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L’adoption, parlons-en encore

Adoptée à la naissance, je songe à adopter à mon tour, mais je suis parfois surprise des réactions de mon entourage.

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Adoptée à la naissance, j’ai déjà raconté ma rencontre avec mes parents biologiques sur ce blogue. Depuis quelques mois, je songe à démarrer les démarches d’adoption et je suis parfois surprise des réactions de mon entourage.

D’abord, parce que je suis encore en âge d’avoir des enfants naturellement, on me demande spontanément pourquoi je ne me ferais pas inséminer, d’autant plus que cette solution est maintenant couverte par notre régime de santé. Croyez-moi, je suis absolument enchantée que notre gouvernement aide les Québécois à se reproduire, mais ce n’est pas pour moi, pas toute seule. Je ne vais pas non plus « m’organiser » pour tomber enceinte par accident, mais merci de le suggérer.  

Lors d’un souper chez une amie, alors qu’il parlait d’une femme célibataire qui venait d’adopter un petit haïtien, un des convives a lancé : « Je ne comprends pas quel est son problème, c’est pourtant une belle fille. »

Je n’ai rien dit, j’étais blessée. C’est un peu le quotidien des mi trentenaires, « pas trop moches » de devoir justifier pourquoi on n’a pas suivi le cursus honorifique. Et puis, j’ai entendu tellement d’histoires de séparation douloureuse et d’exs insupportables pour réaliser que je suis choyée malgré tout. 

Aujourd’hui, je lui répondrais que le problème de cette fille, c’est un gros surplus d’amour qui ne se refoule plus. Et son courage aussi, parce qu’elle s’est sûrement fait dire des dizaines de fois : « T’as pas peur d’avoir un enfant dont tu ne connais pas les antécédents? » Mais elle a foncé toute seule, envers et contre tous.

Dans le film Biutiful, il y a cette phrase qui m’a frappéeQuand Uxbal confie sa peur de laisser ses enfants alors qu’il est mourant, une « voyante » lui répond : « Tu sais bien que les enfants ne sont pas à toi, ils appartiennent au monde. »

La responsabilité globale des enfants existe-t-elle dans un monde où un enfant meurt de faim à chaque six secondes? Je n’ai rien à voir avec mère Teresa non plus, on adopte un enfant comme on en crée un, pour l’aimer.

Ce soir, le Canal vie diffuse une émission sur l’adoption vécue par France Beaudoin, Pascale Montpetit, Nathalie Lambert et Isabelle Racicot.

Et si vous aimez les belles histoires d’amour maternel, je vous recommande le film Destin de femmes. Annette Bening est bouleversante dans le rôle d’une femme qui a donné une fille en adoption lorsqu’elle avait 14 ans. Naomi Watts y joue la fille adoptée, prisonnière de sa solitude et de sa peur de l’engagement. Un personnage que je connais trop bien. 

Note : Suite à ce billet, une lectrice m’a mentionné de ne pas oublier l’adoption locale en banque mixte au Québec. Très juste, plusieurs enfants d’ici cherchent des parents et les célibataires peuvent adopter au Québec. 

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