDAH. « Ce n’est pas évident d’élever seule un enfant aux prises avec ce trouble, reconnaît-elle. Avec son tempérament bouillonnant, mon fils me demande une énergie considérable. » Étonnamment, Cédric ne pose pas beaucoup de questions sur ses origines. « Dès le départ, j’ai été claire avec lui. Je lui ai expliqué qu’une petite graine s’était mélangée à un œuf dans mon ventre. Plus tard, j’ai précisé qu’un monsieur avait donné ses petites graines au médecin pour me les implanter… Il a compris qu’il avait un géniteur. »

Les fiertés : En regardant son ado aller, la maman se félicite. « J’ai réussi à lui inculquer des valeurs de gentillesse et d’entraide, s’enthousiasme-t-elle. Il en fait beaucoup pour son âge. Il est responsable, se débrouille en cuisine, commence à rester seul. Il est heureux et réussit bien à l’école. »

Les aspirations Douze ans après la naissance de fiston, Chérine n’a toujours pas d’amoureux. Elle commence à se dire qu’il serait temps de penser à elle. « Je fais tout en fonction de Cédric ! Tranquillement, je passe du “nous” au “je”. J’ai recommencé la chorale et je planifie un voyage. En m’occupant plus de moi, je l’incite à prendre son envol. Mais lâcher prise, ce n’est pas facile ! » lance-t-elle, moqueuse.

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