Investir à la Bourse: mode d’emploi

La Bourse, ce n’est pas le territoire exclusif des millionnaires. Avec quelques dollars en poche, on peut investir dans les marchés financiers et faire fructifier ses épargnes, tout en restant dans le confort de son foyer ! Voici comment s’y prendre.

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Le mot « épargne » est sur toutes les lèvres. Gouvernements, planificateurs financiers et banques tentent plus que jamais de nous convaincre de mettre de l’argent de côté en vue de la retraite et pour faire face aux imprévus. Mais une fois qu’on a taillé dans le superflu, que les dettes sont réglées et que le compte bancaire s’est fait des muscles, que faire de ce pécule ? Le laisser mijoter dans un compte d’épargne ? Mauvaise idée : les taux d’-intérêt y sont faméliques et les frais bancaires avaleront le moindre gain. Pour s’enrichir, il ne suffit pas d’accumuler de l’argent, il faut aussi générer un rende-ment qui bat le taux d’inflation. Sinon, sa valeur décroît au fil du temps.

La Bourse, pourquoi pas ?

Le meilleur moyen de faire gonfler ses économies demeure les marchés boursiers, selon les experts de l’investissement.  « Sur une période de 30 ans, les rendements boursiers ont surclassé, dans 90 % des cas, ceux obtenus par les comptes d’épargne et les certificats de placement garanti », dit Richard Guay, professeur de finance à l’École des sciences de la gestion de l’UQÀM. Si le passé est garant de l’avenir, l’investisseur peut espérer réaliser à long terme un rendement de 6 à 7 % sur les marchés boursiers, après les frais de gestion. Résultat : en investissant 250 $ par mois – 3 000 $ par année – pendant 30 ans à un taux de rendement de 6 %, on aura accumulé à terme 252 634 $. Un bon coussin pour les vieux jours !

La Bourse n’est toutefois pas sans risque. Le capital n’est pas garanti et la valeur des actifs fluctue au cours des années. « Quand il y a une tempête sur les marchés, l’important est de ne pas paniquer et de maintenir le cap. Ça ne donne rien de vendre des titres à perte, sauf si certains sont plombés par un contexte négatif », affirme Ian Sénéchal, président de VotreConseiller.net, un cabinet de services financiers. « La recette du succès en investissement, c’est d’être un épargnant discipliné, qui injecte continuellement de l’argent dans ses comptes. L’investisseur qui devient millionnaire en achetant une start-up représente une infime minorité de gens », souligne Richard Guay.

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La philosophie de Maryse Caron, 50 ans, une travailleuse autonome qui investit depuis 25 ans, est de faire comme si son argent placé ne lui appartenait plus. « On doit s’en détacher émotionnellement. Sinon, on stresse à mort chaque fois que les marchés jouent au yoyo », dit-elle. Malgré l’expression « jouer à la Bourse », l’investissement n’est pas un jeu. « Je l’ai appris à la dure dans le passé en mettant tous mes œufs dans la même entreprise, en spéculant à fond. Je suis devenue millionnaire sur papier, avant la chute spectaculaire de l’action. On ne m’y reprendra plus », témoigne-t-elle. Aujourd’hui, son mantra : diversification, diversification, diver-sification, en investissant dans plu-sieurs entreprises solides. Voilà une bonne -stratégie. « C’est la meilleure protec-tion contre la volatilité des marchés, dit Richard Guay. Si une industrie tourne au ralenti, comme le secteur bancaire, mais qu’une autre roule à plein régime, comme le secteur énergétique, l’effet sera quasi nul sur le portefeuille. »

Sur la ligne de départ

Prête à passer à l’action ? Que faire : acheter des actions d’Apple ou de l’épicier Metro ? Woh ! pas si vite ! Avant de se lancer, il faut prêter attention aux frais de gestion, qui peuvent gruger substantiellement les rendements. « Des frais de 1 % sur des placements peuvent paraître insignifiants, mais dans une perspective d’investissement à long terme, leur effet est très néfaste », souligne Julien Brault, fondateur de Hardbacon, une start-up qui a mis au point une application démystifiant l’investissement boursier. À preuve, pour un investissement de 3 000 $ par année pendant 30 ans à un taux de rendement de 6 %, les frais s’élèvent à terme à 39 900 $. À 2 %, c’est 72 253 $. Aïe ! Voilà des milliers de dollars de moins dans ses actifs. Cette question mérite d’être examinée de près. Le site de Hardbacon présente d’ailleurs un tableau comparatif des frais entre les institutions. Un bon début pour faire des recherches.

Placements pour tous

Voici trois options pour tâter de l’investissement à la Bourse.

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