Elle élève ses enfants seule: Amélie Caron

Amélie Caron est la maman de Félix, 6 ans, et Olivier, 5 ans. Elle est séparée, a 35 ans, est massothérapeute et vit à Montréal.

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Photo: Kelly Jacob

Photo: Kelly Jacob

Amélie Caron
Maman de Félix, 6 ans, et Olivier, 5 ans, séparée, 35 ans, massothérapeute, vit à Montréal.

La petite histoire : Amélie a quitté le domicile conjugal alors qu’elle était enceinte jusqu’aux yeux. « Je suis partie du Lac-Saint-Jean pour revenir à Mont­réal. Ma mère m’a hébergée le temps que j’accouche et que je trouve un appartement. » Lorsqu’elle emménage dans son nouveau chez-soi, Olivier a un peu plus de deux mois et Félix, pas encore deux ans. Le petit pleure la nuit et Amélie est en choc émotionnel. « Je n’étais pas remise de ma rupture et épuisée. Ce n’était pas rose ! »

Les défis : Avec le recul, elle réalise qu’elle a fait un burnout maternel. « J’avais le sentiment d’être en prison. Les enfants ressentaient le manque. Une blessure d’abandon, c’est dur à gérer », explique-t-elle. En plus de composer avec l’absence du papa, elle doit jongler avec mille et une tâches – éducation, finances, loisirs… « Je porte la famille sur mes épaules. Les enfants voient leur père seulement lors des congés. »

Les anges gardiens : Par leur présence et leur aide, sa mère et ses sœurs sont de précieuses alliées. Les cousins s’amusent ensemble. « Je trouve ça beau à voir, se réjouit Amélie. Un été, nous sommes allées avec les enfants en pleine nature. À partir de là, j’ai commencé à remonter la pente. » Le jour où son aîné a fait une grosse crise parce qu’elle travaillait le week-end, elle a composé le 811. Depuis, une travailleuse sociale les accompagne et tout
va pour le mieux.

Les fiertés : De la sagesse, Amélie en a pour deux. « J’ai choisi de ne pas être une victime. C’est moi qui suis partie, j’assume ma part de responsabilités. » La spiritualité et le recueillement la font cheminer, la solitude lui apporte la paix. « J’ai développé une force intérieure qui m’aide à avancer et à voir le bon côté des choses. »

Ses garçons sont allumés, autonomes, proches de la nature. « Je suis fière de l’éducation et de la stabilité que je leur donne. On a une belle vie de quartier. Tout est à deux pas – la garderie, l’école, le travail… On connaît les voisins, les amis viennent à la maison. »

Les aspirations : Aujourd’hui, Amélie se sent bien. Elle a suivi une formation à Compagnie F, un organisme montréalais destiné à favoriser l’entrepreneuriat féminin, ainsi qu’un cours d’agriculture urbaine. « Je veux améliorer ma vie, devenir une meilleure personne. »

Elle s’implique dans différents comités – ruelle verte, halte-garderie, jardin communautaire – et se tient en forme. « Je chante tous les jours sur mon vélo, ça m’aide à garder le moral. Si l’un de mes enfants trébuche, je lui dis : “Ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière. Habitue-toi, car ça fait partie de la vie !” »

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