Générale

Feindre l'orgasme intelligemment

En fin de semaine, un scénariste m’a touillée comme une laitue au sujet de l’intelligence, sujet qui sera le personnage principal d’une série télé, si j’ai bien compris. De la télé intelligente, si vous voyez. J’ai rougi comme une pivoine chaque fois que monsieur le scénariste me disait: « Est-ce que ça te pose un problème d’être intelligente?« . D’abord il présumait que je l’étais, c’est assez pour rougir; et puis ensuite, ça me pose un problème, sinon deux. Ça ne fait pas si longtemps qu’on accorde aux femmes le droit d’être intelligentes, à peu près comme le droit de vote. Mais contrairement au droit de vote, on leur fait payer cher. Nous en avons parlé durant deux heures. Les tenants et les aboutissants de l’intelligence. Le dumbing down (ou l’abêtissement volontaire) qui, comme l’orgasme feint, m’échappe totalement. Feindre l’extase, mais pourquoi donc? Les mecs (pas les miens), m’ont toujours dit qu’ils s’en rendaient compte.

Je suis loin d’être une spécialiste (en orgasme et en intelligence), aussi j’ai référé le scénariste à mon oncle, chercheur spécialisé en douance qui ne doit jamais feindre l’orgasme, j’en suis à peu près certaine. À quoi reconnaît-on quelqu’un d’intelligent? À sa capacité de faire des liens, de « voir », à une étincelle dans le regard ou un sens de la répartie aiguisé, à une sensibilité paranormale qui rend l’homme semblable à la larme.

Le scénariste m’a demandé de lui nommer des artistes que je trouvais intelligents. Je ne suis jamais bonne à ce jeu. Le nom de Gregory Charles m’est venu. Celui de Marc Labrèche aurait pu tout aussi bien émerger. Ses 3600 secondes d’extase m’ont séduite (et même plus mais la décence m’empêche d’aller plus loin) même si, parfois, il peut feindre l’orgasme. Marc Labrèche le fait avec style. Et le style, ça ajoute à l’intelligence. Ça lui permet de passer la rampe et de se frayer un chemin dans les salons de la populace en pré-coma hivernal. Être capable de dire: « Avec des sourcils comme ça, t’as pas besoin d’organes génitaux« , sans rire, et en se faisant swingner le sourcil dans un cha-cha évocateur, faut être diablement intelligent. Et l’intelligence mène à l’extase, c’est bien connu. Nous servir du Jean-Luc Mongrain meilleur que l’original, c’est un appel au second degré, à l’humour, sans lequel l’intelligence ne peut survivre. Bon, on a retrouvé « La fin du monde est à 7 heures » avec ses collabos (mon cousin Blanchet) et l’inénarrable Paul Houde. Je veux bien feindre l’orgasme pendant 3000 secondes s’ils me promettent un 600 secondes d’extase.