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Contre vents et marées

J’étais assise sur ma roche aux chutes Wilson quand mon iPod a lancé Mad Rush de Philip Glass. Ce morceau composé en l’honneur de la première visite du dalaï lama en Amérique, m’a replongé dans un moment qui remonte à plus de deux ans.

Souvenir d’un après-midi sur le pont supérieur d’un bateau traversant la méditerranée. Philip Glass en boucle infinie, tempête de piano dans ma tête, grand calme à l’horizon. Je croyais que la méditerranée était aussi congestionnée que la métropolitaine à l’heure de pointe. Je me trompais : nous avons navigué des heures sans croiser âme qui vive. Depuis ce moment, j’ai envie de traverser l’Atlantique et le Pacifique lentement, très lentement.

J’avais cette image romantique des bateaux de croisière des années 20, grandes robes, piano bar, cigares et porte cigarettes. Il reste quelques brides de cette tradition glamour et paillettes lors de la soirée du capitaine. La prochaine fois, je mettrai dans ma valise : une robe rouge, le rouge à lèvres de la même couleur, des escarpins qui tuent et un fer à friser pour me faire des vagues à la Rita Hayworth. Au milieu de la mer, je peux enfin me permettre de jouer la star des années 40, sans choquer personne.

Notre bateau partait de Barcelone pour nous mener à Rome en passant par Cannes et Florence. Parcours de rêve pour deux magasineuses gourmandes. Tous les chemins mènent à Rome, même si vous avez déjà dépensé votre budget de magasinage à Barcelone!

La nuit de notre départ, le bruit des vagues sur la coque nous a réveillé vers une heure du matin. Notre énorme navire tanguait tellement qu’on a eu envie de sortir sur le pont pour admirer le spectacle. Évidemment, toutes les sorties étaient bloquées par mesure de sécurité. Par bonheur, un gentil barman s’est laissé convaincre par mes supplications enfantines et l’air déterminé de mon amie. Il s’est probablement dit qu’il valait mieux sortir cinq minutes sur le pont que d’endurer deux filles têtues à son bar toute la nuit.

Le spectacle était à couper le souffle, comme si Zeus et tous les dieux de déchaînaient contre notre navire. C’est le passage où les notes se déchaînent et le piano semble incontrôlable dans Mad Rush. Nous étions là où l’humain n’a pas sa place. Le barman nous a expliqué que toute cette agitation résultait de la rencontre des vents tramontane et mistral dans le Golfe du Lion.

Le lendemain matin, Neptune dormait quand nous avons accosté à Cannes. À mes yeux, les villes côtières de la méditerranée sont toutes bénies des dieux. J’aime m’amuser à retrouver mon chemin dans un lieu que je n’ai pas revu depuis dix ans. J’ai posé des balises invisibles dans les vieux pays.

Voici donc Mad Rush pour le dalaï lama et tous ceux qui luttent contre vents et marées. Une interprétation de Branka Parlic.

http://www.youtube.com/watch?v=Jx7EEQQNfDU&version=3&hl=fr_FR

Vous pouvez aussi écouter la deuxième partie. Désolée de la coupure, c’était la seule version complète en ligne!


Copie du David de Michel-Ange – Florence


Détail d'un banc du Parc Guel – Antonio Gaudi – Barcelone


Détail – Florence


Neptune – Florence



Arrière-pays de Cannes