Générale

Si c'est mardi, c'est Trauma

Je me suis accroché les pieds dans Trauma à mon corps défendant. Curieuse de voir ce qu’on reprochait tant à cette télésérie, j’ai fini par mordre à l’hameçon de Fabienne Larouche. Eh oui! Ma dernière incursion dans le domaine de la télésérie médicale datait du Dr Welby, c’est dire!

Faut dire aussi que de la télésérie, j’en ai mangé longtemps à la maison, à tous les soupers avec mon père qui nous racontait sa journée au bout de la table. Il adorait l’urgence et les soins intensifs, souvent de garde à titre de pneumologue, a fait installer une chambre hyperbarique dans « son » hôpital pour « plonger » avec ses patients, carburait à l’action et au trauma. En regardant Trauma, j’ai l’impression de mieux saisir son travail d’une vie.

En le lisant ce matin, j’ai compris que la réalité et la fiction, c’est blanc bonnet, bonnet blanc (bleu dans le cas qui nous occupe). Qu’un médecin – et ça prenait Winckler pour le dire- avoue qu’il a tout appris dans ER ou Dr House, c’est presque rassurant. Oui, l’éthique, le droit, la science, la morale, la compassion, font partie de la médecine qui reste un art pratiqué par des humains. Et c’est ce que Fabienne Larouche démontre dans la tension et l’émotion même si on ne s’attache pas toujours à ses personnages pour l’instant.

Je reviendrai une autre fois sur les médecins que j’ai croisés cette année, parfois médiocres, parfois géniaux, comme dans tous les autres domaines. Comme disait mon papa: « Je ne sais pas pondre l’oeuf, mais je sais quand il est pourri ».

Ce soir, je regarderai Gilbert Sicotte (le portrait de mon père mais déguisé en psychiatre) avec un réel plaisir, je retrouverai le jargon médical qui m’est si familier, cette façon de se prendre pour Dieu et de se noyer dans l’humanité. La magie de la télé, c’est aussi de nous faire rêver notre vie. En mieux.