Club de lecture

Christiane Charette : ma vie en 5 livres

En grande forme après une année sabbatique savourée loin des caméras et des micros, l’animatrice-productrice prépare son retour. En attendant, cette lectrice compulsive s’est arraché les cheveux pour choisir le quintette que voici.


 

La série des Sylvie(années 1950)
Ma jeune sœur tripait sur les Martine. Moi, si j’aime viscéralement lire, si mon goût de la lecture est si fort, c’est à cause des Sylvie. Une série écrite par l’auteur belge René Philippe, lancée avec Sylvie, hôtesse de l’air en 1955. Après les livres d’images, c’était le premier roman que les petites filles abordaient. Je disais à mes parents que j’allais me coucher et je lisais en cachette dans mon lit grâce à la lumière qui filtrait de la salle de bains. J’ai fréquenté Tintin, la comtesse de Ségur, mais Sylvie occupe une place à part.

 


 

Dialogues en ruine (1996)
Pour moi, cet ouvrage est un absolu. Écrit par un philosophe et ami, Laurent-Michel Vacher, sur un ami très proche qui a été mon amoureux, Jean Papineau, et publié par un ami, Giovanni Calabrese, directeur des Éditions Liber. Laurent-Michel était notre prof de philo, à Jean et à moi. Jean est devenu son ami et, quand il est mort en 1995, à 45 ans, Vacher, maintenant décédé lui aussi, a voulu qu’il reste une trace de cet homme d’une formidable intelligence. Ces dialogues, c’est la présence vivante d’un être que j’ai aimé.

 


 

L’allure de Chanel(2009)
J’ai sûrement lu tous les livres sur elle, et voici le meilleur. Paul Morand, l’auteur, était son ami. Chanel a été pour moi un mentor. Je lui dois d’avoir su comment me présenter devant une caméra avec les limites imposées par ma timidité et mon rapport problématique au vêtement. Elle serait probablement horrifiée de ce que j’ai fait avec sa philosophie de la mode, que j’applique à la lettre. Je respecte ses règles?: pas d’élégance sans con­fort et on crée sa mode comme Robinson Crusoé construisait sa cabane?: à partir de ce qu’on a.


 

Yi king(1994)
Je collectionne les livres d’interprétation du yi king. Texte de philosophie chinoise écrit il y a 3 500 ans – accessible grâce à Richard Wilhelm, qui en a fait une traduction définitive –, le yi king est aussi un art divinatoire. On peut lui poser des questions, je le fais. Lire cet ou­vrage calme mon impulsivité. Le yi king est venu à mon secours à plusieurs moments. Il m’aide à penser. De nombreux sages l’ont étudié. Dans le Web, il est très pollué. Il faut aller à la source, c’est-à-dire Yi king – Le livre des transformations. Toute la sagesse y est.

 


 

Les pays lointains (1987)
Été 1996, j’avais le temps de lire. Tant mieux parce que ce roman fait 1 000 pages. J’avais adoré Adrienne Mesurat, également de Julien Green. J’ai lu Les pays lointains et le reste de la trilogie Dixie sur ma terrasse sous les vignes, où il faisait chaud et humide. Ça se passe au 19e siècle, dans une plantation sudiste, à Savannah, en Géorgie, où c’est chaud et humide et où débarque une jeune fille, Elizabeth, qui a dû quitter l’Angleterre. Pour la première fois de ma vie, je suis entrée en os­mose avec un livre, presque en transe.

 

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