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À bas le bonheur: 5 idées pour mener une vie plus sensée

C’est à Emily Esfahani Smith, qui a grandi à Montréal, que l’on doit l’article le plus partagé du magazine The Atlantic : « There’s More to Life Than Being Happy ». Elle est de retour avec un nouvel ouvrage (déjà en librairie) dans lequel elle se demande comment nous pouvons être pleinement satisfaits de nos vies de fous, où le travail règne en maître. Voici cinq moyens concrets pour nous aider à mener une vie plus sensée.

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bonheur the power of meaning 1688x2550Le nouveau livre d’Emily Esfahani Smith, The Power of Meaning : Crafting a Life That Matters (aux éditions Penguin Random House), est une sorte d’anti-Le secret. Nous sommes à des lieues de l’industrie du bonheur, très attrayante mais remplie de pièges, disons-le, apparue au début des années 2000 et qui a culminé en 2006 grâce à Rhonda Byrne et à son très populaire guide intitulé Le secret. Elle y clamait haut et fort que « le raccourci vous permettant d’atteindre tout ce que vous voulez dans la vie est d’ÊTRE et de vous SENTIR heureux dès maintenant ! » Après l’avoir lu, je me suis dit : « Hourra ! Être heureuse est si facile ; il suffit d’y penser très fort et j’irradierai de bonheur ! Oui, mais concrètement, comment je fais ? » Dans son nouveau livre, Smith, auteure de l’article le plus partagé du magazine The Atlantic, « There’s More to Life Than Being Happy », avance que non seulement le bonheur ne vient pas aussi facilement que ça, mais qu’une vie constamment joyeuse n’est pas (ou ne devrait pas être) notre but ultime. Notre objectif devrait plutôt être de mener une vie qui a un sens. À la suite d’une recherche rigoureuse, elle démontre – avec l’aide d’une équipe d’universitaires et de penseurs incluant le neurologue Viktor Frankl, le philosophe et « sceptique du bonheur » Robert Nozick et le pionnier en soins palliatifs William Breitbart – que nous devrions chercher à avoir une vie sensée. Pour y arriver, il faudrait que nous regardions autour de nous au lieu d’être centré sur notre personne.

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Une vie sensée, c’est quoi exactement ? Selon Smith, la recherche de sens (et le pouvoir du sens) provient surtout de l’amour. « L’amour, bien sûr, est au centre d’une vie sensée, écrit-elle. L’action d’aimer prend naissance à travers la définition même du sens : en allant à l’extérieur de soi pour connecter et contribuer à quelque chose de plus grand. » Par exemple, une personne peut survivre à un énorme traumatisme ou à une tristesse infinie – comme lorsqu’on prend soin d’un être cher très souffrant – et être capable de donner un sens à sa vie, donc d’être encore plus comblée et satisfaite. Frankl, un survivant de l’Holocauste, a basé sa vie et son travail sur ce principe. Selon lui, « plus une personne s’oublie – en se donnant à une cause ou à une autre personne qu’elle aime –, plus elle est humaine ». En d’autres termes : on peut vivre quelque chose de très difficile et être triste, mais se sentir tout de même riche, ce qui, selon Smith et Frankl, est beaucoup mieux que de mener une existence ostensiblement heureuse, mais dénuée de sens et superficielle – avoir de l’argent, des biens, une belle carrière, des vacances… Ce n’est pas rien. Mais ce qu’il faut retenir de cet ouvrage inspirant est ceci : faire des choses pour les autres – même si, en fait SURTOUT, si c’est difficile – enrichira notre vie. En plus, on sera probablement en meilleure santé ; des recherches récentes montrent que les gens qui donnent un sens à leur vie ou qui ont un but possèdent un meilleur système immunitaire et courent moins de risques de subir une crise cardiaque. Voici cinq moyens concrets pour mener une vie plus sensée dès maintenant.

Prendre soin d’une plante (sérieusement)

Dans son livre, Smith s’inspire du soufisme , l’école du mysticisme associée à l’islam. Le quotidien des adeptes de cette doctrine est régi par des rites d’humilité (comme baiser les doigts d’une personne et les porter au sol lorsqu’on entre et sort de la salle de méditation, ou encore manger en silence). Ces rituels, explique Smith, sont la clé des soufis, parce qu’ils les ont aidés à briser leur ego, qu’ils considèrent comme une barrière à l’amour. En termes plus concrets : il faut instaurer des rituels simples qui centreront notre attention sur le moment présent et sur le bien-être de quelque chose ou de quelqu’un d’autre. Prendre soin d’un minuscule organisme vivant peut sembler un petit geste quelque peu insignifiant, mais une multitude de ces petits gestes se transforme en un monde qui a plus de sens.

Offrir un cadeau à quelqu’un

Les résultats d’une étude menée en 2013 par Roy Baumeister, de la Florida State University, suggéraient que la quête du bonheur était liée à un comportement égoïste (être un « preneur »), alors qu’une vie dotée de sens était définie comme étant « donneuse ». En effectuant un don à une cause à laquelle on croit vraiment, en offrant une petite pensée à une amie qui a besoin d’un coup de pouce ou en lançant un « comment allez-vous ? » amical à sa barista, on accomplit de petits actes de générosité.

Faire du mentorat auprès d’un enfant

Ici, on prend le principe même du donneur et on y ajoute un élément clé pour mener une vie sensée : transmettre son savoir. Qu’il s’agisse de parler de ses expériences de vie avec un petit que l’on mentore ou que l’on écrive tout ça dans un journal, partager les histoires de sa vie enrichira celle-ci.

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Pardonner à un ami

Lors de son étude, Baumeister a demandé à 400 Américains de 18 à 78 ans s’ils étaient heureux et s’ils pensaient que leur vie avait un sens. Il a utilisé de nombreux exemples dans sa recherche, mais quelque chose d’aussi simple que « pardonner à un ami » s’est classé très haut dans la liste des critères permettant de se forger une vie sensée. Dans le même esprit, on peut appeler une connaissance que l’on a perdue de vue depuis longtemps, ou encourager quelqu’un qui en a besoin – avec des points bonis s’il s’agit d’une personne que l’on ne connaît pas très bien, comme un collègue de bureau, parce que ça éloigne encore plus de soi-même.

Argumenter (vraiment)

Les chercheurs ont prouvé qu’une personne qui argumente montre qu’elle a des convictions à défendre. Alors, montons régulièrement au front pour les choses qui nous tiennent à cœur ! Et informons notre douce moitié que c’est bon aussi pour la santé.

Un commentaire à propos de “À bas le bonheur: 5 idées pour mener une vie plus sensée

  1. Enfin un retour aux sources de notre histoire… Cette sagesse et ces principes de vie rejoignent ce qu’ont fait pendant des siècles les communautés religieuses qui ont consacré leur vie à soigner et à instruire des générations d’hommes et de femmes. Le sens de leur vie, c’était la charité et l’amour du prochain. Par exemple, les Augustines, arrivées à Québec en 1639, se sont données corps et âme à prendre soin des malades, et elles nous lèguent aujourd’hui un magnifique patrimoine culturel et spirituel à revisiter.

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