Générale

Tequila mi amorsita

J’ai quitté ce jour-là. Innocente, bénie, insouciante et vernie. J’allais me guérir du poids du monde au pays des margaritas. J’allais fuir la technologie, réfléchir à la mort des médias et du journalisme, revoir mon avenir sur un mode hémisphère droit et me faire toute petite loin des narcotrafiquants. Réapprivoiser mon espagnol approximatif, par la même occasion: una margarita por favor, con hielo y limon, gracias, denada, une c’est pas assez, deux c’est trop.

Dans ce bled, San Miguel de Allende, on fait tout, absolument tout, avec une margarita à la main. Faut dire que la moitié de la ville est à la retraite et paye l’autre moitié pour travailler à sa place. On devrait essayer ça comme nouveau modèle économique. Ça éliminerait le chômage et on taxerait l’alcool un maximum pour retrouver les 40 milliards perdus par la Caisse de dépôt. Je sais, vous m’attendiez pour les solutions.

Les solutionnes, justement. Ils savent y faire dans ce pays, le limonne, sûremonne. Ils en utilisent encore du vrai. Sauf devant la Parroquia, des voleurs, et ils remplacent le citron vert par du sirop commercial. Beurk.


On soigne tout avec une margarita. Même un traitement de canal d’urgence, me disais-je.


Pas de veine, aucun alcool pour trois jours. Vous développez une dent contre le Mexique.


Mais au bout du tunnel, brille la (les?) récompense (s).


Comme on a perdu l’habitude de boire, faut réapprendre à marcher, forcément. Cours d’eutonie. Dos droit, omoplates molles.


Et une entrevue avec un expat qui cultive le déséquilibre comme d’autres les jacarandas, ex-patineur, toujours peintre, l’inénarrable et inimitable Toller Cranston. Une vraie rencontre, un germe d’amitié entre deux Béliers.


Il a peut-être décoré son intérieur avec l’aide du dieu Tequila… (cliquez pour le détail).


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Et puis au diable la retenue, dos margaritas pour le prix d’une (inutile de cliquer).


Conspiration givrée de sel. Deux, c’est parfait si on accepte de vivre un peu dans le flou.