Être de son temps

Le monde a changé

Le dernier film République d'Hugo Latulippe fait déjà des vagues. Le germe d'une révolution est en marche?

Si j’étais prof de science po ou d’économie, je débuterais ma session avec le dernier documentaire d’Hugo Latulippe. J’ai eu beau visionner « République » deux fois, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde de ses 90 minutes.

« Affligé par la collusion entre ses élites politiques et les milieux d’affaires comme par une succession de gouvernements pauvres en idées, le Québec connaît une époque de grisaille politique invraisemblable», peut-on lire dans la présentation du film.

Latulippe a réuni 53 sentinelles de la démocratie, des intellectuels, des gueules, des leaders d’opinion, des Québécois fiers de leur pays et désireux d’être à l’avant-garde plutôt qu’à la remorque. Leurs propositions sont à la fois modernes et percutantes. Plutôt lucides et solidaires.

Ces gens inspirants, pour certains plus connus de la population, pour d’autres, tout droit sortis de leur salle de cours afin de partager le fruit de leur « cheminement », m’ont donné le goût de faire la révolution. Ni plus, ni moins.

J’ai jasé une heure avec le cinéaste, du fond de la petite bourgade suisse où il vit depuis un an. Laure Waridel, sa compagne, y complète un doctorat sur le modèle économique post-capitaliste, un modèle qui existe déjà en Scandinavie. Hugo, quant à lui, observe le Québec de plus loin mais n’en pense pas moins.

Parlant post-capitalisme, vous lirez ce matin, le texte de mon collègue Alexandre Shields sur Latulippe et son film. Pour ceux qui veulent être aux premières loges, le film sera présenté au Festival du Nouveau Cinéma samedi et lundi prochain.  Sinon, la première officielle aura lieu à l’occasion de la journée « Agir pour l’avenir du Québec », le 24 octobre prochain à la Société des arts technologiques à Montréal.

Le colloque, en après-midi, porte sur une social-démocratie renouvelée. Le film République sera présenté en soirée en compagnie des 53 sentinelles et de nombreuses personnalités publiques. J’y serai. Et croyez-moi, je ne m’ennuierai pas une seule seconde, même si je revois ce film une troisième fois.

Ce qui m’intéresse le plus lorsque je pense à l’avenir? Le mot « agir ». Et les organisateurs de cette journée ont bien l’intention que toutes ces belles paroles ne restent pas que du vent.