L’orgasme féminin vu par un gars

How can we accurately talk about the female orgasm? It is multiple, changing. Selfish and interactive. Dependent on personal and circumstantial affinities. Because its mechanics are complex, girls' pleasure is an enigma for many boys. Especially if they have been taught that women are not quite equal to men. I don't know if it's because I grew up in a (relatively) egalitarian Quebec, but my relationship with female pleasure has always been linked to a need for reciprocity. Well, almost. My fascination with my first girlfriend's mysterious pubic hair had nothing to do with the desire to transport her with joy. No, I was exploring. I was Tintin in Wonderland. This was long before ad libitum porn and laser hair removal. My deep desire to look at, touch and taste my girlfriend's sex was as intense as her fear of getting pregnant. Which explains why my first experiences with female orgasm were limited to accidental gifts from heaven.
Encouragé par des lectures coquines, j’ai continué à faire mes classes. Notamment grâce à une maîtresse un peu plus âgée qui a su recadrer mes élans. En m’enseignant le b. a.-ba de ses grandes lèvres, de ses petites lèvres, de son clitoris, elle a démystifié ce que le peintre Gustave Courbet a baptisé L’Origine du monde. Après elle, ce qui a eu un impact significatif sur ma relation avec l’O., c’est le sport, car l’impudeur des vestiaires m’a libéré dans mon rapport au corps et il a fait de moi un joueur d’équipe, pour qui la satisfaction passe aussi par le plaisir de l’autre. Cette insatiable envie de jouer, couplée à une passion pour le corps de la femme, m’aura autant conditionné à jouir qu’à faire jouir. Loin de moi l’idée de me prétendre amant prodige, étant donné toutes les occasions où je suis passé à côté des points X, Y et Z... avant de tomber sur le fameux G – par hasard et parfois même avec des inconnues, mais surtout avec mes compagnes de vie qui, second aveu, sont moins nombreuses que les doigts d’une main. Si la fin de mon adolescence a été fidèle à l’adage selon lequel « la fille invite, le garçon visite », ma vingtaine aura été la décennie de l’apprentissage technique. Car les causes de l’orgasme féminin sont aussi multifactorielles que celles des écrasements d’avion. Et il est décidément plus complexe que le plaisir masculin, qui pourrait rappeler la légende du génie de la lampe. Mais, à la différence d’Aladin, l’Homo erectus désireux de faire exulter sa partenaire doit d’abord apprendre à la manipuler avec volupté. Se faire tantôt tendre, tantôt viril, pressé ou flâneur, avoir des mains de velours ou le sexe cabré. Ce qui ne s’acquiert pas en claquant des doigts ni en collectionnant les aventures. Plusieurs études démontrent que le partenaire qui fera atteindre le nirvana est celui avec qui on partage sa vie. La stabilité physique et affective permet une intimité qui encourage l’abandon, lequel, à son tour, facilite la jouissance.
Le hic, c’est que tout cela se produit habituellement autour de la trentaine, qui rime avec désir des rites nuptiaux et ambitions professionnelles. Entre l’acquisition de notre première maison, la naissance des enfants et le manque de sommeil qui en découlait, mon rapport à l’O. aura été à cette époque plus mécanique que romantique, et l’envie de faire jouir s’est parfois transformée en obligation. Il m’est arrivé comme tout le monde d’user de raccourcis. Par épuisement. Pour acheter la paix. Par peur de perdre l’autre. Mais ces maladresses et passages à vide n’ont pas à dicter notre rapport à l’orgasme. Avec le temps, je réalise enfin qu’il n’est pas un droit ni un devoir, mais plutôt un cadeau qu’il faut chérir. Un moment de partage et de réciprocité qui mérite d’être axé sur l’essentiel : faire plaisir. Parce que, pour l’homme que je suis devenu, une femme qui jouit est une femme libre. Libre de s’abandonner à celui qui la désire par-dessus tout. Pour le plaisir. Son grand plaisir.
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