Couple et sexualité

France Castel et Kim Lizotte jasent couple!

Deux femmes libres discutent de la vie à deux.

L’une était une vedette bien avant que l’autre vienne au monde. Mais elles se sont entendues comme deux sœurs !

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France  Ma p’tite fille, tu ne croiras pas ça : je suis en couple depuis 13 ans. Avant, pour moi, un couple c’était deux ans de passion. L’intimité profonde, je ne connaissais pas. J’avais besoin d’un taux vibratoire fort. Aussitôt qu’il n’y en avait plus… Maintenant, je vis une relation qui est plus du type amour profond, respect.

Kim  Moi, j’ai grandi entourée de couples, j’ai toujours été en couple. Puis, boum, je me suis retrouvée célibataire à 29 ans. Je n’avais jamais été toute seule. Je pensais revenir en couple très vite, que c’était mon pattern, puis, finalement, j’aime beaucoup ne pas avoir de comptes à rendre.

F.  « Mieux vaut être seule que mal accompagnée. »

K.  Dans la vingtaine, je préférais être mal accompagnée. Maintenant, j’ai une liste de critères épouvantable ! Et puis, j’apprécie ma liberté. Je ne me vois pas dire à mon chum que je m’en vais prendre un verre avec Gilbert, Roger, Simon, comme je le fais beaucoup en ce moment… Parce que je suis célibataire, les hommes sont plus libres avec moi, ils me parlent beaucoup plus. Les femmes sont plus craintives, elles me voient comme une menace.

F.  Même si je suis en couple, le monde me voit seule, parce que j’ai un comportement de fille seule. Je ne sacrifie plus rien de ce que je suis. J’ai un engagement, un respect et une grande fidélité envers l’autre. Mais pour le reste, je vis totalement. Ma liberté, je l’ai gagnée.

K.  J’ai été en relation avec un autre humoriste. Je détestais être la blonde de… Je ne m’afficherai plus avec un homme. Parce que j’aime beaucoup être Kim Lizotte, la fille libre, bizarre et extravertie. Qu’on m’aime ou me déteste pour ce que je suis. J’apprécie l’indépendance qui s’ensuit. À un moment donné, je m’étais dit que je pourrais avoir plein d’amants.

F.  J’ai eu ça, moi. J’ai adoré.

K.  Ça m’a plu pendant six mois.

F.  Moi, un bon deux ans ! Entre 35 et 45 ans, tu sais ce que tu fais avec ta carrière, avec ta vie, tu es encore en beauté, tu as une bonne libido. Il faut en profiter !

K.  Moi, ça ne marche pas… J’ai le goût de me projeter avec quelqu’un. Je ne suis pas capable d’atteindre ça avec des amants.

F.  Dans une relation d’intimité, c’est sûr qu’on évolue davantage… Il y a un échange plus vrai. Et c’est clair qu’on fait mieux l’amour.

K.  Oui. Mon Dieu, je peux pas croire que je dis ça, mais je vais le dire quand même : c’est fou à quel point le sexe est meilleur quand on est en couple. Même si on a 15 amants, ça reste une sexualité sans âme.

F.  Je fais aussi une grande différence entre « être en couple » et « avoir un chum, un steady ». Couple veut dire engagement. Tu peux avoir un chum avec qui tu ne partages pas nécessairement plein de choses…

K.  Oui, c’est la grosse mode, ça. Tu vois quelqu’un mais tu te perçois comme seule. Ça me rend malheureuse. Parce que ça manque de passion. Tu ne rencontres pas les parents. C’est plate. Je veux des « Je t’aime », je veux de l’amour !

F.  Sinon, on parle de fuck friends. Ça peut être intéressant pendant un certain temps.

K.  Beaucoup de gens de ma génération ont été blessés, ils ont peur de s’engager. Mes amis sont très carrière, très individualistes, ils ne veulent pas faire de compromis. Moi, je suis profondément une fille de couple. J’aime la stabilité émotive que ça apporte.

F.  On n’aurait peut-être pas la même discussion dans cinq ans.

K.  C’est vrai. Il y a deux ans, j’aurais dit que le couple comblait mes désirs. L’an dernier, j’aurais vanté la liberté d’être seule. Et cette année, j’ai besoin de quelqu’un avec qui je peux m’imaginer dans l’avenir.

F.  Moi, chaque fois, je pensais que c’était pour la vie. Cette fois aussi. Mais je me garde toujours une liberté. Chaque année, je dis « Regarde, est-ce qu’on signe une fois encore ? »

K.  À cause d’une relation qui s’est interrompue au moment où je m’y attendais le moins, je ne tiendrai plus jamais rien pour acquis. C’est le secret de mes parents, qui sont ensemble depuis 30 ans; ils ne se sont jamais dit que c’était pour la vie. Et puis, je ne veux pas de quelqu’un qui ne peut vivre sans moi.

F.  Il y a eu des périodes où ça me plaisait d’être essentielle ! Mais je veux quand même être avec quelqu’un d’autonome et de fier.

K.  Je ne vois pas de raison d’être en couple si je n’ai pas un attachement profond à une personne que j’admire, que je respecte, qui m’aime en retour et qui a le goût de partager des moments importants avec moi. Tout ça donne un sens à la vie, en fait.

F.  Être en couple, c’est beaucoup de ­travail, beaucoup de conciliation. Par exemple, idéalement, je n’habiterais pas avec mon chum. Je connais mes travers, il connaît les siens, parfois je voudrais qu’on se voie seulement quand c’est le meilleur des deux mondes. Le couple, c’est à partir du moment où tu te connais et que tu t’­acceptes. Où tu n’es pas dans l’illusion que l’autre est la solution à ta vie.

K.  Il faut être en harmonie avec soi-même, savoir qui on est, ce qu’on veut, ce qu’on est prête à donner pour que ça marche.

F.  On parle du couple, là, mais c’est d’amour qu’on parle… apprendre à aimer, à être libre, à revenir sur nos idées. Un couple, c’est une aventure incroyable, avec soi-même d’abord.

À lire : tous les articles du dossier spécial Histoires de couples.