Vie pratique

Placements : 9 vérités sur le CELI

Le compte d’épargne libre d’impôt, mieux connu sous l’acronyme CELI, connaît un succès foudroyant : 59 % des Québécois ont recours à cet abri fiscal, contre 53 % qui optent pour le REER, selon un récent sondage RBC. Qu’est-ce qui le rend si attrayant ? Châtelaine fait le point avec trois spécialistes.

1. C’est un abri fiscal avec un grand A

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), lancé en 2009, est un abri fiscal au même titre que le régime enregistré d’épargne-retraite (REER), créé en 1957. Mais contrairement à celui-ci, il ne donne pas droit à des déductions fiscales : les sommes qui y sont déposées sont imposables, seuls les rendements ne le sont pas. Pour qu’il vaille son pesant d’or, il doit donc impérativement générer des revenus. « Y garder des liquidités ne procure aucun avantage, une erreur que commettent pourtant très fréquemment les épargnants », explique Brigitte Felx, planificatrice financière chez RBC.

2. Un compte qu’on gagne à faire fructifier

Certificats de placement garanti, titres boursiers, fonds communs de placement, fonds négociés en Bourse, tout cela est admissible dans un CELI. Les autorités fiscales imposent toutefois des limites de transactions de titres spéculatifs négociés en Bourse. « Si le détenteur d’un CELI fait de trop nombreuses transactions, le fisc pourrait le soupçonner de faire de la spéculation », prévient Daniel Lanteigne, président fondateur du cabinet en planification financière REVERBER.

3. Un outil équitable pour tous

Les droits de cotisation à un REER dépendent des revenus annuels de l’épargnant. Il en va autrement pour le CELI, dont le droit de cotisation est le même pour tous les Canadiens de 18 ans et plus, qu’ils soient aux études ou à la retraite. En 2019 et 2020, le plafond était de 6000 $. Depuis le lancement du CELI, un épargnant a accumulé des droits de cotisation de 69500 $.

4. C’est une tirelire pour des besoins multiples

Il peut y avoir autant de raisons d’opter pour un CELI qu’il y a d’investisseurs. « La beauté de ce compte enregistré, c’est qu’il s’arrime à plein d’objectifs à court, moyen ou long terme », affirme Christiane Van Bolhuis, conseillère en sécurité financière et représentante en épargne collective pour la Sun Life. Il sert autant à économiser pour l’achat d’une voiture qu’à épargner en vue de ses vieux jours, ou encore pour constituer un fonds de prévoyance. « Le CELI devient également une solution de remplacement intéressante pour les investisseurs qui ont atteint les limites de cotisation aux REER et qui veulent continuer à mettre des sous de côté, tout en jouissant d’un abri fiscal », ajoute-t-elle.

5. Les retraits sont non imposables

À la grande différence du REER, les sommes retirées d’un compte CELI ne s’ajoutent pas aux revenus annuels d’une personne. Le décaissement du CELI n’a donc aucune incidence fiscale, puisque les sommes qu’on y place ont déjà été imposées. « On peut retirer une grosse somme d’un seul coup, sans que le fisc en gruge une partie, et sans répercussion sur les prestations gouvernementales, comme la pension de la Sécurité de la vieillesse », dit la conseillère en sécurité financière Christiane Van Bolhuis.

6. Les cotisations excédentaires sont pénalisées

Lorsqu’on fait un retrait dans un CELI, on récupère ses droits de cotisation équivalents aux sommes décaissées, mais pour l’année suivante seulement. Si on cotise à nouveau la même année et que l’on avait déjà atteint le plafond admissible, on se retrouve avec un trop-plein de cotisations. « Le fisc impose alors une pénalité de 1 % par mois sur l’excédent », dit Christiane Van Bolhuis. La même erreur se répète lorsque des épargnants ferment un CELI dans une institution financière afin de transférer eux-mêmes l’argent du CELI dans une autre institution. La méthode sans pénalité consiste à procéder par transfert direct entre institutions.

7. Le CELI tire avantage de la périodicité

Il n’est pas toujours facile d’épargner, même si on a un plan financier avec des objectifs précis, qui donne un sens à l’argent que l’on met de côté, explique Brigitte Felx, de RBC. L’idéal, selon elle, est de cotiser en tout temps. Et la meilleure façon de muscler son CELI, c’est de recourir à des prélèvements préautorisés, en y injectant une somme fixe de façon périodique. « Il est bien plus facile de verser 25 $ par semaine pendant une année que 1300 $ d’un coup. Pourtant, il s’agit du même effort financier », fait-elle valoir. L’investissement périodique permet en outre de profiter des fluctuations du marché. « Si on achète toujours le même titre, on l’achètera parfois dans le bas de sa courbe, comme à 10 $, parfois en haut de sa course, à 20 $. Au final, on l’obtient ainsi à un coût moyen raisonnable », souligne Daniel Lanteigne, planificateur financier

8.  Les intérêts composés engendrent plus de gains

Plus on investit dans un CELI, plus il devient intéressant grâce à la magie des intérêts composés, soit l’intérêt non seulement sur le capital, mais aussi sur l’intérêt déjà accumulé. Autrement dit, un placement génère des revenus qui, une fois réinvestis, procurent à leur tour un rendement.

9. Un compte qui peut être laissé en héritage

Le compte CELI d’une personne cesse d’exister lorsque celle-ci meurt. L’argent accumulé continuera d’être exonéré d’impôt à une condition : que l’époux ou le conjoint de fait ait été désigné comme « titulaire remplaçant » dans le testament de la personne décédée. Celui-ci jouira des mêmes privilèges que le titulaire, même si son propre CELI est plafonné, et ses retraits seront à l’abri de l’impôt. Si c’est un bénéficiaire – et non un «titulaire remplaçant » – qui a été désigné, celui-ci recevra le tout non enregistré. Le revenu du compte sera donc imposable dès le premier jour suivant le décès. « Au Québec, on peut désigner un titulaire remplaçant seulement par testament notarié, sauf en ce qui concerne certains produits des compagnies d’assurances dans lesquels on peut désigner un titulaire remplaçant », prévient Daniel Lanteigne. D’où l’importance de bien préparer son départ.