Générale

L'art voyage

Tandis que la ministre Josée Verner s’explique à Marc Cassivi sur le sabrage en règle dans les programmes culturels à l’étranger, nous avons la chance, à Montréal, de recevoir la visite d’artistes de renoms ou issus de la marge. Je vous conseille vivement, impérativement que dis-je, d’aller voir « Prenez soin de vous » de la photographe/vidéaste française Sophie Calle sur le thème de la rupture amoureuse, thème que j’approfondis aujourd’hui ici.

Évidemment, cette expo ne peut voyager qu’en français et nous avons la chance de pouvoir l’accueillir et d’en profiter GRATUITEMENT. J’ai une amie photographe qui se disait très étonnée que nous ayons une expo de ce calibre à Montréal. Sophie Calle est une artiste qui a fait sa marque en mixant savamment l’auto-fiction à son art, ce que je pratique régulièrement à titre de chroniqueuse depuis une quinzaine d’années tout en protégeant mon entourage. Pourquoi s’inspirer de sa propre vie? Je répondrai pour moi. Cela permet d’être à la fois très pertinente et impertinente, de créer du « senti ». Vous jugerez du résultat en ce qui concerne Sophie Calle.

Pour vous intriguer, voici une copie du courriel de rupture, envoyé par l’amant, analysé sous toutes ses coutures (et 107 fois plutôt qu’une) dans l’expo « Prenez soin de vous »:

Septembre 2007-09-03

Sophie, Cela fait un moment que je veux vous écrire et répondre à votre dernier mail. En même temps, il me semblait préférable de vous parler et de dire ce que j’ai à vous dire de vive voix. Mais du moins cela sera-t-il écrit. Comme vous l’avez vu, j’allais mal tous ces derniers temps. Comme si je ne me retrouvais plus dans ma propre existence. Une sorte d’angoisse terrible, contre la quelle je ne peux pas grand-chose, sinon aller de l’avant pour tenter de la prendre de vitesse, comme j’ai toujours fait. Lorsque nous nous sommes rencontrés, vous aviez posé une condition : ne pas devenir « la quatrième ». J’ai tenu cet engagement : cela fait des mois que j’ai cessé de voir les « autres », ne trouvant évidemment aucun moyen de les voir sans faire de vous l’une d’elles. Je croyais que cela suffirait, je croyais que vous aimer et que votre amour suffiraient pour que l’angoisse qui me pousse toujours à aller voir ailleurs et m’empêche à jamais d’être tranquille et sans doute simplement heureux et « généreux » se calmerait à votre contact et dans la certitude que l’amour que vous me portez était le plus bénéfique pour moi, le plus bénéfique que j’ai jamais connu, vous le savez. J’ai cru que l’I… serait un remède, mon « in tranquillité » s’y dissolvant pour vous retrouver. Mais non. C’est même devenu encore pire, je ne peux même pas vous dire dans quel état je me sens en moi-même. Alors, cette semaine, j’ai commencé à rappeler les « autres ». Et je sais ce que cela veut dire pour moi et dans quel cycle cela va m’entraîner. Je ne vous ai jamais menti et ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Il y avait une autre règle que vous aviez posée au début de notre histoire : le jour où nous cesserions d’être amants, me voir ne serait plus envisageable pour vous. Vous savez comme cette contrainte ne peut que me paraître désastreuse, injuste (alors que vous voyez toujours B., R.,…) et compréhensible (évidemment…) ; ainsi je ne pourrais jamais devenir votre ami. Mais aujourd’hui, vous pouvez mesurer l’importance de ma décision au fait que je sois prêt à me plier à votre volonté, alors que ne plus vous voir ni vous parler si saisir votre regard sur les choses et les êtres et votre douceur sur moi me manqueront infiniment. Quoi qu’il arrive, sachez que je ne cesserai de vous aimer de cette manière qui fut la mienne dès que je vous ai connue et qui se prolongera en moi et, je le sais, ne mourra pas. Mais aujourd’hui, ce serait la pire des mascarades que de maintenir une situation que vous savez aussi bien que moi devenue irrémédiable au regard même de cet amour que je vous porte et de celui que vous me portez et qui m’oblige encore à cette franchise envers vous, comme dernier gage de ce qui fut entre nous et restera unique. J’aurais aimé que les choses tournent autrement. Prenez soin de vous. G.

Puisque les femmes sont plus auditives que visuelles (encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots), je m’en voudrais de passer sous silence le passage d’Alcaz, groupe marseillais qui a fait les Francos cet été et plusieurs autres apparitions dans notre belle province. Jean-Yves et Vyvian carburent à l’amour, à l’amitié et à la passion pour la chanson française. Un couple sur scène et dans la vie, leur spectacle s’inspire de cette connivence entre eux. Il repartent la semaine prochaine mais poussent la chansonnette une dernière fois DIMANCHE LE 17 AOÛT, au MAÎTRE CHANTEUR, 3425 St-Denis, à 21 hres. J’y serai. Et vous?