Famille tout compris

La magie (et les menteries) de Noël

Que faut-il dire au sujet du père Noël aux enfants au fur et à mesure qu'ils grandissent? Marianne Prairie se demande si on peut créer la magie de Noël autrement.

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Comment expliquez-vous les pères Noël de centre d’achats à un enfant de cinq ans et demi? Comment justifiez-vous sa présence quasi omnisciente dans les magasins, les parades, les fêtes de l’école et de la garderie, alors « qu’il est SUPER occupé et doit terminer tous les cadeaux des enfants de la Terre »? Aussi, que répondez-vous à : « Lequel est le vrai de vrai père Noël? » et « Comment fait-il pour rentrer chez nous alors que nous n’avons pas de cheminée? »

Cette année, la magie de Noël en prend pour son rhume avec mon ainée. Je patine beaucoup pour préserver la réputation du barbu à l’habit de velours rouge. L’histoire de base ne suffit plus pour satisfaire l’insatiable curiosité et le redoutable raisonnement de ma petite élève de maternelle. Dans ma version actualisée, le père Noël engage des sous-traitants pour le représenter pendant le mois de décembre, alors qu’il supervise lui-même l’atelier du pôle Nord et s’assure de la productivité des lutins. Et pour la cheminée? Euh… « Qu’est-ce que t’en penses, Alice? Une clé spéciale? Ah, ben oui. C’est ça. Une clé passe-partout pour toutes les maisons. »

Je suis plate réaliste de même.

Photo: iStock

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Petite, j’aimais croire au père Noël, lui préparer un verre de lait et des biscuits, puis m’endormir, certaine qu’il passerait durant la nuit. C’est un doux souvenir. Mais ce dont je me souviens le plus, c’est la vive émotion ressentie en deuxième année, alors que des amis de ma classe clamaient haut et fort que le père Noël, ben il n’existait pas. Les parents déposaient les cadeaux sous le sapin, mangeaient les biscuits et buvaient le verre de lait.

Je me revois, assise à mon petit pupitre (dernière rangée à droite, sur le bord du mur, à deux ou trois places de la porte) et sentir le doute s’infiltrer brutalement dans mon esprit. Je n’avais JAMAIS pensé à cette éventualité. Dès cet instant, je me suis sentie bernée, nounoune, bébé. Mes parents m’avaient-ils menti? J’avais le goût de pleurer.

Je sais que si j’embarque moyen dans le trip du père Noël et encore moins dans celui des lutins taquins, c’est parce que j’éprouve un certain malaise à mentir à mes filles. Même pour créer de la magie, même pour créer de la surprise. D’une part, je pense que la petite Marianne de 7 ans essaie de les préserver d’une grande déception, même si ce n’est pas dit que mes filles réagiraient comme moi. Mais j’ai aussi de la difficulté à jouer à faire semblant. Je n’ai pas vraiment de fun à l’idée de « se faire des accroires ». Alors je m’en tiens au strict minimum.

La magie de Noël, on la crée autrement dans la famille. Avec d’autres rituels et d’autres traditions. Mais toujours dans le concret, dans la réalité. Le sapin qu’on va chercher ensemble et qu’on décore avec de la musique de Noël « dans le prélart ». Le marathon de films sur Ciné-Cadeaux en pyjama. Les restants de desserts qu’on mange pour déjeuner. Et le plus beau là-dedans, c’est que tous ces moments magiques sont hérités de ma propre enfance. Ceux-là, je peux les transmettre à ma propre famille sans avoir à conter de menteries, aussi merveilleuses soient-elles.

De quelle façon insufflez-vous la magie de Noël dans votre famille?

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Pour écrire à Marianne Prairie: chatelaine@marianneprairie.com

Pour réagir sur Twitter: @marianneprairie

Marianne Prarie est l’auteure de La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents (Caractère)