Hommage aux mères

Pour la fête des Mères, nous avons invité nos lectrices à partager avec nous les leçons et les valeurs précieuses que leurs mères leur avaient transmises. Voici leurs lettres.

 
Mere-fille
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Merci, maman

« Non, ma mère ne m’a pas appris à repasser, ni à recoudre un bouton ni à tricoter, elle ne m’a jamais inscrite dans une grande école de musique; nous ne sommes pas toujours attirées par les mêmes choses et parfois, voire souvent, nous nous disputons, mais malgré tout, maman m’apprend que l’amour véritable, ça existe. En tout cas, c’est comme ça qu’elle nous aime, mon frère et moi, malgré tous les tracas que les enfants causent généralement à leurs parents. Elle nous fera toujours passer avant tout le reste, même quand elle devrait davantage penser à elle-même.

Elle m’apprend ce qu’est le courage. Ma mère pense qu’on n’a rien sans travail, et réalise ses objectifs par sa détermination. C’est ce même courage qui lui a permis de surmonter son cancer et d’accepter sa surdité.

Elle n’est pas comme tout le monde, et elle m’a naturellement appris à compter sur mon propre petit grain de folie. Elle a beaucoup de qualités, et beaucoup de défauts : elle est parfaite comme ça. Vraiment. Je ne la changerais pour rien au monde. »

– Emeline Raymond

 

Donner aux autres, penser à soi

« Ma mère m’a appris à donner sans s’oublier, que ce soit de son temps, de son amour ou des fleurs de son jardin.

Elle a donné 45 ans de sa vie à mon frère handicapé qui vient tout juste de nous quitter. Elle a su à travers ce beau don de soi, être présente… pour elle-même. Que ce soit pour aller s’évader dans l’histoire d’un film au cinéma, se faire dorloter par un soin du visage ou tout simplement se perdre à la bibliothèque. De minuscules moments pour elle qui m’ont appris comment apprécier les précieux moments de MA vie.

Elle m’a aussi aidée à comprendre qu’il y a toujours des solutions aux petits et gros problèmes qui se présentent. Elle a dû s’évertuer contre l’intolérance ou l’incompréhension des gens et se battre pour mon frère. Mais ces combats lui ont aussi donné l’occasion et les forces pour développer de bien beaux projets avec et pour les gens qu’on dit différents : une balançoire adaptée dans les parcs, des contes pour les personnes déficientes dans les bibliothèques, un magnifique petit jardin d’herbes et d’odeurs à la porte du CHSLD…

Pour que tout cela soit possible, il faut une tête bien ancrée, un caractère solide (ou une tête de cochon, c’est selon) et une grande part d’humanité. Ma mère est tout cela et elle m’a appris à mettre les gens au centre de mon univers et à croire en eux… et en nous. Merci maman ! »

– Marie-Christine Houle

 

Souvenirs de ma mère

« Ce que j’ai appris de ma mère? Le respect. Envers les autres et surtout envers soi-même. Respecter des promesses tenues et être intègre en tout temps.

L’altruisme. Oublier ses besoins au bénéfice des autres sans rien attendre en retour. Elle m’a appris qu’en aidant et en faisant plaisir aux autres, on s’accomplit pleinement et on en retire un bonheur incalculable.

Quand on se compare, on se console. Dans n’importe quelle situation de la vie courante (rupture, maladie, perte d’emploi), il y a toujours quelqu’un dont la situation est pire que la nôtre. Ma mère est décédée d’un cancer à 56 ans alors que j’en avais 25. Dans les derniers jours de sa vie, elle m’a dit qu’elle avait vu des mères d’enfants en bas âge combattre la maladie et qu’elle se comptait chanceuse de mourir alors que ses enfants étaient tous adultes et autonomes. C’est la plus belle leçon de vie qu’elle m’ait apprise. »

– Audrey Gauthier

 

Le bonheur au quotidien

« Ma mère a mis au monde six enfants, dont une fille handicapée. Mon père était voyageur de commerce jusqu’à ce que je naisse, moi la petite dernière, en 1969. C’est alors qu’il a changé de métier pour être un peu plus présent les soirs de semaine et les fins de semaine. À 45 ans, ma mère est retournée sur le marché du travail. Elle ne regrette qu’une chose : elle aurait aimé pouvoir profiter plus longtemps de la présence de son mari. Son bien-aimé est mort d’un cancer à 68 ans.

Elle m’a appris qu’on peut rester joyeux malgré tout si on sait vivre au présent et saisir les occasions de s’amuser dès qu’elles se présentent.

Élever une famille nombreuse avec peu de moyens mais beaucoup d’amour, c’est possible à condition de faire des choix.

Un jour elle m’a dit : “J’ai passé l’âge de m’imposer des choses plates.” C’est bon de faire du ménage dans sa vie… »

– Julie Adam

 

Ma mère, ma boussole!

« Du plus loin que je me souvienne, ma mère a toujours été là pour moi. Elle m’a épaulée, m’a conseillée dans les bons comme dans les mauvais moments. Ma mère sait tout de ma vie, je ne lui cache rien et c’est la personne en qui j’ai le plus confiance!

Dans les dernières années, nous avons vécu des moments difficiles et ma mère m’a prouvé qu’elle était la femme la plus forte de mon entourage!

Elle m’a appris à être courageuse et à ne jamais lâcher prise. Elle m’a également appris à avoir confiance en moi, à toujours rester moi-même et à ne jamais changer pour les autres.

Ma mère est pour moi mon ancre, ma carte, mon GPS (ça fait plus 2015)…bref, ma boussole! »

– Élodie-Jade Slater

 

Ma mère, ma complice

« J’ai une maman extraordinaire qui est polyvalente, brillante, drôle, etc. Elle m’a donné ce qu’il y a de plus important: de l’amour. C’est beaucoup grâce à elle que je suis devenue la femme que je suis. Elle m’a inculqué le respect, elle m’a montré que le ridicule ne tue pas et elle m’a appris comment à mon tour donner le meilleur à mes enfants.

Ma relation avec elle aujourd’hui est extraordinaire! Lorsque nous pouvons nous permettre de sortir entre filles, nous passons des journées à rire comme de vraies folles! C’est à ce moment que nous nous permettons de prendre du temps pour nous faire plaisir.

Je l’aime de tout mon cœur. »

– Jessica Lebrasseur

 

Telle mère, telle fille

« Ah non! Je ne viens pas de faire ça, moi! Eh oui! Machinalement, j’ai déposé un objet sur le meuble au milieu de l’appartement en me disant que je lui faisais faire la moitié du chemin! Crescence, sors de ce corps!

Ma mère est morte depuis plus de 20 ans et chaque jour je m’aperçois que, de plus en plus, je reproduis ses comportements, ceux-là mêmes qui m’agaçaient quand j’étais petite fille! Chantonner, siffler, lire un livre en brassant la soupe, parler toute seule; annoncer les scènes à venir quand j’écoute un téléroman. Chialer parce que les histoires à la télé sont invraisemblables. Et je me prends à rire parce que je me souviens soudain qu’elle disait: “Tu verras quand tu seras vieille et que je ne serai plus là, tu referas tout ça et tu penseras à moi!” »

– Andrée Laprise

 

Une femme courageuse

« Ma mère était “fille-mère”. Elle a dû me confier à ses parents qui habitaient la campagne. Elle venait me voir toutes les fins de semaines. Elle travaillait des heures de fou pour subvenir à mes besoins. Elle m’a appris ce que ça voulait dire, aimer.

Elle m’a enseigné le respect : j’ai toujours vouvoyé les gens plus vieux que moi. Je suis totalement incapable de dire tu.

Ma mère est une passionnée de plantes. Depuis plusieurs années, je fais pousser des fleurs avec mes filles. On fait notre jardin en famille. Que du plaisir avec les enfants ! Semer, regarder pousser, récolter et manger.

Ma mère est vraiment exceptionnelle. Malgré sa situation familiale différente, elle a décidé de me garder. Je ne connais pas mon père et ça ne me manque pas. J’ai reçu beaucoup d’amour ! »

– Sonia Habel

 

L’amour et le pardon

« Ma mère m’a tout d’abord enseigné la spiritualité. Elle a toujours cru en l’amour avec un grand A – même envers nos ennemis. Elle nous a appris le respect de l’autre et de soi et l’importance du pardon.

Elle nous a appris à persévérer dans nos études malgré le fait que son parcours scolaire à elle n’ait pas été très long.

Elle nous a appris à rester nous-mêmes. Aujourd’hui, j’essaie de transmettre à mon tour ces leçons à mes enfants. »

– Gladys Pontat

 

Le rire guérit tout

« Voici ce que ma mère m’a légué et que je lègue à mon tour à mes deux enfants:

Ne jamais baisser les bras: Ma mère n’a pas eu une vie facile. Elle a dû s’armer de courage pour passer à travers les épreuves de sa jeunesse. Elle s’est retrouvée mère célibataire au début des années 1960, et a réussi à élever ses enfants et à survivre au décès de son fils de 19 ans. Elle nous a démontré que la vie vaut la peine qu’on y mette des efforts et qu’on continue de croire au bonheur.

Le rire guérit tout: Ma mère est toujours souriante, ricaneuse, elle fait des farces et rit avec les gens qui l’entourent. Elle dit toujours que le rire éloigne la maladie. Se lever de bonne humeur et se coucher ainsi est la recette du bonheur.

Connaître ses forces: Malgré le fait d’avoir arrêté l’école très jeune et de ne pas avoir appris à écrire, ma mère a su reconnaître ses forces et les développer afin de se réaliser au travail. Toutes ses qualités (et le fait d’être très travaillante) l’ont amenée à être une excellente commis de service à la clientèle.

Voilà donc le portrait d’une femme de 76 ans, veuve, qui joue aux quilles trois fois par semaine, qui voyage, qui a des amis et qui est toujours présente pour le reste de la famille. »

– Céline Gagnon

 

La persévérance

« Ma mère a dû élever seule ses huit filles. Elle tenait à ce que nous allions au bout de nos rêves ! Elle nous a appris à apprécier ce que la vie nous donne. Je lui lève mon chapeau d’avoir eu le courage de s’occuper si bien de nous. »

– Monique Valiquette

 

Sans regrets

« Ne jamais se plaindre : ma mère a une maladie génétique rare, dégénérative ; elle perd progressivement l’usage de ses membres. Tout au long de sa vie elle a souffert physiquement. Je ne l’ai jamais entendue se plaindre.

Profiter de la vie, de ma vie, ne pas se laisser aller et éviter les regrets; une vie, ça passe vite.

Ne jamais faire confiance, à personne: ça évite les déceptions. »

– Claire Aubert

 

L’importance de persévérer

« J’ai 15 ans, et j’ai une relation incroyable avec ma mère. Elle et moi avons vécu plusieurs épreuves ensemble. Dans la vie, elle m’a appris qu’il ne faut jamais lâcher. Et elle me l’a bien prouvé. Après des ennuis de santé et une dépression, ma mère s’est reprise en main et a décidé de montrer qu’elle était capable de continuer malgré l’adversité.

Elle m’a aussi appris que, peu importe ce que l’on fait, il faut qu’on soit passionné. Les autres n’ont pas à choisir à notre place.

Elle m’a aussi prouvé que la famille est essentielle. Parfois, il faut se recentrer sur ce qui est vraiment important pour ne pas sombrer. »

– Maude-Félixe

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