Voyages et escapades

Les aventures d’Annie-Claude Roberge

Elle est partie à l’aventure en Californie, en Argentine et dans le Nord du Québec. La vidéaste et photographe Annie-Claude Roberge carbure à deux choses: voir le monde et comprendre l’humain.

Au moment où vous lisez ces lignes, elle prépare un périple de huit semaines partout sur la planète. Son mandat : documenter visuellement le défi de l’aventurier Normand Piché, qui souhaite rallier les cinq continents à la nage en 80 jours. Après, ce sera une escapade en voilier dans les Caraïbes et du ski dans la poudreuse au Japon. Bref, la routine.

Annie-Claude Roberge, native de Joliette et basée à Montréal, est la patronne de Sekoya, la maison de production qu’elle a fondée pour avoir la liberté de choisir ses projets, aujourd’hui orientés presque exclusivement sur le tourisme et les sports extrêmes. Parmi ses clients : des marques telles que Vans (spécialisée en chaussures et vêtements sport), qui couvrent surtout ses dépenses de voyage, ainsi que des États et des offices touristiques, qui lui permettent de bien gagner sa vie.

La vidéaste et photographe, Annie-Claude Roberge

Photo: Samuel Charlebois

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Elle n’est pas arrivée là par hasard. « À sept ans, je ne rêvais pas de devenir actrice ou chanteuse, dit-elle. Je voulais voyager ! » À 17 ans, elle a traversé le Canada toute seule, sur le pouce. Depuis, elle a promené son baluchon dans près de 40 pays. Un mode de vie qui lui a permis d’apprendre et de maîtriser l’anglais, l’espagnol et le portugais.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a été fascinée par l’ailleurs. « Toute petite, je savais que je voulais faire du documentaire, parcourir le globe et partager mes découvertes. J’enregistrais les épisodes de la Course destination monde [NDLR émission diffusée à ICI Radio-Canada dans les années 1990] que je regardais en boucle. »

Également artiste dans l’âme, Annie-Claude Roberge a étudié en arts visuels et médiatiques à l’UQÀM, avant d’obtenir un brevet d’enseignement en arts plastiques. Un diplôme qui lui a permis de faire de la suppléance pendant des années et de bâtir sa clientèle comme photographe dans le milieu de l’aventure.

Elle se définit comme une photographe-vidéaste doublée d’une travailleuse sociale. « J’aime capter les paysages, mais je préfère de loin les humains. Un consultant en tourisme m’a déjà dit qu’il n’arriverait pas à faire son travail sans moi. Quand je suis là, les gens ne se sentent pas menacés. »

Pour gagner leur confiance, elle donne de sa personne, de son temps et de son énergie. Comme en font foi ses expériences en Amérique du Sud et dans le Nord québécois. « Je suis allée pêcher et chasser seule avec les autochtones. Ça m’a aidée à développer une relation de confiance avec eux et à avoir accès aux secrets des anciens. Quand on est présent et sincère avec eux, ils se livrent plus facilement. C’est ce qui fait un bon photographe, bien plus que la qualité de son appareil. »

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Exit, donc, les filtres Instagram et les retouches à l’infini. « Je veux du brut, dit-elle. Je n’hésite pas à sortir du lit une heure avant le lever du soleil pour me préparer et profiter des premières lueurs. » Rien de pénible, ce réveil aux aurores, pour une femme habituée à traîner 10 kg de matériel par moins 30 degrés pendant ses reportages sur les sommets enneigés !

Annie-Claude Roberge chérit sa liberté et son style de vie, mais tout n’est pas toujours facile pour autant… Sa récente virée dans les Andes l’a secouée. Quelques mois après la mort tragique du skieur québécois JP Auclair dans les montagnes aux confins de l’Argentine et du Chili, elle a suivi des skieurs argentins sur les sommets, malgré l’annonce d’une tempête imminente. « Comme on avait des guides de haute montagne avec nous, j’étais quand même en confiance. Mais j’ai entendu des bruits d’avalanche toute la journée ! Je devais prendre mes photos, protéger mon matériel de la tempête de neige et ne pas retarder les gars – tout ça sans tomber ou échapper une mitaine. »

La débrouillardise est un sérieux atout pour la globe-trotteuse solitaire. « Je n’ai jamais eu de problème, dit-elle, mais j’ai toujours été prudente. Quand je me sens en danger, j’use de psychologie. Si un homme semble avoir des vues sur moi, je lui parle de sa femme et de ses enfants… »

Voyager en solo a, pour elle, de grands avantages. « C’est un apprentissage total face à soi-même et aux autres. Quand tu es seule, on t’invite à manger et à dormir partout. Chaque jour est une occasion de s’ouvrir. »

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Instagram : @annie_claude_roberge

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