Générale

Dire vrai pour ne pas sonner faux

En lisant le bon docteur Winckler, je me disais que le parler vrai n’est effectivement pas la tasse de thé de tous les médecins. Il en faut du temps pour nuancer, dire la vérité, avouer un « je ne sais pas ». J’adore quand ma médecin me dit « je ne sais pas ». Pas plus tard que cette semaine encore. Je lui baiserais les mains. Ça me rassure totalement. Il n’y a pas de cursus « normal », pas de parcours établi, que des statistiques, des trous noirs et la possibilité d’un miracle, ce que le jargon médical désigne par « rémission spontanée » dans le cas du cancer. Comprenne qui pourra et la science s’étonne encore. Les médecins ne sont pas des dieux et Winckler fait beaucoup pour humaniser la secte.

Mon père médecin disait toujours qu’on ne pouvait prévoir la mort d’un patient. Il n’y a pas de date de péremption, que des chiffres très relatifs. Il disait aussi que c’est l’espoir qui garde un patient en vie. Et face aux critiques soulevées par l’attitude combative et « irresponsable » de Jack Layton (oui, oui, certains le pensent ; il aurait peut-être dû renoncer à cette campagne électorale plutôt que de laisser une scène fédérale sans opposition qui se tienne), je me dis qu’on ne peut pas empêcher un coeur d’espérer. Sans pouvoir prédire la vague orange, Layton espérait autant pour son parti que pour lui-même.

C’est aussi parfois l’espoir qui tue. Mais c’est une autre histoire. Les déceptions nous attendent souvent dans le détour.

C’est véritablement une lettre pleine d’espoirs qu’a laissée Jack Layton aux Canadiens, aux Québécois et surtout, aux cancéreux. À l’heure où les candidats se bousculent déjà au portillon pour prendre la relève, je me dis qu’il y a des leçons à ne pas enterrer trop rapidement.