Chacun son cinoche

Croire ou ne plus croire

On s'accroche au traîneau du père Noël comme on le peut. Mais la perte de l'innocence peut être traumatique pour plusieurs, surtout les plus grands.

C’est comme ce ton guilleret des radios commerciales qui vous balancent à 7h30 leur page Facebook à aller consulter, le dernier tube noëllesque de Florence K et une pub du Salon de la mariée à venir. Optimiste jusqu’à la nausée. Tout pour tuer la magie.

Ce matin, dans le cabinet du dentiste, j’y ai relevé tant d’erreurs de français que j’ai eu plus mal aux dents avant qu’après l’extraction. « Un » escrime. On va être « dans marde ». « Quand qu’on ».  Et j’en passe. Avant, on mentait comme un arracheur de dent. Maintenant, on parle comme de la colle à dentiers (mes excuses aux dentiers). Tout pour tuer la magie. Où est la fée des dents lorsqu’on a besoin d’elle?

Et ça espère un Noël blanc! Si ce n’était que ça le problème. La planète se réchauffe, le Canada est sorti de Kyoto pour te donner l’exemple, tes cartes de crédit sont « topées », tu parles comme un pied et tu crois encore au père Noël.

Tiens, un autre qui a perdu la magie en route, c’est le père Noël lui-même. Je lisais hier soir le dernier livre de mon ami Jacques Pasquet, conteur, écrivain, lutin à ses heures.

Le père Noël démissionne… et il a toutes les raisons de ne plus y croire avec tous ces enfants insatisfaits, privés du meilleur, le désir. J’ai adoré le livre de Jacques, à glisser dans un bas de Noël, à savourer même un lendemain de veille. Une réflexion sur l’abondance et notre incapacité à reconnaître le bonheur. Quand on a perdu ceux qu’on aimait, on sait bien que les bébelles ne nous les ramèneront pas.

Après cela, y croire, ne pas y croire, c’est une question de goût. Mais je constate que les adultes sont nombreux à s’accrocher au traîneau du père Noël parce qu’il demeure leur dernière illusion. Et combien d’enfants y croient pour faire plaisir à leurs parents?

péesse: Et pour ceux qui n’y croient vraiment plus… (via @lamereblogue)