Cancer du sein : ce qu’il faut savoir

Une femme sur neuf risque de développer un cancer du sein, et une sur 28 risque d’en mourir. À l’approche du mois de la sensibilisation au cancer du sein, la Société canadienne du cancer rappelle aux femmes d’être vigilantes afin de prévenir le développement de cette maladie.

 

Le cancer du sein est le type de cancer le plus souvent diagnostiqué chez les femmes et après le cancer du poumon, il s’agit de la deuxième cause de décès par cancer. En 2009, on estime d’ailleurs à 5 900 le nombre de Québécoises qui recevront un diagnostic de cancer du sein (22 700 Canadiennes) et à 1 350 le nombre de celles qui en mourront (5 400 à l’échelle du pays).

Un peu d’espoir à l’horizon : les taux de mortalité par cancer du sein sont en baisse et ce, dans tous les groupes d’âge. Malgré tout, la bataille est loin d’être terminée et, pour mieux lutter contre cette maladie, il faut demeurer alerte et apprendre à la connaître afin de la dépister le plus tôt possible.

Guide des maladies du sein
Une bosse, des douleurs, des écoulements… Même s’il s’agit d’une possibilité, le cancer n’est pas nécessairement à l’origine des symptômes que vous ressentez.

MALADIE FIBROKYSTIQUE
Elle se manifeste par une masse, soit un ou plusieurs kystes formés d’une poche remplie de liquide, de consistance et de taille variables. Mobile, lisse et discret, le kyste est sensible et ferme à la palpation. Il peut apparaître soudainement et augmenter de volume en un court laps de temps. Mais il peut aussi bien disparaître spontanément, notamment après les menstruations. La femme peut aussi observer un écoulement.

FIBRO-ADÉNOME
Il s’agit d’une lésion bénigne courante du sein, qui forme un nodule rond ou lobulé, unique ou multiple, indolore, mobile, et mesurant de un à cinq centimètres de diamètre. Le fibroadénome touche surtout les femmes de 20 à 30 ans. Il a une consistance ferme et caoutchouteuse et apparaît n’importe où dans le sein. Souvent, il se manifeste par une masse qui prend du volume au cours de la deuxième moitié du cycle menstruel, il est donc plus facile à palper à cette période.

Par ailleurs, le fibroadénome évolue de façon variable : il peut garder la même taille durant des années puis régresser avec l’âge. À la ménopause, il a souvent l’aspect d’une petite masse fibreuse présentant une calcification visible à la mammographie. Les causes demeurent inconnues, mais les recherches invoquent un possible déséquilibre œstroprogestatif.

MASTALGIE
Très répandue chez les femmes (plus de 70 % devraient en souffrir au cours de leur vie), cette affection se manifeste par des douleurs cycliques, non cycliques ou musculo-squelettiques.

La mastalgie cyclique touche surtout les femmes dans la trentaine, et on trouve des cas graves chez les femmes préménopausées, nullipares ou primipares d’âge précoce. Elle provoque une douleur de durée variable, bilatérale ou unilatérale. 

La mastalgie non cyclique apparaît plus tardivement. Elle est associée à des lésions bénignes (fibrokystiques, fibroadénomes, éctasie canalaire). La douleur peut être diffuse ou localisée dans une zone précise du sein, et son intensité peut être intermittente, sporadique ou constante.
Pour leur part, les douleurs musculosquelettiques peuvent être confondues avec la mastite.

Parmi les facteurs de risque, on invoque le régime alimentaire, les taux de prolactine et la rétention d’eau.

Mesures de dépistage recommandées par la Société canadienne du cancer :

• Passer une mammographie tous les deux ans pour les femmes âgées de 50 à 69 ans. De 40 à 49 ans, discuter avec un médecin des risques personnels de cancer du sein ainsi que des avantages et inconvénients de la mammographie. Les plus de 70 ans devraient recevoir des conseils personnalisés en matière de dépistage de la part de leur médecin.
• Passer un examen clinique des seins au moins tous les deux ans à partir de quarante ans.
• Apprendre à connaître ses seins et signaler tout changement à un médecin.

ÉCOULEMENT DU MAMELON
Cette affection plus ou moins rare (signalée par 3 % à 10 % des femmes se plaignant de symptômes mammaires) se manifeste par l’apparition de sécrétions d’un ou de plusieurs galactophores (canaux mammaires) à la surface du mamelon lorsqu’on manipule le sein. L’aspect peut être laiteux, clair ou aqueux, jaunâtre, noir, verdâtre foncé ou sanglant.

L’écoulement mamelonnaire spontané est en général unilatéral et unipore, sanglant, accompagné ou non d’une masse. Il peut aussi survenir plusieurs années après l’allaitement. Des affections de la glande thyroïde et de l’hypophyse, un syndrome anovulateur ou un médicament peuvent aussi entraîner un écoulement du mamelon. Enfin, ce symptôme peut être associé à d’autres maladies bénignes ou s’avérer la manifestation initiale d’un cancer du sein (dans 4 % à 12 % des cas), lorsque l’écoulement est spontané, sanglant et unilatéral.

INFECTIONS, INFLAMMATIONS ET ABCÈS
Ce sont des états pathologiques liés à la présence de bactéries qui occasionnent des inflammations ou des abcès (accumulation de pus, écoulement purulent et parfois pâteux). L’abcès survient surtout chez la femme adulte durant la période féconde, et les inflammations (mastite et abcès de lactation) peuvent toucher, entre autres, les femmes après l’accouchement et durant l’allaitement.

Facteurs de risque du cancer du sein :
• Âge (le cancer du sein peut se manifester à tout âge, mais le risque augmente avec le vieillissement).
• Antécédents familiaux (en particulier chez la mère, la sœur ou la fille. diagnostiquée en pré-ménopause ou atteinte d’un cancer du sein où des mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2 sont en cause).
• Antécédents familiaux de cancer de l’ovaire.
• Affections mammaires antérieures et cellules anormales décelées par des biopsies.
• Aucune grossesse ou une première grossesse après l’âge de 30 ans.
• Menstruations précoces ou ménopause tardive.
• Tissus mammaires denses.
• Prise d’hormonothérapie substitutive (œstrogène et progestatif combinés) pendant plus de 5 ans.

CANCER DU SEIN

Le cancer du sein se manifeste le plus souvent par une masse ou une bosse au sein. Les autres signes possibles sont :
• un mamelon inversé (tourné vers l’intérieur)
• une croûte, une ulcération-desquamation ou des symptômes de type eczéma sur le mamelon
• un écoulement du mamelon
• un changement de la taille ou de la forme des seins
• une bosse ou une enflure à l’aisselle
• l’apparition de fossettes ou de plis dans la peau (épaississement ou capitonnage de la peau parfois appelé « peau d’orange »)
• rougeur, enflure ou chaleur accrue dans le sein affecté

Le sein est constitué de glandes mammaires groupées en lobules, de canaux galactophores et de tissus adipeux (graisses), c’est dans ses cellules que le cancer se forme, en plusieurs tumeurs solides distinctes. Au stade initial, les cellules cancéreuses se localisent uniquement dans les canaux galactophores ou les lobules. Il s’agit alors d’un cancer in situ. Si elles sont dépistées avant que les tissus avoisinants soient envahis, les cellules cancéreuses seront enlevées et ne pourront plus se propager. Habituellement, les cancers in situ sont diagnostiqués par des mammographies, car ils ne forment pas de masse. Or, lorsque les cellules cancéreuses s’échappent du canal galactophore ou du lobule, le cancer devient « envahissant », mais il est encore guérissable dans la majorité des cas s’il est dépisté rapidement.

CANCER INFLAMMATOIRE DU SEIN
Le sein devient rouge, chaud, dur et fait très mal. Cette forme de cancer du sein, plus rare (1 % à 2 %), peut se développer et se propager rapidement. Elle apparaît habituellement lorsque des cellules cancéreuses du sein bloquent les vaisseaux lymphatiques qui contribuent à évacuer les fluides, bactéries et autres déchets des tissus mammaires, provoquant ainsi une inflammation. Les symptômes les plus fréquents sont :

• modification de la taille ou de la forme du sein (l’équivalent d’une taille d’un bonnet de soutien-gorge de plus en quelques semaines)
• seins chauds ou tièdes au toucher
• changement de la couleur ou de la texture (rouge, rose ou contusionnée en entier ou par plaques)
• démangeaisons aux seins que ni crèmes ni onguents n’arrivent à soulager
• bosse dans le sein (difficile à déceler, la masse étant sous forme de couche)
• enflure des ganglions lymphatiques sous le bras ou au-dessus de la clavicule
• écoulement du mamelon

Sources : Société canadienne du cancer et Réseau québécois pour la santé du sein

Moyens de prévention proposés par la Société du cancer du sein :
• Ne pas fumer et éviter la fumée secondaires.
• Consommer de 5 à 10 portions de légumes par jour. Il est recommandé de choisir des aliments riches en fibres et faibles en matières grasses.
• Limiter sa consommation d’alcool. Le fait de prendre quotidiennement un verre d’alcool ou plus est associé à une légère augmentation du risque de cancer du sein.
• Faire régulièrement de l’exercice et maintenir un poids santé.
• Consulter son médecin à la suite de tout changement de l’état de ses seins.

Les questions à poser à votre médecin

Après des examens médicaux, le diagnostic est confirmé : il s’agit bien d’un cancer. Pour vous permettre de cerner l’ampleur de la maladie et pour comprendre les étapes de traitement, voici une liste des questions à poser.

APRÈS LE DIAGNOSTIC
• De quel type de cancer suis-je atteinte ?
• Quel est le degré de malignité (grade) et l’étendue (stade d’évolution) de mon cancer ?
• Le cancer s’est-il propagé aux ganglions lymphatiques ou à d’autres régions (métastases) ?
• Dois-je passer d’autres tests ? Si oui, lesquels et pourquoi ?
• Quel(s) traitement(s) me recommandez-vous ?
• Pouvez-vous me les définir, en précisant les avantages et les risques associés ?
• D’autres traitements sont-ils à envisager ?
• Savez-vous si des essais cliniques sont en cours pour mon type de cancer ?

AVANT LE TRAITEMENT
• À quel endroit aura lieu le traitement et quand débutera-t-il ?
• Devrai-je passer la nuit à l’hôpital ?
• Combien de temps durera le traitement ?
• Y a-t-il des effets secondaires ?
• Quels sont les plus probables ?
• Seront-ils permanents ?

PENDANT LE TRAITEMENT
• À qui puis-je parler du soulagement de ma douleur ?
• Que puis-je faire pour atténuer les effets secondaires ?
• Qui dois-je appeler en cas de changements soudains (fièvre, problèmes respiratoires, douleur plus intense, vomissements, diarrhée, saignement constant, enflure des bras ou des jambes) ?

SUIVI
• À quelle fréquence devrai-je voir le médecin spécialiste après le traitement ?
• Dois-je consulter mon médecin de famille pour des examens de suivi ?
• Serai-je en mesure de prendre soin de moi ou aurai-je besoin d’aide ?
• Comment faire pour rencontrer des gens dans la même situation que moi ?
• Existe-t-il des services de soutien pour mes proches ?
• Puis-je prendre un verre de vin ou de bière ?
• Puis-je avoir des relations sexuelles ?

SOINS EN FIN DE VIE
• Quelles options s’offrent à moi si le traitement ne donne pas de résultat ?
• Si je ressens de la douleur, comment pourra-t-on l’atténuer et qui s’en chargera ?
• Est-ce que je pourrai demeurer chez moi ?
• Où dois-je m’adresser pour connaître les services ou les programmes d’aide ?
• Qu’est-ce qu’un établissement de soins palliatifs ?
• Est-ce une possibilité à envisager ?

Source : Société canadienne du cancer

Mythes et réalités

1. L’apparition d’une bosse est le seul signe suspect d’un cancer du sein.
2. Moins de 10 % des cancers du sein sont reliés à l’hérédité.
3. Les implants mammaires augmentent le risque de cancer du sein.
4. La pression exercée sur les seins, lors de la mammographie, peut causer le cancer du sein.
5. La plupart (80 %) des bosses aux seins détectées lors d’un dépistage ne sont pas cancéreuses.
6. J’aurai inévitablement un cancer du sein si je prends des hormones pendant plus de cinq ans.
7. Le cancer du sein est exclusivement féminin.
8. Lorsqu’il est dépisté, le cancer du sein est présent depuis 8 à 10 ans déjà.
9. L’utilisation de désodorisant et le port d’un soutien-gorge peuvent causer le cancer du sein.
10. Les colorants capillaires causent le cancer.

Réponses
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Besoin d’aide ? Les bonnes références

Société canadienne du cancer
(1 888 939-3333)
Fondation québécoise du cancer
Association québécoise de soins palliatifs
Organisation québécoise pour les personnes atteintes de cancer
Fondation du cancer du sein du Québec
(1 877 990-7171)
Fortes Ensembles
Programme québécois de dépistage du cancer du sein

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