Pratique

Nettoyer de façon écolo

Citron, vinaigre, p’tite vache : facile de nettoyer sans s’empoisonner.

Faites le test. Cherchez sur l’étiquette de vos produits la liste d’ingrédients. Dans la majorité des cas, vous ne la trouverez pas. Car, si le Règlement sur les produits chimiques et contenants de consommation oblige les fabricants à afficher des pictogrammes de dangerosité (comme la tête de mort), rien ne les force à indiquer la composition entière de leurs produits. Résultat  on utilise une panoplie de produits chimiques sans le savoir et, surtout, sans connaître leurs effets sur la santé à long terme.

Que faire?
Modération, gros bon sens et prudence sont de mise.

Faire le ménage… de ses produits.
Moins on en garde, moins on court de risques de s’intoxiquer. Pour Lyse Lefebvre, pharmacienne et consultante en toxicologie à l’Institut national de santé publique du Québec, les produits les plus préoccupants sont ceux qui contiennent des solvants et ceux qui laissent des composés organiques volatils (COV) dans l’air. Selon une brochure d’Option consommateurs, les nettoyants tout usage peuvent contenir du toluène (un COV neurotoxique), les désinfectants, du crésol et du phénol (des COV dommageables pour le foie et les reins) et les détergents à vaisselle antibactériens, du formaldéhyde (un COV cancérogène probable). La clé, c’est donc la modération. « On n’est pas obligés de retourner à l’âge de pierre, mais on ne devrait utiliser les nettoyants du commerce que lorsque l’eau savonneuse ne suffit pas à enlever les taches », conseille Lyse Lefebvre.

Lire les étiquettes.
D’abord, elles nous fournissent le mode d’emploi adéquat… ce qui réserve parfois des surprises : saviez-vous qu’après avoir lavé le comptoir avec du Fantastik on devrait rincer la surface à l’eau pour éviter de contaminer les aliments qui y seront déposés ? Ensuite, elles nous renseignent sur les précautions et les mesures à prendre en cas d’intoxication.

Ne jamais mélanger des produits… au risque de causer des émanations toxiques.
Par exemple, tout ce qui contient de l’eau de Javel (hypochlorite de sodium) ne devrait jamais être mélangé à un produit renfermant de l’ammoniaque ni à des produits tels que le Drano, car la combinaison dégage des vapeurs très irritantes.

Garder les produits hors de portée des enfants et des animaux.
Cela signifie sous clé, s’ils sont rangés sous l’évier. Ne jamais transvider de produits dans des contenants alimentaires comme des bouteilles d’eau — quelqu’un pourrait les ingérer par mégarde — ni dans d’autres pots — il pourrait y avoir réaction chimique avec les résidus. Cela vaut aussi pour les produits écologiques : même s’ils ne sont pas chimiques, ils peuvent quand même causer des malaises s’ils sont avalés.

Conserver à côté du téléphone le numéro du Centre antipoison du Québec.
Une équipe de professionnels répond aux appels 24 heures sur 24 : 418 656-8090 ou 1 800 463-5060.

Aérer quand on nettoie.
Même en hiver, ouvrir les fenêtres quand on utilise des détergents puissants ou des produits en vaporisateur.

Pas si inoffensif
Le borax : parfois recommandé dans les recettes maison, il s’agit néanmoins d’un agent chimique très fort qui peut entraîner nausées, irritations cutanées, maux de tête, diarrhées et même, à fortes doses, des irrégularités du rythme cardiaque.

L’eau de Javel : elle peut irriter la peau et les yeux, mais c’est surtout en raison des risques associés au mélange avec d’autres produits que plusieurs la considèrent comme dangereuse. Mêlée à de l’ammoniaque ou à un acide dans le but de désinfecter, elle peut dégager du chlore, un gaz très irritant.

Produits écolos : mieux ou pas ?
S’ils ne contiennent que des ingrédients naturels (dérivés de plantes, de fruits, eau, sel, etc.), alors ils sont déjà moins nocifs que les autres. Mais comme il existe de plus en plus de produits dits écologiques sur les tablettes, mieux vaut s’assurer qu’ils affichent le logo Ecocert ou l’Éco-Logo certifiant qu’ils ne causent pas de tort à l’environnement. Sinon, l’Agence de santé publique du Canada suggère une liste de questions à se poser avant d’acheter des produits dits écolos, dont :

• Les ingrédients sont-ils tous énumérés ?
• Les ingrédients sont-ils naturels ou simples (comme le savon pur) ?
• Le produit est-il biodégradable ?
• Le produit est-il inodore (le parfum est un allergène potentiel) ?

Concoctez vos nettoyants

Détergent tout usage.
125 ml de savon pur (dans la plupart des épiceries) ou de flocons de savon (boutiques de produits naturels), 60 ml de jus de citron et 4 litres d’eau chaude.

Mélange pour déboucher les tuyaux.
Verser 60 ml de bicarbonate de soude et la même quantité de sel dans le tuyau. Ajouter 125 ml de vinaigre et mettre le bouchon en place. Attendre 15 minutes, puis verser de l’eau bouillante.

Bon à savoir
Le vinaigre blanc mélangé à de l’eau suffit amplement pour désinfecter, déloger la graisse, nettoyer les vitres et empêcher la formation de moisissures. Pour récurer, le bicarbonate de soude sur un chiffon humide ou mélangé à de l’eau fait aussi bien le travail.
Pour d’autres recettes, visitez le site de Greenpeace.

À méditer
En juin dernier, une étude publiée par le groupe Défense environnementale a démontré la présence de 23 substances chimiques dans le sang et l’urine de sept enfants canadiens. On a trouvé en moyenne 32 produits chimiques dans les échantillons des six adultes participants. L’an dernier, les examens menés pour aboutir au rapport Une nation toxique, dévoilé par le même groupe, avaient trouvé une moyenne de 44 substances chimiques dans le sang et l’urine de 11 Canadiens. Même s’il est impossible d’appliquer ces données à l’ensemble du pays en raison de la petitesse des échantillons, elles n’en demeurent pas moins troublantes… Malgré tout, autant à Santé Canada qu’à l’Institut national de santé publique du Québec, on estime que, lorsqu’ils sont utilisés selon les indications du fabricant, les produits d’entretien ne sont pas dangereux. Les personnes allergiques peuvent cependant y réagir.