Générale

Un chouïa parano

J’ai reçu hier une carte de mon institution bancaire « canadian » qui disait « MERCI! »

« Chère Mme Blanchette,

Merci d’être une cliente loyale de XXX. Nous avons vos affaires à coeur et faisons en sorte que vos expériences bancaires soit soient extrêmement comfortable. »

Écrit à la main avec un peu de cache-cernes. Je vous fais cadeau des fautes d’orthographe. Mais pour le « comfort », je m’interroge toujours. Suis-je aux soins intensifs ou aux soins longue durée, sous placebo ou sous morphine? C’est la première fois qu’une institution bancaire se fend d’un mot intime pour m’encourager à lui faire confiance. Y a-t-il anguille sous roche? La Bourse, c’est good trip, bad trip, on le sait; alors, restez « comfortablement » chez nous, comme dirait notre PM canadian.

C’est comme la publicité de Rio Tinto qui prenait toute une page couleur (vert tirant sur l’aluminiumm) cette semaine dans le journal. Deux jours après les déclarations de Dan Bigras à TLMP sur les trois ou quatre gros investisseurs étrangers qui sont en train de dévorer nos ressources naturelles (il parlait de l’électricité qu’on produit pour vendre, de l’eau embouteillée et de Rio Tinto), l’aluminerie nous offre une pub titrée: « Nous produisons du bien-être » au sujet du Grand Défi Pierre Lavoie, un marathon cycliste pour « promouvoir les saines habitudes de vie auprès des jeunes ». Ils ont les moyens de répliquer Rio Tinto. Un marathon cycliste, tu parles si ça leur fait un beau mollet à montrer lorsque le jupon de la mondialisation dépasse.

Tiens, ça me fait penser à cette réplique tirée du dernier Amélie Nothomb, « Le fait du prince. »

– Ne poussez-vous pas la paranoïa un peu loin?

– Depuis Kafka, c’est prouvé: si vous n’êtes pas paranoïaque, vous êtes le coupable.